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Notes de bas de page (°1 à °1199)

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°1) M. FESTUGIÈRE, Revue bénédictine, Maredsous, XI, 1938.

°2) FR. JANSEN, Nouvelle Revue théologique, février 1938. Nous aimons aussi à citer ce jugement: "«La perle du volume, c'est la section qui traite de saint Augustin; elle est écrite "con amore"; pour excellentes qu'elles soient, les pages réservées à Bergson, à Plotin, à saint Thomas, ne sont pas au même degré pénétrées de chaleur admirative»".

°3) SJJ: Pour distinguer ces développements de la trame primitive de l'ouvrage, ils étaient présentés en petit texte par Thonnard. Par paresse, pour l'instant je mets tout dans la même taille de police de caractères.

°4) CICÉRON, De Offic., livre 2, ch. 2.

°5) Par exemple, pour A. COMTE, le contenu de la philosophie est la somme de toutes les sciences positives; pour BERGSON, c'est le Devenir pur, inaccessible aux déductions de ces mêmes sciences.

°6) Histoire de la Philosophie médiévale, 5e éd., préface, p. 1.

°7) Ainsi CONDORCET, dans son Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain (écrite en 1793) cherche à prouver la thèse du progrès. HÉGEL voulait que ce progrès se réalisât selon le rythme universel: thèse, antithèse, synthèse; et A. COMTE le soumettait à la loi des trois états, théologique, métaphysique, positif. Cf. dans BRÉHIER: Hist. da la Phil. 1, Introd., p. 12-33, les diverses conceptions des historiens de la philosophie.

°8) Signalons ici une différence avec la Patrologie: les écrivains ecclésiastiques ne parlent pas seulement en leur nom, mais comme témoins de la tradition, véhicule de la Révélation divine: d'où l'importance des écrits secondaires; en histoire de la philosophie, l'influence dépend avant tout de la valeur doctrinale et de la pensée rayonnante du Philosophe.

°9) De caelo et mundo, 1, lect. 22.

°10) De substantiis separatis, q. 7.

°11) II, Met., lect. 1.

°12) I, De Anima, lect. 2.

°13) «Divinae revelationi tribuendum est, ut ea quae in rebus divinis humanae rationi per se impervia non surit, in praesenti quoque generis humani conditione, ab omnibus, expedite, firma certitudine et nullo admixto errore cognosci possint» Sess. 3, ch. 2, Denzinger, N° 3005.

°14) Cf. F. CAYRÉ, Précis de Patrologie.

°15) Nous prenons l'appellation au sens purement historique et nous montrerons qu'il s'agit de véritables philosophies et non de théologies.

°16) Bien que plusieurs philosophes modernes restent sincèrement chrétiens, leur philosophie ne mérite plus, comme à l'époque précédente, le titre de chrétienne. Cf. §312 à §313.

°17) Tout en restant soumis à la Foi et parfaitement d'accord avec la doctrine chrétienne, le néothomisme serait ainsi moins proprement appelé philosophie chrétienne. Cf., sur ce terme, §178 à §244.

°18) SJJ: Je ne suis pas assez connaissant en histoire de la philosophie, de 1900 à nos jours (2007), mais il faudrait peut-être rajouter un autre volet: la période post-moderne et post-chrétienne (retour vers le paganisme et la sophistique).

°19) Ce fut le cas plus encore du peuple juif, qui garda fidèlement le dépôt des vérités les plus précieuses, transmises par la divine Révélation, sans se préoccuper de sagesse purement humaine.

°20) Ajoutons la difficulté actuelle de connaître les doctrines philosophiques de l'Orient, comme l'état de la civilisation mésopotamienne qui a sûrement influencé la pensée des premiers philosophes grecs. Cf. E. BRÉHIER, (Hist. de la Phil., Introd., p. 5-7).

°21) Les préoccupations habituelles dans ce monde de négociants et de hardis navigateurs, devaient orienter les réflexions vers la solution des énigmes de la nature. Mais on peut y voir aussi une confirmation de cette loi de notre connaissance, exprimée par l'adage: «Nihil est in intellectu quin prius fuerit in sensu».

°22) Cf. RIVAUD, Les grands courants de la pensée antique, p. 22.

°23) On pourrait dire en langage thomiste, qu'ils cherchent l'explication des choses dans une cause matérielle, un sujet permanent des changements: mais ils y mêlent l'idée de cause efficiente en parlant d'une force vitale qui commande l'évolution; ou plutôt, ils n'ont encore qu'une idée très confuse de cause explicative.

°24) Le sens de cet infini reste vague: d'autres y voient un immense réceptacle, d'où sortent les mondes pour revenir s'y perdre. Cf. RIVAUD, Les grands courants de la pensée antique, p. 24.

°25) DIOGÈNE D'APOLLONIE, un crétois contemporain d'Anaxagore (cf. §8), reprend la théorie d'Anaximène en attribuant expressément à l'air primitif, matière de tout, la connaissance et la raison.

°26) ARISTOTE, De Anima, livre 1, , ch. 3.

°27) Introduction générale à la philos., p. 25.

°28) Cette évolution embrasse les événements, non seulement du monde physique, mais aussi de la vie humaine individuelle et sociale. C'est la guerre qui, par son opposition, crée la société. (Cf. GOMPERZ, Les Penseurs de la Grèce, 1, p. 79.)

°29) La «grande année» de l'évolution durait, selon Platon, 10 800 ans; selon Archytas de Tarente, 76 000 ans. Cette idée se retrouvera plus tard chez les stoïciens: cf. plus bas, §99.

°30) Cf. CROISET, Histoire de la Littérature grecque.

°31) La philosophie du Devenir pur de BERGSON renouvelle le principe d'Héraclite; mais elle s'efforce d'échapper à ces réfutations décisives en faisant appel à une autre faculté de connaissance par intuition: cf. plus bas, §538-540.

°32) CRATYLE fut le premier maître de Platon. Cf. plus bas, §39.

°33) Pythagore n'est pas un éléate; mais il se dégage franchement du sensualisme des ioniens et il s'oriente vers une explication d'ordre plus intellectuel, par l'étude des nombres; en ce sens, il conduit à la doctrine de Parménide, dont le centre est l'objet même de l'intelligence: l'être. Notons d'ailleurs que l'école pythagoricienne a toujours gardé dans l'histoire son caractère propre.

°34) Cf. CICÉRON, Tuscul. 5, 8.

°35) Ils s'adonnèrent aussi avec fruit à l'astronomie: Philolaos, un pythagoricien du Ve siècle, concevait déjà la terre avec les autres astres, comme mobile autour d'un centre occupé par le feu.

°36) On lui attribue aussi le théorème du carré de l'hypothénuse.

°37) Métaphys, livre 1, Ch. 3.

°38) C'est pourquoi en leur astronomie, ne trouvant que neuf planètes, ils imaginèrent l'anti-terre pour que l'univers fût parfait.

°39) MARITAIN, Introd. à la Philosophie, p. 31.

°40) Il semble pourtant que Pythagore admettait un Dieu, unité suprême, principe de tout, qu'il concevait sans doute à la manière d'une âme universelle, répandant partout l'harmonie, de même que notre âme était le principe d'harmonie, le nombre constitutif de notre être humain: obscur pressentiment des découvertes d'Anaxagore et de Platon.

°41) Les initiations du pythagorisme se fondirent bientôt avec les mystères d'Orphée qui apparurent en Grèce vers le Ve siècle, et dont l'influence se retrouvera dans le néoplatonisme. L'étude de ces courants relève de l'histoire des religions et du «mysticisme» païen.

°42) PLATON, Sophiste, 237, a.

°43) Cf. FOUILLÉE, Extraits des grands Phil., p. 34.

°44) Il est vrai que Parménide lui-même ne distinguait nos deux connaissances que par leur contenu, l'une disant ce qui est, l'autre ce qui apparaît, et par conséquent, il ne se mettait pas au point de vue psychologique; de là vient d'ailleurs la déficience de sa solution. Mais par la force des choses et par l'opposition entre les deux écoles, ionienne et éléate, le problème psychologique s'imposera désormais aux réflexions des penseurs grecs.

°45) On ignore comment il mourut; on l'accuse, à tort semble-t-il, de s'être jeté dans le cratère de L'Etna, afin de se faire passer pour dieu.

°46) Lire sur Démocrite: BROCHARD, Études de Phil. ancienne et moderne, ch. 3, Protagoras et Démocrite.

°47) Cet ordre de la connaissance s'appelle, en scolastique, l'ordre intentionnel, parce que, tout en respectant l'être physique du connaissant, il le porte vers le dehors, l'identifiant (comme connaissant) avec l'objet connu.

°48) C'est la théorie mécaniste moderne qui appelle cause efficiente, l'antécédent nécessaire lié au conséquent par le déterminisme de la nature. Cette théorie, explicitement élaborée après Descartes, trouve son origine chez les anciens atomistes.

°49) Cf. PERRIN, Les Atomes.

°50) Le thomisme, tout en rejetant ces erreurs, accueille volontiers les suggestions et les progrès de la pensée moderne avec lesquelles il s'harmonise pleinement, à condition de les laisser à leur rang. - Cf. NYS, Cosmologie. - MARITAIN, Les Degrés du Savoir.

°51) Cf. ARISTOTE, De Anima, 1, ch. 3; FOUILLÉE, Extraits des Grands Phil., p. 23.

°52) I. Mét. 2, c. 3, p. 984b; édit. J. TRICOT, I, p. 18. C'était en effet une sorte de révolution: jusqu'alors on avait ramené notre vie humaine et notre pensée aux phénomènes physiques; Anaxagore au contraire ramenait l'ensemble de la nature et de ses phénomènes à l'intelligence comme à leur première source.

°53) Socrate avait 40 ans à la mort d'Anaxagore; il put donc le voir et l'entendre à Athènes; en tout cas, il connut sa doctrine.

°54) MARITAIN, Introduction générale à la Philosophie, p. 38.

°55) MARITAIN, Introduction générale à la Philosophie, p. 38.

°56) MARITAIN, Introduction générale à la Philosophie, p. 38.

°57) DIOGÈNE LAERCE qui nous a conservé ces quelques pensées de Protagoras ajoute que cette dernière proposition lui attira la disgrâce des athéniens: ils le chassèrent de leur ville et condamnèrent ses oeuvres au feu. Cf. FOUILLÉ, Extraits des grands Philosophes, p. 36.

°58) E. DUPRÉEL, Les sophistes: Protagoras, Gorgias, Prodicus, Hippias, Neuchatel, 1948.

°59) Il faut reconnaître aussi leur mérite comme grammairiens, orateurs, encyclopédistes; mais cela ne suffit pas à les réhabiliter, comme ont essayé de le faire quelques modernes, par ex. GOMPERTZ, Les Penseurs de ta Grèce, tome 2, p. 450 et suivantes.

°60) Le démon (ou mieux daimon) de Socrate ne comporte aucun sens péjoratif. Voir l'explication au §37.

°61) On connaît aussi son fils Lamproclès, auquel il prêcha la patience et la soumission envers sa mère. Cf. XÉNOPHON, Entretiens mémorables, livre 2, ch. 2, col. Hatier, p. 46.

°62) Maïeutique, de μαιεύω, accoucher: c'est l'art d'accoucher les esprits pour qu'ils conçoivent et mettent au jour la vérité.

°63) Cf. PLATON, Théétète, 1, VI, 202; VII, 204.

°64) Voir par exemple les trois étapes de l'élaboration du concept de justice, dans XÉNOPHON, Entretiens, ch. 2, N° 13-16; édit. DELALAIN, p. 83. Cf. PIAT, Socrate, p. 109 et suiv.; PALHORIÈS, Vie et doctrine des grands Phil., I, p. 49.

°65) Par exemple, partant du principe que l'ingratitude est une injustice, il fait conclure à son fils Lamproclès, qu'il doit respecter sa mère. Cf. XÉNOPHON, Mémorables, livre II, I, Nos. 19-25, col. Hatier, p. 47; PLAT, Socrate , p. 122.

°66) Cf. Saint Thomas, Somme théologique, Ia, q. 117, a. 1.

°67) Socrate lui-même ne les dégagea pas clairement. Cf. BRÉHIER, Hist. de la Phil., 1, p. 93.

°68) Introd. générale à la Phil. p. 42.

°69) BRÉHIER, dans son Hist. de la Phil., p. 93-94, montre que Socrate cherchait moins à construire une science morale qu'à éprouver les hommes eux-mêmes pour les forcer à se reconnaître et à se convertir. Mais il n'agissait pas au hasard: ce n'est pas le trahir que de recueillir les principes directeurs de son action et d'en montrer la cohérence; c'est pourtant expliciter sa pensée.

°70) Cf. PLATON, Ménon, au début. (Éd. Saint-Martin, II, p. 50) et XÉNOPHON, Memor. II, ch. t (col. Hatier, p. 40-42).

°71) En cela, l'idéal du philosophe reste malgré tout païen: Cf. le portrait qu'en trace Platon dans le Banquet, où Socrate est représenté, passant toute la nuit en réjouissances.

°72) Celui-ci, en effet, ne veut pas dépasser l'expérience sensible. Cf. plus bas. §471 et §489.

°73) Cf. Ia-IIae, q. 49-55 et 57, a. 1.

°74) Notons que la morale philosophique elle-même doit mettre le bien suprême de l'homme dans l'autre vie. (Cf. plus bas, §90). Mais il reste très vrai que la béatitude même imparfaite, obtenue en cette vie par la pratique de la vertu, suffit aux grandes âmes, et surabondamment, si l'on se met dans l'ordre de la grâce où fleurit la sainteté.

°75) Ce serait une conséquence erronée du paradoxe socratique: historiquement, Socrate ne l'a pas dégagée.

°76) Ce qu'il appelait son daimon; cf. §28.

°77) En 427 selon BRÉHIER, Hist. de la Phil., 1, p. 96.

°78) Euclide de Mégare ne doit pas être confondu avec Euclide d'Alexandrie, le célèbre géomètre qui vécut au IIIe siècle av. J.-C. (330-270).

°79) Cette école, avec le jardin, devint la propriété collective des disciples de Platon, formés en association religieuse, et elle persévéra jusqu'en 529 ap. J.-C.. sous Justinien.

°80) Dion était neveu de Denys l'ancien et cousin de Denys le jeune dont il était ministre. Il était gagné aux idées politiques de Platon, ce qui fut une des causes de sa disgrâce.

°81) Histoire de la Philosophie, I, p. 98-99.

°82) Nous écrivons Idée avec une majuscule, chaque fois que le mot désigne les réalités platoniciennes ici décrites.

°83) On les appellerait, en langage thomiste, des formes pures. Cette propriété des Idées est clairement affirmée dans le Phèdre où l'âme est représentée comme voyant «dans un lieu au-delà du ciel» ces réalités «sans couleur et sans forme» que sont les Idées. Cf. BRÉHIER, Hist. de la Phil., I, p. 117. Pourtant, d'autres textes moins clairs, surtout dans le Parménide et le Timée, ont pu favoriser l'interprétation des néoplatoniciens: cf. plus bas, §129.

°84) L'appréciation de cette doctrine sera plus aisée après l'exposé de la méthode qui lui correspond.

°85) PHÉDON, IX; col. Hatier, p. 37.

°86) Allégorie du Phèdre: le cheval blanc représente le coeur, et le cheval noir, la concupiscence. Cf. §60.

°87) Cf. DIÈS, Platon, p. 145. - BRÉHIER, Hist. de la Phil., I, p. 111-115 et 121, explique autrement ce rôle de l'hypothèse, en tenant compte de l'évolution historique du philosophe. Il y voit une application de la méthode d'analyse mathématique, où l'on suppose le problème résolu pour en tirer les conséquences. Platon pose ainsi l'hypothèse des Idées pour résoudre le problème de la science; il en tire les conséquences (réminiscence, éternité de l'âme, etc.); puis il les critique, paraît abandonner son hypothèse (dans le Théétète); mais il y revient grâce à la théorie de la participation des Idées (dans le Parménide). Bréhier échelonne dans la vie de Platon les quatre degrés de la méthode exposés ici.

°88) Cf. République, livre VII, principalement ch. XIV (coi. Hatier, p. 40), où ces quatre degrés sont résumés très clairement.

°89) On pourrait aussi admettre que Dieu, à notre naissance, crée à la fois notre âme spirituelle et ses idées; mais Platon n'avait pas la notion de création et il ne lui restait qu'à supposer l'âme préexistante: cf. §58.

°90) Socrate fait trouver à l'esclave que, étant donné un carré, on en obtient un autre d'une superficie double en le construisant sur la diagonale du premier.

°91) Sur le sens de ce mot, cf. §120.

°92) Nous avons ici un dernier aspect de la méthode platonicienne: la division où Aristote voyait comme un pressentiment du syllogisme (cf. Premiers Analyt., I, N° 31).

°93) C'est le sujet du dialogue Le Sophiste. La réalité du non-être pour expliquer l'erreur est une conséquence du réalisme exagéré: elle n'est pas requise dans la théorie de l'abstraction.

°94) Cf. République, livre VI, vers la fin, et livre VII, ch. IV, col. Hatier, p. 24.

°95) Début du discours de Timée dans le dialogue de ce nom, qui expose la physique et la physiologie de Platon. Cf. éd. Panthéon lit., II, p. 637.

°96) La célèbre comparaison de la caverne est au VIIe livre de la République, ch. I-III. (col. Hatier, p. 22-24).

°97) Ces deux Idées doivent permettre à l'Âme de connaître à la fois le monde Idéal où tout est stable (le Même), et le monde sensible où tout change (l'Autre); cf. Timée, éd. Panthéon lit., II, p. 640.

°98) Cf. Les Lois, livre X, éd. Panthéon lit., I, p. 362 et suiv.

°99) Cf. DIÈS, Autour de Platon, II, p. 522-574.

°100) Le Bien, la Pensée et l'Âme constituent ce qu'on a appelé la «Trinité platonicienne»: elle jouera un grand rôle dans le néoplatonisme; cf. §132.

°101) République, livre VII, ch. IV, col. Hatier, p. 24-25.

°102) Sur ce point d'ailleurs la doctrine de Platon est encore très imparfaite.

°103) Plotin s'en approchera pourtant: cf. §124.

°104) Cette distinction s'appelle virtuelle, parce qu'elle est fondée sur l'éminente richesse de la perfection divine qui équivaut, en sa simplicité, à toutes nos perfections; et comme elle est moindre entre les attributs divins qu'entre les degrés métaphysiques des natures (par ex. entre animalité et rationalité en l'homme), on l'appelle virtuelle mineure.

°105) Platon ne parle pas de l'aptitude du corps à exister à part. D'après sa théorie de la matière, le corps ne serait qu'un point d'arrêt dans le flux de la matière, un assemblage retenu quelque temps stable par l'influence de l'âme.

°106) Dans le Phédon, il commence par quelques arguments probables, comma celui qu'il fonde sur la théorie des contraires: Tout change selon la loi d'alternance des contraires. La mort succède à la vie; donc la vie de l'âme succède à la mort du corps. Cf. Phédon, ch. XVI, col. Hatier, p. 44-45.

°107) Phédon, ch. LXIII, col. Hatier, p. 91-92. Ces doutes portent avant tout sur la longue description mythique du séjour des âmes, aux ch. LVII-LXII: Platon teste pleinement convaincu de l'immortalité de l'âme, autant du moins qu'on peut l'être selon lui en cette matière.

°108) C'est-à-dire par les degrés supérieurs de la méthode: cf. §44.

°109) Cf. sur ce point, GILSON, Esprit de la Philos. médiévale, II, p. 128.

°110) Platon n'envisage pas un État semblable à ceux de nos jours où des millions d'hommes ont le même régime politique, mais des cités, telles qu'il les voyait fleurir autour de lui en Grèce, où chaque ville avec ses dépendances constituait un véritable État indépendant. Il pouvait même espérer que l'une de ces cités, à la faveur de quelque révolution, adopterait sa République ou ses Lois comme constitution. Il essaya, mais en vain, d'en persuader Denys, chef de la cité de Syracuse (Sicile).

°111) Platon n'accepte pas les poètes dans sa cité, parce que leurs fictions ne sont plus que l'ombre d'une ombre, le monde sensible n'étant déjà que l'ombre de la vraie réalité.

°112) Ce communisme visait surtout les deux classes supérieures des guerriers et des chefs. Cf. DIÈS, Platon, p. 164.

°113) Nous prenons ici ce mot au sens très large expliqué plus loin, §120.

°114) Études d'Histoire de la Philosophie, p. 95.

°115) Aristote donnait souvent ses leçons en marchant, ce qui fit appeler ses disciples, les péripatéticiens, de περιπατεἶν, marcher.

°116) Diogène Laerce donne le titre de plus de 400 livres que nous n'avons plus.

°117) Nous donnons les titres latins qu'on retrouve chez les scolastiques, en particulier dans les commentaires de saint Thomas; l'ordre est celui de notre exposé: on ne connaît pas l'ordre historique. Théophraste les remit à Nélée de Scepsis qui les cacha longtemps dans un souterrain. En 87 avant Jésus-Christ, Sylla ayant conquis Athènes, les trouva dans la bibliothèque d'Apellicus et les emporta à Rome comme un trophée. Le grammairien Tyrannion les copia et Andronicus de Rhodes en donna une édition classique (cf. §118). Ces translations ont pu y introduire quelques altérations; mais leur authenticité n'est pas douteuse.

°118) Les 12 livres ne forment pas un seul traité: on y distingue en particulier, un traité de la substance (livres VI-VIII) et une Théologie (livre XII). Cf. BRÉHIER, Hist. de la Phil., I, p. 170.

°119) Ce ne sont pourtant pas des empiristes: sans choisir entre les sens et la raison, ils pensent pour ainsi dire avec tout eux-mêmes. Leur philosophie est toute pénétrée d'un animisme instinctif, fondé sur une psychologie très primitive: l'eau de Thalès et l'air d'Anaximène se développent comme des vivants.

°120) C'est Aristote lui-même qui fait ressortir, en ses oeuvres, ces faiblesses du platonisme.

°121) Sauf dans la partie de la métaphysique traitant de Dieu, comme l'indique le paragraphe suivant.

°122) Il distingue clairement l'infini négatif ou d'imperfection (l'indéfini), tel que Platon l'attribuait à la matière, et l'infini positif ou de perfection qui convient à l'Acte pur.

°123) Définition au sens large, car l'être, au sens strict, est indéfinissable. En d'autres termes, l'emploi correct de la notion d'être, n'engendre pas d'équivoque.

°124) Cf. ROLLAND-GOSSELIN, Aristote, p. 82-83.
SJJ: Parfois, pour m'aider, j'utilise le néologisme «peutance», comme dans: «Ça peut être».

°125) On a donné ce nom (qui signifie «instrument») aux divers ouvrages de logique d'Aristote.

°126) C'est le mot grec χατελορία, qui signifie objet d'attribution.

°127) Métaphysique, IV, 7. Cf. SENTROUL, Kant et Aristote, p. 62.

°128) Ce fut surtout l'oeuvre de Bacon et de Stuart Mill. Cf. plus bas, §315 et §486.

°129) Par exemple, si l'on veut constituer la science de l'âme, on doit partir de sa définition obtenue par induction.

°130) Tandis que Platon appelle dialectique, la science au sens strict, portant sur les Idées, Aristote réserve ce mot pour le domaine du probable et l'oppose à la démonstration.
SJJ: Sur la dialectique d'Aristote, voir aussi L'articulation de la dialectique aristotelicienne, de Yvan Pelletier.

°131) Cf. LORENZELLI, Cursus Philosophiae, I, p. 167.

°132) Pour Aristote, le mouvement ne désigne pas seulement le changement de lieu, mais tout passage d'un état à un autre, par exemple, du froid au chaud.

°133) Cette définition s'efforce d'exprimer la mobilité même sans l'arrêter et, bien comprise, elle y réussit, quoi qu'en dise Bergson. Elle n'est d'ailleurs pas facile à comprendre et Pascal note avec raison qu'elle est plutôt une thèse à démontrer. «Ce n'est pas une définition, mais une proposition». Cf. Opusc. Philos., De l'esprit géométrique; 1er fragm., col. Hatier, p. 31.

°134) Ce point de vue métaphysique sera celui de saint Thomas.

°135) C'est ce qu'on appelle souvent depuis Wolf et Kant la cosmologie; sur ce point, cf. plus bas, §82.

°136) Pour faire saisir sa pensée, Aristote donne sa définition négative: «neque quid, neque quale, neque quantum, neque aliquid aliud per quod ens determinatur».

°137) Du grec πὖρ, feu.

°138) Cette étude approfondie d'Aristote est entrée sans modification dans le thomisme. Cependant les deux derniers prédicaments, la situation ou position (situs) et l'habillement ou l'avoir (habitus) n'ont guère d'importance et on peut les négliger sans grand dommage. Cf. GREDT, Elementa philosophiae, N° 716; II, p. 120.

°139) Nous avons ici un exemple de syllogismes dialectiques.

°140) Il en était de même pour les événements terrestres: «Aristote (Météor., 1, 3) adopte la théorie du retour éternel et déclare que les opinions des philosophes doivent se reproduire d'une manière identique, non pas une, ni deux, ni plusieurs fois, mais à l'infini». Ailleurs cependant, il nie que les faits se reproduisent dans leur individualité (De gen. et cor., 338, b, 11-19 et IV Phys., 12, 220, b, 14). Cf. JOLIVET, Rev. thom., juillet 1938, p. 497.

°141) Si on admettait ce changement comme premier, lui-même exigerait une cause, avec nouveau changement et ainsi à l'infini.

°142) Ces défenseurs étaient les averroïstes. Cf. §249.

°143) Cf. Comment. in Phys., liv. VIII, leçon 2e.

°144) Cf. Ia Pars, q. 46, art. 1 et 2; II Cont. Gent., ch. 36 et 37.

°145) Celui qu'on lui attribue n'est pas authentique.

°146) Aristote ne confondait pas cette image reçue dans les sens, avec l'image physique imprimée par exemple, par l'objet visible sur la rétine. Il ignorait très probablement l'existence de cette dernière et il enseignait d'ailleurs que l'espèce impresse est requise pour tous les sens. Mais il s'agit d'une image d'ordre psychologique dont on prouve l'existence par l'observation de la conscience et le raisonnement.

°147) ROLLAND-GOSSELIN, Aristote, p. 45.

°148) Ce qu'on appelle aujourd'hui cosmologie et psychologie rationnelle.

°149) Saint Thomas qui accepte tel quel le système scientifique d'Aristote, distingue nettement cette part d'hypothèse et de probabilité. Cf. plus bas, §255 et §265.

°150) On peut se demander pourtant si l'idéal d'Aristote cherchant à connaître l'essence de chaque espèce, n'est pas trop élevé pour nous et s'il ne convient pas de se contenter de sciences inductives. Cf. MARITAIN, Les Degrés du Savoir, ch. 1, p. 65 et suiv.

°151) ARISTOTE, III, De anima, lectio 7. Nous citons la traduction latine de Guillaume de Moerbeke que saint Thomas a commentée: elle est peu littéraire mais elle rend fidèlement le sens du grec. Cf. plus bas, §232.

°152) ARISTOTE, III, De anima, lectio 10. Voici la traduction de De Corte: «Et l'intellect est tantôt tel - c'est-à-dire est analogue à la matière, par le fait qu'il devient tous les intelligibles; tantôt tel - c'est-à-dire analogue à la cause active, par le fait qu'il fait tous les intelligibles». Ou, plus élégamment: «L'intellect existe comme possible, en tant qu'il devient tous les intelligibles, ou comme agent, en tant qu'il fait passer à l'acte la puissance de ces intelligibles» (La doct. de l'intel. chez Aristote, p. 55). Cette traduction met en relief l'unité du νοὖς comme âme ou substance, bien qu'il soit double comme fonctions.

°153) Cf. M. DE CORTE, La doctrine de l'intelligence chez Aristote. Essai d'exégèse, Paris, 1934, où l'interprétation thomiste est bien défendue.

°154) Cf. PALHORIES, Vie et doctrine des grands Philos., I, p. 136: l'intellect passif serait alors une faculté voisine des sens et corruptible. De même PIAT, Aristote, p. 414-415: le passage du De anima où saint Thomas voit la synthèse d'une triple influence, est appliqué à l'intellect agent seul, qui serait toujours et nécessairement en acte second eu se contemplant lui-même.

°155) En grec: Χωρισθεὶς δ'ἐστὶ μόνον τοὖθ' ὅπερ ἐστὶ.

°156) III, De anima, lectio 10: Ici encore, selon les mêmes historiens, Aristote parlerait du seul intellect agent. L'interprétation de saint Thomas nous semble meilleure historiquement, étant donné la démonstration précédente de la spiritualité de l'intelligence passive. Il est vrai que le νοὖς est appelé «éternel» (perpetuum); selon DE CORTE (°153, p. 80) Aristote songerait, en parlant ainsi, non seulement à l'intellect de l'homme, mais aussi aux formes séparées qu'il admettait comme moteurs des astres (cf. plus bas, §93, N° 4).

°157) «Hoc» désigne l'âme immortelle qui est impassible, c'est-à-dire sans image sensible.

°158) III, De anima, lectio 10.

°159) Ainsi BRÉHIER, Hist. de la Phil., I, p. 238.

°160) Cf. FARGES, Le Cerveau, l'Âme et ses Facultés, app., p. 490.

°161) Liv. II, ch. 3.

°162) Morale à Nicom., liv. X; cf. °160, p. 370, note.

°163) On comprendrait mieux ainsi que le «νοὖς» soit déclaré non seulement immortel, mais éternel.

°164) Par contre, elle est indépendante de Dieu; c'est pourquoi nous l'exposons avant la théodicée.

°165) Morale à Nicom., liv. I, ch. XI, comm. de saint Thomas, lect. 16. Cf. SERTILLANGES, Saint Thomas, II, p. 299. M. Gilson note qu'en mettant la fin dernière ici-bas, Aristote tend à la confondre avec les vertus qui n'en sont que le chemin. (Esprit de la Phil. médiév., II, p. 152.)

°166) Saint Thomas dans la Ia-IIae a repris tout ce traité de morale spéciale comme base parfaite de sa morale surnaturelle.

°167) En ce sens seulement on peut dire qu'il conserve le principe socratique: «Tout pécheur est ignorant».

°168) Saint Thomas au contraire approfondit ces divers aspects: il distingue clairement le conseil du devoir, expliquant le devoir par la loi. Surtout, il montre dans la loi éternelle et la volonté du Créateur, le seul fondement solide du devoir.

°169) Aristote établit en loi générale que le tempérament masculin est plus favorable à l'exercice de l'intelligence; mais il ne nie pas les exceptions.

°170) Le système d'Aristote sauvegarde les droits de la famille; il n'est pas étatiste comme celui de Platon et pourrait, philosophiquement, se défendre, semble-t-il.

°171) Cf. la démonstration dans GREDT, Elementa philos., II, N° 975.

°172) Cf. ROLLAND-GOSSELIN, Aristote, p. 177.

°173) Ce nom fut donné au traité par Andronicus de Rhodes, parce qu'il l'avait placé après (μετά) les Physiques; mais μετά signifie aussi «au-dessus» et ce titre convient très bien aux études appelées par Aristote «Philosophie Première» ou «Théologie». Ce traité contient aussi l'étude de l'être et de la substance en général (ontologie); mais cette partie a été exposée aux §69-70.

°174) Met., liv. XIII, ch. 10.

°175) Il y aurait plusieurs actes purs: cf. °175.

°176) Métaphysique, liv. XI, ch. 9.

°177) Cf. ROLLAND-GOSSELIN, Aristote, p. 91.

°178) Cf. Métaph., liv. XII, chap. 8, p. 1074a; trad. J. TRICOT, t. II, p. 181-182.

°179) Cette preuve est pleinement approuvée par saint Thomas: cf. In Met., liv. XII, lect. 12.

°180) DE WULF, Hist. de la Phil. médiév. (4a éd.) Intro. p. 39.
BOUTROUX, Études d'Hist. de Phil., p. 140 et 149.
PLAT, Aristote.
Cf. BRÉHIER, Hist. de la Phil., p. 223.

°181) Cf. FARGES, L'Idée de Dieu, append. p. 549-575.
JOLIVET, Essai sur les rapports entre la pensée grecque et la pensée chrétienne; 1re partie: Aristote et saint Thomas ou l'idée de création.

°182) «À cette pensée qui se pense est suspendu le monde, comme une pensée qui ne se pense pas... Dieu meut le monde comme cause finale sans se mouvoir lui-même». BOUTROUX, Études d'Hist. da Phil., p. 149. Mais c'est là une tendance et une déficience, plutôt qu'une doctrine ferme d'Aristote.

°183) Au IIe livre des Métaphysiques, Aristote a donné, mais incidemment, la formule de la causalité créatrice: «Le premier être est cause de tout être, comme la première vérité, cause de toute vérité». Saint Thomas cite souvent ce texte comme pour corriger Aristote par sa propre doctrine.

°184) Cette assimilation fut surtout l'oeuvre au XIIIe siècle, de saint Albert le Grand et de saint Thomas. Cf. §232 et suiv.

°185) Sur cette influence prépondérante de l'aristotélisme, cf. F. CAYRÉ, Précis de Patrologie, II, p. 362.

°186) Αταραξία, de α privatif, et ταράσσο, troubler.

°187) Contemporain de Platon: cf. plus haut, §39, et °78.

°188) Il était d'abord esclave d'Épaphrodite, affranchi de Néron. Affranchi lui-même, il voulut rester pauvre, conformément à sa doctrine. Il n'écrivit rien: c'est à son disciple Arrien que nous devons les Entretiens, la Vie et le Manuel d'Épictète.

°189) Par opposition aux épicuriens, on pourrait dire qu'il cherchait le bonheur dans le bien SPÉCIFIQUEMENT humain, puisque c'est la raison qui distingue l'homme des animaux. Cf. §106.

°190) Λόγος, raison, et Σπερματιχός, de σπέρμα, germe. Saint Augustin a traduit: «ratio seminalis». Cf. §171.

°191) Palingénésie, de πάλιν de nouveau, et γένεσις naissance.

°192) Si les lames sont traversées sans être détruites, c'est qu'il y a eu mélange total: Cf. PLOTIN, 2e Enn., VII, (édit. Bréhier, p. 91 et suiv.) qui discute ces faits. On pourrait encore invoquer le fait que l'âme, en entrant dans le corps, n'augmente pas son volume.

°193) Εξις, que les scolastiques traduisent par «habitus», dit plus que le français «habitude»: c'est un état stable, mais d'ordre accidentel, selon Aristote et saint Thomas. Ainsi, en comparant la classification péripatéticienne à celle des stoïciens, on constate que pour ceux-ci, les degrés d'être sont tous reculés d'un échelon: conséquence du matérialisme.

°194) Sénèque par exemple, enseigne parfois cette opinion dans ses lettres de consolation, à l'occasion de deuils: Cf. CHOLLET, La Morale stoicienne, p. 130.

°195) CICÉRON, Premiers Académiques, II, 144; Cf. BRÉHIER, Hist. de la Phil., I, p. 302.

°196) Ils font erreur sur l'objet formel de notre intelligence qui n'est pas seulement l'être corporel, mais l'essence abstraite des choses sensibles.

°197) Cf. ORIGÈNE, Contra Celsum, VII, 53. - FOUILLÉE, Extraits des grands Phil., p. 127.

°198) On retrouve le sens péjoratif du mot passion dans l'ascétisme chrétien, sans les erreurs ni les exagérations stoïciennes.

°199) Par opposition au stoïcisme [§98] qui place le bonheur dans la raison, différence spécifique de l'homme, on peut dire que l'épicurisme le cherche dans le bien génériquement humain, le plaisir étant commun aux hommes et aux animaux.

°200) CICÉRON. Tuscul., III, 18; cf. Lengrand, Épicure et l'épicurisme, p. 20.

°201) De κανών règle ou critère.

°202) Il interprétait ainsi la théorie de la «tabula rasa» d'Aristote: Cf. §83.

°203) Cf. BRÉHIER, Hist. de la Philos., I, p. 336 et suiv.

°204) Lettre à Ménécée.

°205) Épicure était content d'avoir de l'eau et du pain bis: «Envoyez-moi, écrit-il à un ami, un peu de fromage cytridien, afin que je fasse un repas plus excellent». DIOGÈNE LAERCE, X; Cf. F.-J. THONNARD, Extraits des grands Phil., p. 144.

°206) De finibus, II, 25.

°207) Le poème de Lucrèce, p. 7.

°208) C'est-à-dire, les impressions internes ou subjectives.

°209) Cf. BARBEDETTE, Hist. de la Philos., p. 90.

°210) Ce que Kant appellera l'analyse transcandentale; cf. plus bas, §394.

°211) Du grec ἐκλέγειν choisir, recueillir, on a fait éclectisme.

°212) Sur cet auteur, cf.: O. HAMELIN, La théorie de l'intellect d'après Aristote et ses commentateurs, Paris, Vrin, 1953; p. 29-39.

°213) Cet enseignement «aboutit à une forme littéraire qui obtiendra le plus grand succès: c'est celle du discours philosophique ou diatribe, sorte de sermon où l'orateur présente à l'auditoire, en un style élégant et fleuri, le fruit de sa sagesse». BRÉHIER, Hist. de la Philos., I, p. 367.

°214) En ce sens il désigne «cette branche de la théologie qui étudie les grâces éminentes dont Dieu favorise les âmes vertueuses pour les aider à entrer dans la voie unitive ou parfaite et à en accomplir les actes». Cf. F. CAYRÉ, Précis de Patrol., I, p. 19.

°215) Définition du Vocabulaire techn. et crit. de la Phil. de Lalande.

°216) F. CAYRÉ, Précis de Patrologie, I, 2e partie, c. I, p. 96.

°217) Ainsi appelé de σάκκος (sac) parce qu'il avait d'abord été portefaix.

°218) Voir plus bas la bibliographie de Plotin.

°219) Les traités de Plotin ne sont pas un développement systématique de sa doctrine, mais chacun forme un tout qui fut d'ordinaire l'objet d'une ou de plusieurs leçons orales: Cf. BRÉHIER, Intr. aux Enn., p. 30.

°220) J. BIDEZ, Vie de Porphyre, Gand, 1913.

°221) Il écrivit encore quelques autres ouvrages: Vie de Plotin, Vie de Pythagore, Hist. des Philosophes, etc. et aussi un violent pamphlet contre les chrétiens dont Eusèbe nous a conservé quelques passages. Cf. BRÉHIER, Hist. de la Phil., I, p. 471.

°222) BRÉHIER, Hist. de la Phil., I, p. 445.

°223) Cf. BARBEDETTE, Hist. de la Phil., p. 190.

°224) Jamblichi Theologumena Arithmeticae, édit. de Falco, col. Teubner, 1922.

°225) On lui attribue un Traité des mystères qui expose la doctrine théurgique, mais qui est surtout l'oeuvre de ses disciples. Cf. KRAKOWSKI, Plotin, p. 228.

°226) Commentaire du Parménide, trad. CHAIGNET, 1900-1902.
Dans col. Teubner, éd. des Comment. Sur la République, 2 vol., Kroll, 1899-1901; Sur le Timée, 2 vol., Diels, 1900-1904; Sur Parménide, Pasquali, 1908; Esquisse des thèses astronomiques, Manitius, 1907; Institution physique, Ritzenfeld, 1912; Sur Euclide , Friendlein, 1873.
Édit. Cousin de la traduction latine de G. de Moerbeke des opuscules sur la Providence, la liberté et le mal, du comm. sur Alcibiade, 1864.

°227) Cf. 3e Énnéade, VIII, ch. I-IX, édit. Bréhier, p. 157.

°228) Cf. 5e Énnéade, I, ch. VI, édit. Bréhier, p. 22.

°229) On peut aussi rapprocher cette doctrine de l'adage aristotélicien: «Agere sequitur esse».

°230) Denys l'Aréopagite, Div. nom., II, 3 et 4: cf. ARNOU, Le Désir de Dieu dans la Phil. de Plotin, p. 124.

°231) Cf. 3e Énnéade, VIII, ch. X, édit. Bréhier, p. 166.

°232) Cf. 3e Énnéade, IX, ch. IX, édit. Bréhier, p. 176. Dans la 5e Énnéade, VI, ch. II-VI, Plotin démontre par 10 arguments qu'au-delà de la Pensée il faut un Principe dont la simplicité et la perfection excluent la pensée.

°233) Cf. 5e Énnéade, V, ch. VI, édit. Bréhier, p. 98.

°234) Cf. 5e Énnéade, V, ch. IV, édit. Bréhier, p. 98, et ch. VI, p. 98, et III, ch. XIV, p. 68.

°235) Ia P., q. 3, Prolog. et toute la question 13.

°236) Cf. 5e Énnéade, I, ch. VI, édit. Bréhier, p. 22.

°237) Notons ici que cette théorie appelle de graves réserves: nous les donnerons dans une critique d'ensemble, après l'exposé des divers degrés de l'émanation: cf. §134.

°238) Logos a un sens moins précis que Nous, chez Plotin. «L'âme est le logos et l'acte de l'Intelligence, comme elle-même est le logos et l'acte de l'Un», dit 5e Énnéade, I, ch. VI, édit. Bréhier, p. 23.

°239) Cf. 5e Énnéade, VI, ch. V, édit. Bréhier, p. 117.

°240) Tout le traité VII, (5° Énnéade) défend cette thèse: la principale raison est que nous sommes capables d'habiter individuellement le monde intelligible. Cf. §136.

°241) Cf. 5e Énnéade, VIII, ch. VIII, édit. Bréhier, p. 144. «Ce qui vient avant, ajoute Plotin, ne consent même pas à être beau».

°242) Cf. 5e Énnéade, I, ch. IV, édit. Bréhier, p. 19.

°243) Cf. 5e Énnéade, VI, ch. I, édit. Bréhier, p. 112.

°244) Histoire de la Philos., I, p, 457.

°245) Cf. 3e Énnéade, VII, ch. XI-XII, édit. Bréhier, p. 142-143.

°246) Cf. 5e Énnéade, I, ch. II, édit. Bréhier, p. 17.

°247) Cf. 4e Énnéade, IX, ch. V, édit. Bréhier, p. 235, et 5e Énnéade, VII.

°248) Cf. 5e Énnéade, I, ch. III, édit. Bréhier, p. 19.

°249) Cf. 3e Énnéade, II et III. C'est là que saint Augustin trouva la solution de principe au problème du mal qui le torturait. Il s'en inspire dans ses premiers ouvrages: cf. De ordine, II, 4.

°250) Cf. 3e Énnéade, VIII, ch. II, édit. Bréhier, et 5e Énnéade, III, ch. IX; VIII, ch. XII.

°251) Cf. 2e Énnéade, IV, ch. X, édit. Bréhier, p. 63.

°252) Cf. 1e Énnéade, VIII, ch. V et VIII, édit. Bréhier, p. 119 et 124.

°253) Cf. 3e Énnéade, VI, ch. XIV, édit. Bréhier, p. 115.

°254) Cf. ARNOU, Désir de Dieu dans la Phil. de Plotin, p. 64-65.

°255) Cf. 1e Énnéade, VIII, ch. XV, édit. Bréhier, p. 130. Tout le traité cherche l'origine du mal; celui-ci, pour Plotin, reste, malgré tout, une substance, celle de la matière; et s'il vient de l'Âme, c'est sans la souiller, et nécessairement. Sur ce point, saint Augustin corrige radicalement la théorie. (Cf. De libero Arbitrio, et plus bas, §160.)

°256) Cité de Dieu, liv. X, ch. XXXI.

°257) Cf. 5e Énnéade, V, édit. Bréhier, p. 102.

°258) Cf. 4e Énnéade, VII, ch. VIII, édit. Bréhier, p. 184. : Par exemple, l'hylémorphisme ne peut expliquer selon Plotin: 1) l'opposition de la raison au désir; 2) l'existence de la pensée indépendante du corps; 3) la conservation d'images indépendantes des choses sensibles; 4) le désir de l'incorporel, etc.

°259) Cf. §136, corol. 3, et ARNOU, Désir de Dieu dans la Phil. de Plotin, p. 215-217.

°260) Summa theologica, Ia pars, q. 45, a. 5.

°261) Summa theologica, Ia pars, q. 54, a. 2, où saint Thomas reconnaît cette possibilité.

°262) Cf. les critiques adressées au monde idéal de Platon, §46 et §57 et qui corrigent également Plotin.

°263) Vocabulaire technique et critique de la Philosophie, par LALANDE, au mot Panthéisme.

°264) Cette thèse favorable est celle de ARNOU, cf. Désir de Dieu dans la Philosophie de Plotin, p. 151-187. Cet auteur indique les diverses opinions des historiens sur ce sujet.

°265) Telle est la thèse de JOLIVET, dans Essai sur les rapports de la pensée grecque et de la pensée chrétienne, p. 123-125.

°266) Cf. 5e Énnéade, III, édit. Bréhier, p. 33 et 35.

°267) Cf. 6e Énnéade, IX, ch. VI, cf. ARNOU, p. 156. «Τὸ αἴτιον οὐ ταὐτὸν τὦ αἰτιατὦ», dit Plotin.

°268) Le terme «émanation» est aussi employé par saint Thomas, Ia P., q. 45, «De modo emanationis rerum a primo Principio», en un sens parfaitement orthodoxe.

°269) S'inspirant de Platon, il mentionne parfois la faculté des Idées, puis celle de l'opinion, enfin celles de sensation et de génération: cf. 5e Énnéade, III, ch. IX, édit. Bréhier, p. 61. Dans 3e Énnéade, VIII, il décrit les divers degrés de contemplation depuis les sens jusqu'à l'extase.

°270) Cf. 4e Énnéade, V.

°271) BOYER, L'idée de Vérité dans saint Augustin, p. 171.

°272) Cf. 5e Énnéade, III, ch. III, édit. Bréhier, p. 51. Ce perfectionnement fait passer l'âme du vice où elle s'absorbe dans les fonctions matérielles, à la vertu où elle contemple Dieu; mais «ni dans la vertu ni dans le vice, dit Plotin, rien ne s'ajoute à l'âme» Cf. 3e Énnéade, VI, ch. II, édit. Bréhier, p. 97.

°273) Cf. 1re Énnéade, VIII, ch. XIII, édit. Bréhier, p. 127.

°274) Cf. 6e Énnéade, IX, ch. IX.

°275) Cf. 3e Énnéade, VIII, ch. IX.

°276) Cf. 6e Énnéade, VII, ch. XXII.

°277) Cette pensée de Hello, traduite du grand mystique flamand Ruysbroeck, est aussi celle de Plotin.

°278) Cf. 1re Énnéade, II, ch. IV, édit. Bréhier, p. 55, et 6e Énnéade, V, édit. Bréhier, p. 101. Aussi 3e Énnéade, VI, ch. V.

°279) 4e Énnéade, VIII.

°280) Quand Plotin cherche à expliquer les malheurs de certains hommes justes, outre les considérations sur l'ordre universel de la Providence, il fait encore appel à une vie antérieure possible dont les malheurs présents sont le juste châtiment. Cf. 3e Énnéade, III, ch. IV, édit. Bréhier, p. 54.

°281) Cf. 3e Énnéade, VI, ch. VI, édit. Bréhier, p. 101.

°282) Cf. 1re Énnéade, II, ch. VII, édit. Bréhier, p. 58.

°283) Cf. 5e Énnéade, III, ch. IV, édit. Bréhier, p. 53.

°284) ARNOU dans son ouvrage «Le Désir de Dieu dans la Phil. de Plotin» (p. 246-8) fait ressortir cette expression comme une exclusion du panthéisme.

°285) Cf. 5e Énnéade, V, ch. VII, édit. Bréhier, p. 99-100.

°286) Cf. 1re Énnéade, IV, ch. X, édit. Bréhier, p. 81. Ainsi le sage reste heureux même s'il perd la raison, car dans l'état d'inconscience, les êtres parvenus à la sagesse ont une vie plus intense.

°287) Cf. 5e Énnéade, VIII, ch. IX, édit. Bréhier, p. 140.

°288) Cf. PORPHYRE, Vie de Plotin, ch. III, édit. Bréhier, I, p. 27. «Pendant que je fus avec lui (de 263 à 268) il atteignit quatre fois ce but, grâce à un acte ineffable». Porphyre n'y arriva qu'une fois.

°289) Cf. 4e Énnéade, IV, ch. XXXV-XLV, édit. Bréhier, p. 140. D'autre part, la loi universelle qui lie tous les événements permet de découvrir l'avenir en interprétant les signes des planètes (astrologie). Cf. 2e Énnéade, III, ch. VII-VIII.

°290) Cf. Saint Thomas, Ia pars, q. 12, a. 1 et 4.

°291) De là une réelle équivoque dans l'emploi du mot «mystique»: cf. F. CAYRÉ, Précis de Patrologie, II, p. 356.

°292) C'est aussi la raison pour laquelle Bergson considère très justement le néoplatonisme comme une forme incomplète de mysticisme. Cf. Les deux Sources de la Morale et de la Religion, p. 236, et plus loin, §550.

°293) Denzinger, N° 3005. Cf. plus haut, §1.

°294) «Le christianisme, à ses débuts, dit Bréhier, n'est pas du tout spéculatif; il est un effort d'entraide à la fois spirituelle et matérielle dans les communautés» (Hist. de da Phil., I, p. 493). Il était beaucoup plus que cela: il suffit de songer au «Symbole des Apôtres» proposé de tout temps à la foi des nouveaux baptisés, pour comprendre la richesse de vérité contenue dans la religion nouvelle. Cf. F. CAYRÉ, Précis da Patrol., I, p. 41.

°295) Nous prenons ce terme en un sens purement historique, pour désigner le caractère saillant de toute cette époque; mais nous rencontrerons plus d'un penseur en marge du christianisme. Sur le problème de la Philosophie chrétienne, cf. §244.

°296) Cf. BARBEDETTE, Histoire de la Phil., p. 122-200. - F. CAYRÉ, Précis de Patrologie, premier vol, où l'on trouvera tous les renseignements désirables.

°297) Les Pères utilisent aussi en morale les stoïciens.

°298) Nous ne développerons ici que cette première partie, parce que sa conclusion fut pour Augustin, avec la conversion, la découverte du principe fondamental de sa philosophie.

°299) Cette phrase lue par Newman au moment de ses études sur la valeur de l'anglicanisme, fut décisive pour l'orienter vers l'Église catholique. Cf. Contra Epist. Parmen., livre III, c. IV, 24.

°300) Confessions, livre VII, ch. IX, 13. Cf. dans BOYER, Christianisme et néoplatonisme dans la formation de saint Augustin, p. 60 et suiv., la preuve de cette évolution d'Augustin.

°301) Cf. Confessions, livre IV, ch. XXI, 1: vers l'âge de vingt ans, il lut et comprit seul l'ouvrage des dix Catégories d'Aristote.

°302) Retr., I, ch. 1, 4.

°303) On trouvera une analyse de toutes les oeuvres de saint Augustin dans F. CAYRÉ, Précis de Patrologie, I, p. 622-643.

°304) Ces neuf dialogues ont une importance spéciale pour établir l'existence d'une philosophie au sens propre chez saint Augustin: par leurs sujets et leur méthode, ils se meuvent souvent dans ]'ordre purement rationnel.

°305) C'est l'objet des trois livres «Contra Academicos», premier ouvrage philosophique de saint Augustin, composé à Cassiciacum.

°306) Ne pas confondre le probabilisme sceptique ici condamné avec le probabilisme des casuistes catholiques qui enseigne su contraire le moyen de sortir du doute pour agir avec la certitude morale de bien faire.

°307) De Trinit., l. XV, ch. XII, 21. Cf. BOYER, L'idée de vér., p. 35.

°308) Cf. §319. Les deux philosophes sont d'accord pour accepter cette vérité particulière, mais le principe fondamental, l'âme de leur philosophie est tout différent.

°309) Cf. De vera religione, XXXIII, 62: Si quelqu'un voit le bâton brisé dans l'eau, son oeil ne le trompe pas: «Non malum habet nuntium, sed malus est judex». Cf. plus bas, §163.

°310) Il le déclare dans le De libero arbitrio, l. II, ch. II, 5, La suite de ce livre, N° 7-33, développe longuement la preuve.

°311) Cf. BARBEDETTE, Hist. de la Phil., p. 176.

°312) Cf. §149. On pourrait dire aussi que sa théorie de la sensation et de l'intellection (§163) le rassurait d'avance sur la vérité de ce point de départ cosmologique. Il n'y fait pas appel explicitement, ce qui aurait été une pétition de principe; mais cela explique qu'il n'ait pas hésité à s'appuyer sur le monde sensible.

°313) Cf. De libero arbitrio, l. II, ch. III, 7; De diversis quaest., q. LI, N° 2.

°314) Ou principe de subordination.

°315) La théorie de l'illumination mettra ce point en relief (§164).

°316) De lib. arbit., l. II, ch. XVII, 45. Il y a là une vraie démonstration du principe de participation comme dans la quatrième voie de saint Thomas; mais saint Augustin ne la propose qu'après avoir terminé la preuve de l'existence de Dieu, (la dernière étape (ch. XII, 35) ayant été franchie par intuition), et pour démontrer autre chose: que toute substance est bonne parce qu'elle vient de Dieu. C'est la preuve de Dieu retournée: cf. plus bas, §158.

°317) Le l. II contient la forme complète; mais on peut y voir aussi une forme abrégée dans le syllogisme conditionnel que saint Augustin introduit (ch. VI, 14) pour répondre aux exigences d'Evodius.

°318) Cf. Conf., l. x, ch. VI, 8.

°319) Voir d'autres explications dans GILSON, Introd. à l'étude de saint Augustin, p. 26: (la forme abrégée n'est qu'un retour contemplatif de l'âme sur le monde sensible, image de Dieu); et dans BOYER, Études sur saint Augustin, p. 126: (pour saint Augustin, la règle du monde n'est en vérité saisie par nous, qu'en tant qu'elle est la règle de notre pensée).

°320) À ce point de vue, si chaque degré est un reflet de Dieu, seul le degré suprême est capable d'apporter l'évidence à ceux qui l'atteignent et peut-être même leur permettra-t-il, avec le secours de la grâce, une contemplation surnaturelle et mystique, supérieure à toutes les clartés rationnelles.

°321) Ia p., q. 2, a. 3; cf. q. 16, a. 7, intitulé: «Utrum veritas creata sit aeterna?» Saint Thomas y propose la distinction entre éternité négative et positive et conclut (ad 2m): «Quodlibet universale dicitur esse ubique et semper, inquantum universalia abstrahuntur ab hic et nunc. Sed ex hoc non sequitur ea esse aeterna, nisi in intellectu, si quis sit aeternus».

°322) Les doctrines coïncident d'ailleurs pour le fond, comme nous le montrerons: cf. §165.

°323) Cf. même endroit, §165.

°324) Ou mieux preuve noologique, fondée sur le fait de notre vie intellectuelle; cf. CAYRÉ. Le Point de départ de la Phil. august. Preuve noologique de l'existence de Dieu, dans Revue de Phil., juillet 1936, p. 306.

°325) Cf. De vera religione, c. XLIX, 97; B. A., t. 8, p. 168: «Aeternitas tantummodo est».

°326) Cf. De vera religione, c. XLIII, 81; B. A., t. 8, p. 146.

°327) Serm. 4, IV, 5.

°328) De diversis quaest. ad Simplic., l. II, q. II, N°  1; B. A., t. 10, p. 544.

°329) De diversis quaest. ad Simplic., l. II, q. II, N°  3; B. A., t. 10, p. 522.

°330) La meilleure manière d'exprimer cette valeur serait peut-être d'user d'une double négation: ainsi la signification commune du mot «science» appliqué à Dieu et aux hommes est celle de non ignorance: «ad non latere quoquo modo pertinet ipsa communicatio vocabuli». (De div. quaest. ad Simpl., l. II, ch. II, 3.)

°331) Cf. Saint Thomas, Ia p., q. 13, a. 2-5.

°332) De Trinitate, l. VII, ch. IV, 7; cf. BOYER, L'idée de Vérité dans saint Augustin, p, 107-109.

°333) Cf. De libero arb., l. II, ch. XVI, 44-46.

°334) «In principio creavit Deus caelum et terram». [Gn 1:1]; cf. Confes., l. XI.

°335) De diversis quaest. 83, q. XLVI, N° 2.

°336) Ia p., q. 15.

°337) Ia P., q. 45, a. 5. Saint Thomas précise qu'aucune créature ne peut créer, ni comme cause principale, ni comme cause instrumentale.

°338) Nous trouvons ici une adaptation de la théorie de la dégradation progressive des néoplatoniciens: cf. §132.

°339) Conf. XII, XXVIII, 38; B. A., 14, p. 410.

°340) Adaptation de la dialectique de Platon (§44) et de Plotin (§132).

°341) Saint Augustin développe principalement sa solution dans les trois livres du De libero arbit. et aussi dans ses oeuvres contre le manichéisme.

°342) De civ. Dei, l. XII, ch. VII.

°343) De civitate Dei, l. VII, ch. XXX. Cf. B. A. 34, p. 210. De libero arb., l. II, ch. XVII, 45: la Providence s'exerce en faisant produire aux créatures leurs opérations propres: «ut formarum suarum numeris impleantur et agantur».

°344) C'est le point de vue de Dieu; cf. plus bas, §177.

°345) Cf. De civ. Dei, l. XI et XII; De lib. arb., l. III, ch. XXV, 75, etc.

°346) Cf. De genesi ad lit., l. VII, ch. VI, 9; et plus loin, §170.

°347) De Trin., l. X, ch. X, 15.

°348) De quantitate anima, N° 22.

°349) De moribus Eccl. cath., ch. XXVII, 52.

°350) Le caractère naturel de l'union de l'âme et du corps est prouvé par l'horreur instinctive de la mort. Cf. De Civ. Dei, I. XIII, c. XVI, I.

°351) Il cite cependant la définition aristotélicienne: «Homo est animal rationale, mortale»: (De ordine, l. II, ch. XI, 31 et De civ. Dei, l. IX, ch. XIII, 3) pour indiquer la situation intermédiaire de l'homme entre l'ange et la bête; mais la théorie de l'acte et la puissance, dont l'hylémorphisme n'est qu'une application, ne joue aucun rôle dans le système augustinien.

°352) Cf. De civ. Dei, l. XXI, ch. X, I; dans De mor. Eccles. cath., ch. IV, 6-8, la question de savoir si l'homme est constitué par l'âme seule ou par l'âme unie au corps, est déclarée peu importante.

°353) L'idée de Vér. dans saint Augustin, p. 171; cf. plus haut, §136. La théorie est d'ailleurs très peu explicite chez Plotin et l'originalité de saint Augustin est ici très remarquable.

°354) De musica, l. VI, ch. V, 8; tout le passage jusqu'à VI, 16, développe la théorie ici résumée.

°355) Cf. De vera rel., ch. XXXIII, 62, et plus haut, §149.

°356) De genesi ad litt., l. XII, ch. XVI, 33.

°357) Seule science au sens propre, selon Aristote et saint Thomas, tandis que saint Augustin l'appelle sagesse.

°358) De Trinitate, liv. XI, ch. IX, N° 16.

°359) De magistro, ch. X, 34 et XI, 36. Tout l'opuscule a pour but de prouver la nécessité du Maître intérieur: «De universis quae intelligimus... intus ipsi menti praesidentem consulimus veritatem» (ch. XI, 38).

°360) Solil., l. II, ch. XX, 35. Saint Augustin n'a jamais admis la préexistence des âmes au sens de Platon ([§58]), mais un innéisme nativiste selon lequel Dieu en créant chaque âme, la doterait d'un trésor d'idées au moins à l'état virtuel; Cf. JOLIVET, Mélanges aug., p. 118.

°361) C'est la preuve expérimentale de l'esclave de Ménon: cf. §43.

°362) Rétract., l. I, ch. IV, 13.

°363) PORTALIÉ, Diction. de théol. cath., art. Saint Augustin, col. 2336.

°364) Au XVIIe siècle par Malebranche ([§341]) et au XIXe par Gioberti et quelques autres ([§437]).

°365) Conf., l. X, ch. XXVI. Cf. dans JOLIVET, Dieu, Soleil des esprits, nombreux textes sur la question.

°366) Il semble l'accorder à Moïse et à saint Paul (De gen, ad lit., l. XII, ch. XXIII, 56 et XXXIV, 67) pour expliquer leur extase; il la repousse ailleurs (De Trin., l. II, ch. XVI; In Joan. ev., trac. III, 17; cf. PORTALIÉ, Diction. de théol. cath., art. Saint Augustin, col. 2335).

°367) Cont. Faust., ch. XX, 7. Cf. GILSON, Intr. à l'étude de saint Augustin, p. 108.

°368) De Trin., l. XII, ch. XV, 24; cf. BOYER, Idée de Vér., p. 199.

°369) Cf. Conf., l. X, ch. XI, 18; saint Augustin garde le mot en transformant la théorie de Platon (§58).

°370) De Trin., l. XI; saint Augustin voit dans cette triple activité une image de la Sainte Trinité.

°371) Ia p., q. 84, a. 5: «Ipsum lumen intellectuale quod est in nobis, nihil est aliud quam quaedam participata similitudo luminis increati, in quo continentur rationes aeternae».

°372) Cette explication est fréquente chez les scolastiques: cf. ZIGLIARA, De la lumière intel., ch. XI-XIII; LÉPIDI, De ontologismo, p. 192-225 et BOYER, L'idée de Vérité, p. 174-213.

°373) Telle semble être la conclusion de GILSON, Intr. à l'étude de saint Augustin, p. 119.

°374) On pourrait, pour résumer d'un mot le sens de l'illumination augustinienne, l'appeler un «intuitionisme modéré».

°375) De duabus anim., ch. XI, 15.

°376) De libero arb., l. III, ch. III, 6 - IV, II.

°377) En termes théologiques dont nous mettons ici en relief la valeur philosophique.

°378) De corrept. et gratia, ch. II, 4.

°379) In Epist. ad Gal., N° 49 (écrit en 394).

°380) De peccat. mertitis et remis., 1. II, ch. XVII, 27 (écrit en 412).

°381) De spirtitu et lit., ch. XXXIV, 60.

°382) Jansénius a donné un sens hérétique à cette formule augustinienne: «La différence fondamentale entre les deux doctrines, dit Gilson, nous semble être que pour Jansénius, la délectation est cause de la volition... au lieu que selon saint Augustin, la délectation n'est que l'amour, qui n'est lui-même que le poids intérieur de la volonté, laquelle n'est à son tour que le libre arbitre même». (Intr. à l'étude de saint Augustin, p. 205, en note.)

°383) Epistola CLVII, II, 8. - Cf. De corrept. et grat., N° 32: «Quid erit autem liberius libero arbitrio, quando non poterit servire peccato?»

°384) Ia p., q. 83, a. 1.

°385) Ia IIae, q. 6-17.

°386) Cf. Solil., l. II, ch. XIX, 33; De immort. anima, ch. I-VI.

°387) Cf. De genesi ad lit., l. VII, ch. III, 4-6 et IX, 12-23.

°388) De lib. arbitrio, l. III, ch. XX, 56.

°389) Epist. 190, ad Opt., N° 15.

°390) Ia, q. 90, a. 2.

°391) Conf. l. XII, ch. VI, 6 et ch. XII-XIII. Cf. De gen. ad lit. opus imp. , ch. XV, 48: «Illud tamen totum prope nihil erat quoniam adhuc omnino informe erat».

°392) Conf., l. XI, ch. XIV-XVIII.

°393) Saint Augustin rejoint ici la notion aristotélicienne et thomiste selon laquelle toute la réalité du temps est celle du mouvement; cf. §78-79.

°394) De gen. ad lit., l. VII, ch. VI, 9; cf. MARTIN, Saint Augustin, p. 310.

°395) C'est la théorie précise de la puissance et de l'acte qui permet à saint Thomas de définir la matière première comme puissance pure, racine de la quantité, tout en expliquant la contingence des esprits par la potentialité moindre des essences.

°396) C'était aussi une raison en faveur du traducianisme pour l'origine des âmes individuelles.

°396) Il transformait ainsi la théorie de l'Âme du monde de Plotin; cf. §131.

°397) De Trin., l. III, ch. IX, 16.

°398) De gen. ad litt., 1. VII, ch. XXIV, 35. Cf. GILSON, Intr. à S. Aug., p. 265.

°399) De genesis ad lit., l. IX, ch. XVII, 32. Cf. BOYER, Idée de Vérité, p. 128-130.

°400) Ia, q. 115, a. 2.

°401) L'harmonie des deux doctrines devrait se chercher dans la théorie des causes dispositives qui tiennent à la fois de la cause efficiente (donc active) et de la cause matérielle, celle-ci étant susceptible de perfections variées et hiérarchisées.

°402) Conf. l. 1, ch. I, 1.

°403) Cf. §139. Voir Conf. l. 10, ch. XXIII, (Gaudium de veritate).

°404) C'est le point où il est le plus difficile de dégager une doctrine augustinienne purement philosophique, parce que la morale considère les hommes dans le concret, et là, il n'y a que des hommes appelés en fait par Dieu à une destinée surnaturelle. En tout cas, saint Augustin lui-même n'a jamais songé à faire ce travail.

°405) De diversis quaest. 83, q. XXX.

°406) Epist. ad Jeron., N° 15. Epist. CLXVII, édit. POUJOULAT, t. III, p. 424.

°407) In epist. ad Joan., tr. VII, 8, d'où la formule courante: «Ama et fac quod vis».

°408) Cf. F. CAYRÉ, La contemplation augustinienne, Paris, 1927.

°409) De legibus, I, 6.

°410) Cont. Faust., ch. XXII, 27

°411) Cf. BOISSIER, La fin du Paganisme, II, p. 135.

°412) De Civit. Dei, l. XIV, ch. XXVIII.

°413) Il ne faut donc pas confondre «cité terrestre» avec «État temporel»: celui-ci peut, même comme État, appartenir à la cité céleste, s'il poursuit son but conformément à l'amour de Dieu.

°414) CICÉRON, De Rep., II, 19. Ainsi l'âme domine sur le corps; cf. Contra Jul., VI, 61 et De civit. Dei, l. IV, ch. VI; l. XV, ch. XVI, 3.

°415) De libero arb., l. I, ch. V, 12.

°416) Telle est la conclusion qui, selon Combès, découle clairement de nombreuses affirmations où saint Augustin recommande aux chrétiens d'obéir à l'État et à ses lois justes: Cf. La Doctrine politique de saint Augustin, p. 307.

°417) Les affaires religieuses lui revenaient de droit.

°418) Cf. COMBÈS, La Doctrine politique de saint Augustin, p. 320.

°419) C'est ce qu'on appelle aujourd'hui, la «liberté de conscience». Les opinions de saint Augustin sur ce point ont varié d'après les vicissitudes de ses luttes contre les donatistes: cf. F. CAYRÉ, Précis de Patrol., I, p. 612.

°420) Donatistes fanatiques qui terrorisaient les catholiques.

°421) Conf., l. III, ch. VI, 10; il raconte comment les manichéens l'ont séduit en répétant: «Veritas et veritas».

°422) Le principe de saint Augustin, comparé à celui de saint Thomas semble moins large et moins compréhensif; car la «causalité parfaite de Dieu» (principe néoplatonicien: §124 et §146) est, elle-même, comme un chapitre de «l'universelle intelligibilité de l'être» (principe thomiste: §258). C'est d'ailleurs le chapitre le plus fondamental et le plus métaphysique et les deux philosophies se rejoignent dans leurs thèses essentielles, malgré l'évidente divergence de leur esprit et de leur point de vue.

°423) C'est ce qui a conduit certains auteurs à minimiser la valeur rationnelle du système de saint Augustin, par exemple BRÉHIER, (Hist. de la Phil., I, p. 512-515) qui ne lui consacre que quelques pages.

°424) En particulier sur la question de l'origine des âmes: §169.

°425) Sur l'importance des écoles pour la scolastique, cf. §199.

°426) Ces traits communs, historiquement constatés, ont conduit M. de Wulf à donner un sens doctrinal au terme «scolastique»: elle serait un système de philosophie complet enseigné par l'ensemble des penseurs du Moyen Âge latin occidental (cf. Hist. de la Phil. méd., Introduct.). La principale difficulté contre cette opinion est qu'on rencontre parmi ces penseurs, non pas UN, mais PLUSIEURS systèmes complets et irréductibles. An fond, la «scolastique» ne signifie rien d'autre que la «philosophie chrétienne» du Moyen Âge; et nous donnerons aux deux expressions un sens simplement historique; cf. §244.

°427) Elle eut comme précurseur saint JEAN DAMASCÈNE (décédé en 750) dont l'oeuvre maîtresse, πηγὴ γνώσεος, fut utilisée par Pierre Lombard (§227). Cf. F. CAYRÉ, Précis de Patrol., II, p. 322-336; nouv. édition, p. 244.

°428) Par exemple, la fin du De anima et la psychologie de l'âme spirituelle: cf. §84-86.

°429) Saint Thomas a commenté ce livre en le restituant à Proclus: cf. §225.

°430) Plusieurs sectes se constituèrent, discutant sur les attributs de Dieu et sur le fatalisme, insinué, sinon enseigné par le Coran; la plus puissante fut celle des Motazélites, rationalistes et défenseurs de la liberté.

°431) J. DE BOER, Zu Kindi und seiner Schule, Archiv für Geschichte der Philosophie, t. XII, 1900.

°432) STEINSCHNEIDER, Alfarabi, des arabischen Philosophen Leben und Schriften, (Mém. acad. impér. science, Pétersbourg, 7e sér., t. XIII, 4, 1869).

°433) Interprétation possible d'Aristote: cf. §85.

°434) GILSON, Esprit de la philosophie médiévale, I, p. 185.

°435) CARRA DE VAUX, Gazali, Paris, 1903, (col. les Grands Phil.).
GAZALI, Destructions des Philosophes, trad. CARRA DE VAUX, Louvain, Museion, 1903 seq.

°436) GAZALI [°435], p. 49.

°437) Selon VAN STEENBERGHEN, Averroès enseignerait la causalité créatrice de Dieu; mais Dieu ne connait pas le monde. (Cf. Siger de Brabant d'après les doc. inédits, II, p. 376).

°438) Cf. DE WULF, Hist. de la phil. méd., 6e éd., p. 308.

°439) Cette théorie devint célèbre sous le nom de «théorie des deux vérités»; cf. §249.

°440) Admises par les augustiniens qui attribuaient le «Fons Vitae» à saint Augustin, elles furent combattues par saint Thomas; cf. §232bis §250.

°441) On dit aussi «Guide des Perplexes»; ou aussi, mais à tort: «des Égarés».

°442) Ia p., q. 13, a. 2.

°443) Ia-IIa, q. 98-105.

°444) GONZALÈS, Hist. de la Phil., II, p. 97.

°445) Cf. F. CAYRÉ, Précis de Patr., II, p. 254-263; nouv. édit., p. 109-118.

°446) Cf. F. CAYRÉ, Précis de Patr., II, p. 268-272; nouv. édit., p. 122-126.

°447) Cf. F. CAYRÉ, Précis de Patr., II, p. 230-242; nouv. édit., p. 84-103.

°448) Cf. F. CAYRÉ, Précis de Patr., II, p. 217-221; nouv. édit., p. 71-75.

°449) Il cite textuellement (dans De div. nom. 18-35), un passage du traité sur l'existence du mal, de Proclus: cf. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, p. 90.

°450) Théol. myst., ch. I, n. 1. Cf. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, p. 87; nouv. édit., p. 186.

°451) F. CAYRÉ, Précis de Pat., II, p. 214; nouv. édit., p. 68.

°452) De cons. phil., liv. III, Prose 2.

°453) De cons. phil., liv. V, Prose 6.

°454) Liber de persona et de duabus naturis, contra Eutychen et Nestorium, ch. III.

°455) Antérieure au Moyen Âge, cette classification fut vulgarisée par Boèce, Cassiodore et Alcuin. Cf. DE WULF, Hist. de la Phil. méd., 6e éd., I, p. 59.

°456) On connaissait seulement de Platon, des extraits du Timée, et quelques commentaires néoplatoniciens de Porphyre, Thémistius, Alexandre d'Aphrodisias: cf. DE WULF, Hist. de la Phil. méd., 6e éd., I, p. 64-72. Le grand travail de traduction eut lieu au XIIe siècle; cf. §232.

°457) Il écrivit De institutione clericorum (MIGNE, t, CVII) où il préconise les arts libéraux; et De rerum naturis, encyclopédie du Moyen Âge. Pour lui, les universaux sont «nuda intellecta».

°458) F. CAYRÉ, Précis de Patr., II, p. 377.

°459) De divis. natura, I, 15.

°460) De divis. natura, III, 23.

°461) De divis. natura, I, 12.

°462) De divis. natura, III, 17.

°463) De divis. natura, I, 75.

°464) Le «sensus interior» correspond à la raison abstractive d'Aristote et de saint Thomas.

°465) C'est amoindrir la personnalité de Scot que de lui enlever le titre de philosophe. Cf. DE WULF, Hist. de la Phil. méd., 6e éd., I, p. 136.

°466) F. VERNET, Bérenger de Tours, dans D. T. C., col. 722-742. - F. CAYRÉ, Précis de Patr., II, p. 383-4; nouv. édit., p. 323-325. Bérenger ramenait toute la connaissance à l'expérience sensible qui saisit indivisiblement la substance et l'accident, entre lesquels, par conséquent, il ne voyait qu'une distinction de raison. Appliquée à l'Eucharistie, la théorie aboutissait à la négation de la présence réelle.

°467) DE WULF, Hist. de la Phil. méd., (6e éd.), I, p. 141.

°468) J. LEFLON, Gerbert, 1946; p. 58.

°469) J. LEFLON, Gerbert, 1946; p. 235.

°470) DE WULF, Hist. de la Phil. méd. (6e éd.), p. 144.

°471) Il a écrit un traité De peccato originali: cf. MIGNE, Pat. lat., t. CLX, Col. 1071-1102. - DE WULF, Hist. phil. méd., (6e éd.), I, p. 152-153.

°472) Oeuvres, Fragments, dans MIGNE, Pat. lat., t. 163. - G. LEFÈVRE, Les variations de G. de Champeaux et la question des universaux, Lille, 1898. (Publie les Sententiae vel quaestiones, 47.)

°473) Cet Anselme est l'auteur de la première Somme théologique connue au Moyen Âge; Cf. DE WULF, Hist. phil. méd., (6e éd.), I, p. 247-8.

°474) Traité anon. De gen. et spec., Cf. DE WULF, Hist. phil. méd., (6e éd.), I, p. 177, note 2.

°475) Sententiae, éd. Lefèvre, p. 24; d'après ce texte, Lefèvre parle d'une troisième théorie de G. de Champeaux, celle de la similitude: mais elle ne semble pas se distinguer de la théorie de l'indifférence.

°476) Cette «unique nature» reste encore, ici, un concept vague et obscur, parce qu'elle semble posséder des attributs contradictoires: elle est à la fois multipliée dans les individus, puisqu'elle est réelle; et non multipliée, puisqu'elle est universelle.

°477) C'est-à-dire en dehors de la définition de la nature abstraite, mais pouvant appartenir à la substance concrète.

°478) C'est-à-dire en dehors de toute substance, même concrète, comme la blancheur dans l'homme.

°479) A. CLERVAL, Les écoles de Chartres au Moyen Âge du Ve au XVe siècle, Paris, 1895. J.M. PARENT, La doctrine de la création dans l'École de Chartres, Étude et textes, Paris, 1938.

°480) JEAN DE SALISBURY, Métal., IV, 35.

°481) Edité par W. JANSSEN, dans Der Kommentar des Clarenbaldus von Arras su Boethius (De Trinitate), Breslau, 1926. Clarembaud est un disciple de Thierry de Chartres; cf. DE WULF, op. Cit., p.:86 et 181. Le même réédite des extraits du De sex dierum operibus.

°482) De sex dier., éd. Janssen, p. 108.

°483) M. de Wulf innocente les chartrains de tout panthéisme: il explique les expressions «troublantes» par le vocabulaire de Boèce pour lequel «esse» signifie «essence» et non «existence»: «Il ne s'agit donc que du rapport d'exemplarisme qui établit la gradation entre les essences limitées et Dieu». (Hist. phil. méd., I, p. 184.)

°484) M. DE WULF, Hist. phil. médiév., I, p. 181 et p. 185. Ces réalités créées ressemblent fort au monde des Idées séparées de Platon; cf. plus haut, §41-43, et critique, §46.

°485) In Boet. De Trin., éd. Migne, col. 1374.

°486) Il écrivit une Philosophia (MIGNE, t. XC, col. 1127-78; t. CLXXII, col. 39-102) et un Comm. du Timée (Fragments dans COUSIN, Ouvrages inédits d'Abélard, Paris, 1836, p. 669-77).
H. FLATTEN, Die Philosophie des Wilhelm von Conches, Coblence, 1929.

°487) Oeuvres, MIGNE, t. CXCIX. Entheticus, par Petersen, 1843. Ed. crit. du Polticraticus, par J. WEBB, 2 vol., Oxford, 1909; du Métalogicon, Oxford, 1929; de l'Hist. pontific. par POOLE, Oxford, 1927.
L. DENIS, La question des universaux d'après J. de Sal., Rev. des sc. phil. et th., 1927, p. 425-34.

°488) Ainsi appelé parce que son école était près du Petit Pont de la Seine: «On y discutait si le porc conduit au marché est tenu par la corde ou par celui qui le conduit» (DE WULF, Hist. phil. méd., I, p. 216); ces discussions stériles ne sont que la contrefaçon de la scolastique.

°489) Ed. BARACH et WROBEL, Innsbruck, 1876. Cf. GILSON, La cosmogonie de Bern. Silvest. (Arch. d'hist. lit. et doct. du Moyen Âge, 1928, p. 5-24).

°490) C. CAPELLE, Autour du décret de 1210: III. Amaury de Bène. Étude sur son panthéisme formel, Paris, 1932. (Bibl. thom., XVI.)

°491) Ia p., q. 3, a. 8.

°492) Cf. F. CAYRÉ, Précis de Pat., II, p. 687 et 475.
P. FOURNIER, Étude sur Joachin de Flore, Paris, 1909.

°493) G. THÉRY, Autour du décret de 1210. I. David de Dinant. Étude sur son panthéisme matérialiste, Paris, 2925. (Bibl. thom., VI.)

°494) Ia P., q. 3, a. 8; ALB. MAGNUS, Sum. theol., I, tr. IV, q. XX; Cf. DE WULF, Hist. phil. méd., (6e éd.), I, p. 244.

°495) La même condamnation frappait un certain Maurice d'Espagne en qui Mandonnet (Siger de Brabant, 2e éd., I, p. 17) reconnaît Averroès; cf. Da WULF, Hist. phil. méd., (6e éd.), I, p. 245.

°496) F. PICAVET, Roscelin, philosophe et théologien d'après la légende et d'après l'histoire, 2e éd., Paris, 1911. De Roscelin, on a conservé seulement une Lettre à Abélard: cf. MIGNE, Pat. lat., t. CLXVIII, col. 357.

°497) OTHON DE FREISING, Gesta Frederici imper., I, 47.

°498) En d'autres termes, Abélard, en plus du mot (vox), reconnaît le «nomen» (ou sermo), c'est-à-dire, «un discours mis en rapport avec un contenu signifié, une réalité pensée»: en ce sens, J. de Salisbury l'appelle le fondateur de la «secta nominalis»; mais ce nominalisme est plutôt un «conceptualisme»; Cf. DE WULF, Hist. phil. méd., I, p. 202.

°499) Dialect., éd. Geyer, p. 26.

°500) Cependant, «la tendance actuelle des historiens est plutôt à la réhabilitation d'Abélard», dit M. de Wulf, (Hist. phil. méd., I, p. 209).

°501) Cousin l'a édité parmi les oeuvres d'Abélard.

°502) Voir une analyse de ces oeuvres dans F. CAYRÉ, Précis de Pat., II, p. 394-400.

°503) Dans cet ordre, le Cur Deus homo «est une des oeuvres les mieux pensées qu'ait laissées la spéculation chrétienne». (CAYRÉ, Précis de Pat., II, p. 398.)

°504) Prosl., I. Cf. le sous-titre du Prosl.: «Fides quaerens intellectum».

°505) Cf. DOMET DE VORGES, Saint Anselme, p. 135. M. de Wulf trouve exagérée cette explication et préfère la seconde: cf. Hist. phil. méd., I, p. 173, note 17.

°506) Médit., 19.

°507) «Veritatem rerum esse rectitudinem»: De verit., 7.

°508) De verit., 12.

°509) «Justitia est rectitudo voluntatis propter se servata»: De verit., 12.

°510) Monol., 47: On reconnaît ici la doctrine augustinienne de l'illumination: cf. §165-167.

°511) De libero arbit., 3.

°512) Kant l'appelle «ontologique» par opposition aux preuves cosmologiques, basées sur l'expérience. Cf. Spicilegium Beccense, I, Congrès intern. du IXe Centenaire de l'arrivée d'Anselme au Bec, Paris, Vrin. 1059: L'argument est étudié p. 185-312.

°513) «Dixit insipiens in corde suo: Non est Deus». [Ps 13:1].

°514) Prosl., 2. Cf. DOMET DE VORGES, Saint Anselme, p 270-272.

°515) «Omnia possunt cogitari non esse, praeter id quod summe est»; (Lib. apol., 4).

°516) «Dato quod quilibet intelligat hoc nomine Deus significari "illud quo majus cogitari non potest", non tamen sequitur quod intelligat id quod significatur per nomen esse in rerum natura, sed in apprehensione intellectus tantum. Nec potest argui quod sit in re, nisi daretur quod sit in re aliquid quo majus cogitari non potest». Ia, q. 2, a. 1, ad 2.

°517) «Quae in unoquoque melior est ipsa quam non ipsa» (Monol., c. t5). C'est l'importante distinction, clairement enseignée pour la première fois, entre perfection MIXTE et perfection PURE, permettant de préciser la valeur de notre connaissance de Dieu.

°518) Ainsi la bonté est commune aux trois personnes (ainsi que les oeuvres ad extra comme la création); mais la paternité est propre à la première Personne.

°519) Mot de Gauthier de S. Victor, successeur de Richard; Cf. DE WULF, Hist. phil. méd., I, p. 258. F. CAYRÉ, Patrol., nouv., édit., t. II, p. 401.

°520) Les débuts de l'Université d'Oxford remontent au premier quart du XIIIe siècle, mais l'organisation définitive ne lui fut donnée qu'en 1258. Vers le même temps se fonda aussi en Angleterre l'Université de Cambridge qui resta moins importante.

°521) En un autre sens, c'est la théologie qui tient la première place, car les «arts» ne sont qu'une étape conduisant aux cours supérieurs et la «philosophie qui est le couronnement des arts, n'est qu'une servante de cette reine qu'est la théologie». (F. CAYRÉ, Pr. de Patr., II, p. 466.)

°522) DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 10.

°523) Telle fut l'origine des innombrables Commentaires scolastiques sur la Bible et les Sentences de P. Lombard.

°524) On distinguait deux formes principales: la dispute ordinaire sur un sujet choisi par le maître; et la dispute «de quolibet»: nous en parlerons à propos de saint Thomas; cf. §239-241.

°525) Les grands philosophes scolastiques, sauf de rares exceptions, comme Siger de Brabant [§247], sont aussi des théologiens.

°526) Les constitutions de 1228 le permirent à titre d'exception; peu à peu l'exception devint le régime normal; (cf. CAYRÉ, Pr. de Patrol., II, p. 481).

°527) Compilateur éclectique, Gundisalvi est à la fois docile à l'aristotélisme et au néoplatonisme arabe... On connaît de lui 5 traités: De divisione Philosophiae; De immortalitate animae; De processione mundi; De unitate; De anima (M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 63).

°528) Sur tous ces traducteurs et les suivants, cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 25-58, avec une très riche bibliographie.

°529) M. DE WULF, Hist. phil. méd., 4e éd., p. 293; il ajoute pourtant dans la 6e éd., qu'«on y relève des méprises» (II, p. 50).

°530) On peut en effet distinguer trois étapes dans la Renaissance: la Renaissance juridique où le droit romain est repris comme base des nouvelles sociétés issues des invasions barbares, au XIe-XIIe siècle; - la Renaissance doctrinale du XIIIe siècle dont nous parlons; - la Renaissance littéraire au XVIe siècle qui s'assimile les conceptions des anciens dans les diverses formes d'art. C'est à cette dernière étape qu'on réserve souvent l'appellation de Renaissance; cf. plus bas, §311.

°531) Les scolastiques appelèrent ainsi Aristote, le philosophe par excellence.

°532) Comme la principale source où les maîtres de ce temps puisaient leur doctrine était S. Augustin, il se forma un grand courant d'«augustinisme» avant tout théologique, mais charriant aussi des éléments de philosophie néoplatonicienne qui traverse tout le XIIIe siècle et fut le principal foyer de résistance à l'influence d'Aristote (cf. plus bas, §250).

°533) Paris était alors le centre de la culture philosophique et théologique et l'évolution des doctrines qu'on y observe est le fidèle reflet de celle de toute la chrétienté latine. Cf. VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, 2 vol., 1931-1942, Louvain. Cet ouvrage capital a renouvelé la question et mis au point les conclusions de Mandonnet.

°534) Ni la Logique, ni l'Éthique d'Aristote ne furent jamais prohibées.

°535) La prohibition en effet ne concernait que Paris, si bien qu'en 1229, les maîtres de Toulouse, pour attirer les élèves, se vantent de pouvoir enseigner tout Aristote.

°536) La bulle d'Urbain IV (19 janvier 1263) qui, en confirmant les statuts de Paris, maintient les prohibitions de Grégoire IX, ne semble pas avoir de signification historique spéciale: la formule est gardée, mais l'autorité ecclésiastique n'en urge nullement l'application. Cf. VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 491.

°537) Averroès n'est guère connu à Paris avant 1230; Cf. VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 410-412.

°538) Cf. textes dans P. MANDONNET, Siger de Brabant et l'averroïsme latin, 2e éd., I, p. 153-154.

°539) En théologie, ils rejoignent le grand courant augustinien dont nous parlons plus loin, au §250.

°540) Beaucoup d'historiens, à la suite de Mandonnet, parlent à leur sujet d'«augustinisme préthomiste». Mais M. Van Steenberghen a démontré qu'«au plan philosophique, l'augustinisme est inexistant dans la première moitié du XIIIe siècle»; (cf. Siger de Brabant d'après ses oeuvres inéd., t. II, p. 442). Nous réserverons donc l'appellation d'«augustinisme» au courant théologique; cf. plus bas, §250.

°541) Dans le sens philosophique indiqué plus haut, §120.

°542) Cette thèse en particulier sera une occasion d'opposition au thomisme dans la période suivante; cf. plus bas, §250.

°543) Les uns, comme Guillaume d'Auvergne, enseignent que les puissances sont réellement identiques à l'âme, et leur diversité exprime seulement les divers rôles que cette âme peut jouer; (cf. FOREST, La structure métaph. du concret , p. 260); d'autres, comme Alexandre de Halès et saint Bonaventure, enseignent qu'elles sont distinctes sans être des accidents (cf. §277).

°544) Cf. HERTZ, Les rapports entre la phil. et la Foi, p. 93.

°545) Sur ces deux auteurs, cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 70-74.

°546) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 85-88.

°547) Sur Guillaume d'Auvergne, cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 74-83.

°548) M. H. LAURENT, Le Bienheureux Innocent V (Pierre de Tarentaise) et son temps, Rome, 1947.

°549) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 202.

°550) Sur ces deux auteurs, cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 104-111.

°551) Elles furent écrites et publiées de 1245 à 1257 selon Mandonnet (Siger de Brabant, I, p. 61) ou selon Pelster, terminées vers 1270: cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p.131.

°552) Il s'agit des 15 propositions averroïstes dont 13 furent condamnées en 1272: cf. §250.

°553) Un extrait de ce Comm. attribué à tort à saint Thomas, forme l'opuscule De pulchro.

°554) Phys., Livre 1, tr. I, ch. 1.

°555) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 132.

°556) Par exemple, il corrige Aristote, qui prétend que l'anguille se nourrit de vase: «J'ai vu comment elle dévorait une grenouille, des vers, des morceaux de chair de poisson et comment on pouvait la pêcher à la ligne avec des appâts de cette espèce». (GARREAU, S. Albert le Grand, p. 206.)

°557) Ce fut seulement au XXe siècle par un acte de Pie XI (16 déc. 1931) qu'Albert fut canonisé et reçut le titre de Docteur de l'Église.

°558) À l'occasion de cet exposé, nous parlerons de plusieurs auteurs secondaires, augustiniens et averroïstes.

°559) Il est né «avant le q Mars 1225, soit au début de cette année, soit à la fin de 1224». (CAYRÉ, Pr. de Patrol., II, p. 527): c'est la date défendue par Mandonnet, Rev. thom., 1914, p. 652-662.

°560) Cf. §233. D'après le P. Mandonnet, Albert était à Paris depuis 1240 et de 1243 à 1248, il y enseigne comme «Magister actu regens»: cf. Rev. thomiste, t. XXX, p. 497-523.

°561) SJJ: Attention, de nos jours, le Baptême est souvent perçu comme une simple aspersion involontaire et superficielle avec un peu d'eau, sans transformation et regénération profonde et bénéfique. Alors cette expression métaphorique n'a pas la même connotation pour tous les lecteurs. Bien sûr, Thonnard prend cette métaphore dans le sens fort, libérant et positif.

°562) En 1250, il refusa la dignité d'Abbé du Mont Cassin, puis l'évêché de Naples que lui offrit le Pape sur la demande de ses parents.

°563) GUIL. DE TOCCO, Vita S. Thomae, ch. III, (Boll., p. 661, N° 15).

°564) Éd. par BRUNETEAU, intr. et notes, 1914.
Éd. critique et Comment. par ROLLAND-GOSSELIN, (Bib. thom. vin), Kain, 1926. Dans les éd. compl., op. 26 (2e sér., cf. sur ce point, F. CAYRÉ, Pr. de Patr., II, p. 546). Le De Ente fut écrit vers 1252, ou, selon d'autres, en 1256. Il jouit d'une grande estime dans l'école; Cajetan en écrivit en 1491, un célèbre Commentaire, à la fois pour bien saisir la pensée du maître et pour la défendre contre les scotistes: cf. S. Thomae opusculum De Ente et essentia, commentariis Cajetani illustratum (avec De nominum analogia de Cajetan), éd. De Maria, Rome, 1907.

°565) Voir l'analyse de cet ouvrage dans F. CAYRÉ, Pr. de Patr., II, p. 539-540.

°566) P. MANDONNET, Rev. sc. phil. et théol., 1927, p. 13. Cette fréquence était motivée par les grèves des maîtres séculiers: cf. plus bas, §241. Les «disputes ordinaires» se tinrent ensuite tous les 15 jours.

°567) L'âme humaine, (p. 279 et passim.)

°568) Saint Thomas en rédigea, dès 1256, une 1re édition en quelques jours, au chapitre d'Anagni où il avait été appelé pour défendre les religieux devant le Pape Alexandre IV (1254-1261) contre Guil. de Saint-Amour qui intriguait, non sans succès, à la cour pontificale. Mais l'ouvrage ne fut mis au point qu'en 1257.

°569) D'où leur nom: «Disputatio de quolibet» ou «quodlibet».

°570) Cf. MANDONNET, S. Thomas créateur du «Quodlibet», (Rev. sc. phil. et théol., 1926, p. 477-506; et 1927, p. 5-38). Selon cet auteur, tous les quodlibets furent tenus à Paris, savoir: durant le 1er séjour (1256-1259) les quodlib. 7-11; durant le 2e séjour, (1269-1272) les quodl. 1-6 et 12. Cf. aussi CAYRÉ, Pr. de Patr., II, p. 545.

°571) D'après Mandonnet (loc. cit. °570), le doctorat de saint Thomas est du début de 1256: il enseigna comme Magister actu regens de 1256 à 1259; le Comment. des Sentences (1255-57) durait 2 années, la 3e du baccalauréat et la 1re du doctorat.

°572) Clément IV résidait à Viterbe; mais sur la demande de Charles d'Anjou, roi des Deux-Siciles, il envoya saint Thomas enseigner 2 ans à Rome (1265-67); cf. F. J. THONNARD, Saint Thomas, p. 88.

°573) Par exemple, In VIII Physicorum, lec. 2, où il réfute les raisons d'Aristote en faveur de l'éternité du monde, (cf. plus haut, §79); et In XII Metaph., lec. 12, où, après avoir clairement exposé le texte d'Aristote démontrant que Dieu ne connaît que soi-même et pas le monde, il le corrige en montrant que «Deus cognoscendo seipsum, omnia cognoscit»; (cf. plus haut, §93).

°574) Les traités De articulis fidei et sacramentis et De rationibus fidei (cont. Graecos, Armenos et Saracenos), écrits à la même époque, ont le même objet.

°575) On en trouve les éléments, non seulement dans la «Somme contre les Gentils», mais en divers opuscules et dans la «Somme théologique», au traité de la Foi (Ia-IIae, q. 1-16) où sont examinés les rapports entre la foi et les motifs de crédibilité.

°576) Voir une analyse plus complète dans F. CAYRÉ, Pr. de Patr., II, p. 551-566; nouv. éd., p. 519-530.

°577) Ce sont les doctrines où l'effort de la philosophie païenne avait échoué: cf. §141.

°578) «Philosophie chrétienne» exprime ainsi une double connexion entre Foi et raison: 1) subjective, dans l'esprit du philosophe chrétien éclairé de lumières surnaturelles pour mieux voir les vérités naturelles; 2) objective, dans les thèses propres à la philosophie chrétienne qui approfondit de préférence les doctrines de métaphysique, de théodicée, de psychologie et de morale contenues dans la Révélation. Cf. MARITAIN, [b49].

°579) Quoi qu'il en soit de la notion spéculative qui restera toujours assez imprécise, l'existence de «philosophies chrétiennes» au sens indiqué, est un fait incontestable dont notre histoire devait tenir compte.

°580) Tel est le sens défendu par Blondel, [b49].

°581) Pour les trois textes, cf. In Boetium De Trinitate, q. II, a. 3.

°582) La Somme contre les Gentils réalise spécialement le 3e rôle, et aussi le premier; la Somme théologique, à son tour, réalise parfaitement le 2e et le 3e rôle, avec ses 3113 articles dont chacun répond à plusieurs objections (de 2 à 6).

°583) Certainement authentique jusqu'au milieu du livre 2; le reste fut rédigé, semble-t-il, à l'aide de matériaux rassemblés par saint Thomas, par Barthélemy (ou Ptolémée) de Lucques (1245-1327).

°584) Cf. IIa-IIae, q. 78: si l'argent, dit saint Thomas, ne rapporte rien à l'emprunteur, celui-ci ne doit rien rendre de plus à son propriétaire: car l'assistance mutuelle est un devoir essentiel de la sociabilité. Il ne faudrait pas d'ailleurs appliquer telle quelle cette solution aux conditions économiques actuelles, très différentes du Moyen Âge. Voir Précis de philosophie, §1289, etc.

°585) Sur tous ces Commentaires, cf. F. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, p. 548-551.

°586) Saint Matthieu date de 1261-62; les trois autres de 1265-67.

°587) Ce fut pour remplacer un maître malade que saint Thomas reçut brusquement, en novembre 1268, l'ordre de se rendre à Paris (où il arriva en janvier 1269); mais les supérieurs 1'y maintinrent trois ans à cause de la gravité des circonstances.

°588) Gérard d'Abbeville mourut en 1271 et Guillaume de Saint-Amour, en 1272.

°589) Ce problème préoccupait les philosophes chrétiens depuis quelque temps déjà; c'est ainsi que la pape Urbain IV avait dès 1256 demandé à S. Albert le Grand de l'élucider devant les cardinaux de la curie pontificale. Mais l'opuscule De unitate intellectus contra Averroem, fruit de cette conférence, ne fait pas encore allusion à une erreur actuellement enseignée dans les écoles où l'averroïsme ne surgit que 10 ans plus tard.

°590) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 185-186.

°591) Ils furent associés à Siger dans la condamnation de 1277.

°592) VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 551-564.

°593) VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 600.

°594) VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 610.

°595) «Aujourd'hui, disait S. Thomas, une vieille femme (vetula) parmi les chrétiens en sait plus long sur Dieu et sur l'âme que tous les philosophes païens réunis».

°596) Il reprend ces preuves dans la Somme, Ia, q. 76, a. 2.

°597) Dans la première partie de la Somme (q. 79, a. 5), écrite en Italie, il avait démontré que chaque homme possède son intellect agent; il ne se retracte pas ici, mais il ménage l'opinion de certains augustiniens, comme Roger Bacon, identifiant l'Intellect agent avec Dieu.

°598) Cette théorie était effectivement défendue par Averroès qui admettait même trois vérités indépendantes; cf. plus haut, §191.

°599) Le Père Mandonnet considérait cet opuscule comme un manifeste auquel S. Thomas aurait répondu par son De unitate intellectus. Les historiens ont démontré au contraire qu'il était la réponse à l'opuscule thomiste paru le premier. Cf. VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 552-554.

°600) Le 10e est perdu ou n'a pas été écrit.

°601) De anima intel., ch. III.

°602) Une meilleure connaissance des oeuvres de Siger permet ici de corriger le jugement du Père Mandonnet (Sigier de Brab., I, p. 179) qui considérait ces affirmations comme des formules sans valeur.

°603) VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 693.

°604) VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 695.

°605) Cf. Quaestiones in III De anima; VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 657-661.

°606) Cf. F. CAYRE, Précis de Patr., II, p. 353. «S'il n'y a pas un augustinisme au sens strict, soit de système général complet, soit de corps doctrinal philosophique, il y a un augustinisme large consistant dans l'esprit théologique de S. Augustin et de ses disciples... Cet esprit s'appuie sur les grandes thèses familières à S. Augustin, qu'elles lui viennent du platonisme ou d'une influence chrétienne:

1. rôle fondamental de l'idée de Dieu dans toute la spéculation, philosophique aussi bien que théologique;
2. doctrine exemplariste, permettant de remonter à Dieu par les créatures dont il est l'éternel exemplaire;
3. droits de Dieu toujours affirmés dans le gouvernement providentiel des créatures;
4. mysticisme ou insistance sur la possibilité pour l'homme d'atteindre ici-bas par la sagesse à une union affective qui comporte une certaine vision de Dieu;
5. moralisme décidé, affirmant pour l'homme l'obligation d'agir avec la grâce jusqu'à la totale soumission à celle-ci».

°607) Les deux dernières propositions ne furent pas condamnées, on ne sait sous quelle influence.

°608) «Le maître gantois n'est ni thomiste, ni augustinien, mais un penseur éclectique et personnel» dit M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 303.

°609) Sur ces deux auteurs, cf. Hist. phil. méd., II, p. 293-303.

°610) Vaste composition, divisée en 23 parties, écrite pour l'éducation privée du prince Gui de Hainaut; cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 305-308.

°611) Plusieurs d'augustiniens distinguaient les deux sciences, mais insistaient sur le rôle de servante imposé à la philosophie; et ils tendaient à lui refuser le titre de «science parfaite» que lui reconnaissait S. Thomas.

°612) Les augustiniens accepteront en effet sans difficulté le canon du Concile de Vienne en Dauphiné (1311) ainsi conçu: «Quod si quisquam deinceps asserere, defendere seu tenere pertinaciter praesumpserit, quod anima rationalis seu intellectiva non sit forma corporis humani per se et essentialiter, tamquam hereticus sit censendus». Cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 238; (4e éd., p. 386) et plus bas, §282.

°613) Edition spéciale par Hedde, avec Introd. et notes, Paris, 1902.

°614) Selon Van Steenberghen, les questions De spiritualibus creaturis sont de fin 1268, et celles Da anima, du début de 1269 (Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 541 et 543).

°615) VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 541 et 548-550.

°616) Ces questions regardaient, en particulier, la théorie astronomique des sphères célestes, dont les averroïstes, après les arabes, faisaient si grand cas (cf. plus haut, §77 et §93, §184 et §249). Aristote enseignait que les sphères étaient mues par des Intelligences ou formes séparées, que les interprètes chrétiens identifiaient avec les anges; aussi demandait-on: «An angeli sint motores corporum caelestium» (art. 3). Les mêmes questions reviennent dans un opuscule de la même époque (1271): «Responsio ad lectorem Venetum de articulis XXXVI»; S. Thomas y déclare: «Mihi videtur quod demonstrative probari possit, quod ab aliquo intellectu corpora calestia moveantur, vel a Deo immediate, vel mediantibus angelis, sed quod mediantibus angelis ea moveat, magis congruit rerum ordini» (art. 2). Réponse pleine de sagesse qui ne semble pas surestimer la valeur de ces théories.

°617) Saint Thomas y rassemble toute la doctrine autour des trois vertus théologales; il a traité seulement De fide et Spe.

°618) D'après P. Mandonnet. Cf. Revue august., novembre 1910, t. XVII, p. 610-623.

°619) Théonas, p. 138.

°620) Pourtant, P. Duhem a écrit du thomisme: «La vaste composition.., se montre à nous comme une marqueterie où se juxtaposent, nettement reconnaissables et distinctes les unes des autres, une multitude de pièces empruntées à toutes les philosophies du paganisme hellénique, du christianisme patristique, de l'islamisme et du judaïsme» (Le système du monde, t. V, p. 589); cf. Dict. apol. art. Thomisme, col. 1694; A. d'Alès ajoute: «Ce jugement trahit quelque précipitation. La vérité apparaît autre si, au lieu de s'en tenir à l'inventaire des sources, on prend la peine d'éprouver la trame du développement. On constate aussitôt que saint Thomas transforme tout ce qu'il touche». (Ibid.)

°621) Cf. Opusc. Contra errores graecorum, prolog.

°622) In lib. II De caelo et mundo, lect. 17. Remarque semblable dans la Somme: Ia, q. 32, a. 1, ad 2.

°623) Cf. Resp. de art. XXXVI; plus haut, §250.

°624) Telle sera la méthode de Descartes: cf. plus bas, §323.

°625) In lib. I Met., lectio I; Cf. P, MANDONNET, Sigier de Brabant, p. 145.

°626) Ia, q. 1, a. 8, ad 2.

°627) En s'appropriant ce principe, saint Thomas le repense et en transforme la portée; sa «vision du monde», son intuition fondamentale n'est plus physique, mais métaphysique (ce qui lui permet de corriger et d'achever le système aristotélicien). Mais c'est en se mettant au point de vue purement objectif de la vérité qu'il est conduit à cet aspect métaphysique où le réel est pleinement intelligible, soit parce qu'il est Dieu, soit parce qu'il est une participation de Dieu. Cette vue centrale du thomisme synthétise ainsi la participation platonicienne et le réalisme modéré d'Aristote. (Cf. FOREST, La structure mét. du concret, p. 321 et 324-328).

°628) Summa Contra Gentiles, lib. 2, cap. 98, n. 9.

°629) Ia, q. 4, a. 2., ad. 3.

°630) Cf. De ente et essentia, ch. 2, avec le Comment. de Cajetan, éd. De Maria, p. 7.

°631) Cf. In lib. III Met., lec. I. - La synthèse thomiste au point de vue critique a été faite par MARÉCHAL, Le point de départ de la métaphysique, cah. IV, Le thomisme en face de la philosophie critique. Louvain-Paris, 1926.

°632) Cf. ROUSSELOT, L'intellectualisme de saint Thomas.

°633) L'appellation vient des disciples de saint Thomas, mais la doctrine est très clairement établie par le Maître, par ex. Ia, q. 13 toute entière. Cf. PENIDO, Le rôle de l'analogie en théologie dogmatique (Bib. thomiste, XV), Paris, 1931.

°634) Cf. la belle synthèse de SERTILLANGES, Saint Thomas, 2 vol.

°635) Il s'agit des sens et de l'expérience externe.

°636) L'intuition au sens strict exige que la connaissance soit immédiate et qu'elle atteigne un objet réel en tant qu'existant actuellement: si l'une ou l'autre de ces deux conditions fait défaut, il n'y a qu'une intuition au sens large. Cf. plus bas, §540.

°637) Ce sera la théorie de Descartes. Cf. plus bas, §325-327.

°638) Dans l'âme séparée du corps, cette intuition du moi, (même quant à l'essence) devient l'objet propre et fondamental de l'activité intellectuelle. Cf. Ia, q. 87 (âme unie au corps) et 89 (âme séparée).

°639) Cette première étape, si on y ajoute la théorie du réalisme modéré, sans construire ex professo la science critériologique, comme fera le Cardinal Mercier, en contient déjà les éléments essentiels.

°640) En fait, on y arrive rarement comme l'indique la quatrième étape.

°641) Ia, q. 2, prol.

°642) Cf. Ia, q. 66, a. 3: exposant diverses opinions sur le «caelum empyreum»: «Hae rationes non sunt multum cogentes», dit-il.

°643) Ia, q. 13, a. 11.

°644) Théorie de la prémotion physique, ainsi appelée plus tard, surtout par opposition au molinisme (concours simultané). Cf. plus haut, la théorie augustinienne (§168).

°645) Saint Thomas n'a pas été le premier à défendre cette thèse de la distinction réelle entre essence et existence; mais il lui a donné en sa philosophie un rôle exceptionnel, dans l'explication des rapports entre Dieu et le monde: aussi l'a-t-on justement nommée la «vérité fondamentale de la philosophie chrétienne». - Cf. l'ouvrage de N. DEL PRADO: La Vérité fondamentale de la philosophie chrétienne.

°646) Sur l'origine du pouvoir selon saint Thomas, cf. plus haut, §245.

°647) SJJ: Malheureusement, le nouveau Code de droit canonique a presque envoyé saint Thomas d'Aquin aux oubliettes. Le Canon 252.3 ne parle que des cours de théologie des séminaristes, «ayant principalement saint Thomas pour maître». Et bien sûr, dans les facultés de théologie et de philosophie supposément catholiques, le docteur Angélique est vraiment rendu dans les oubliettes! Pas surprenant que l'Église soit si mal en point!
Voir aussi: Pourquoi saint Thomas d'Aquin? et Saint Thomas d'Aquin, Docteur commun de l'Église

°648) SJJ: Thonnard écrit ceci vers le milieu du XXe siècle. Lui et ses copains néo-thomistes (Maritain, Sertillanges, etc.) ont-ils réussi à «justifier et donner leur pleine valeur aux sciences nouvelles»? Selon moi, oui, mais on ne lit plus ce genre de livres, alors peu de gens le savent!

°649) Cf. Encyclique: «Studiorum ducem», de Pie XI, 29 Juin 1923.

°650) Outre les traductions dont nous avons parlé [§232] R. Grossetête est l'auteur d'un grand nombre d'opuscules traitant de questions physiques, psychologiques et métaphysiques. Son estime pour les mathématiques, «ses doctrines cosmographiques et astronomiques sur la formation de l'univers et sur le mouvement des planètes et des comètes; son projet de réforme du calendrier; ses travaux sur la perspective, les couleurs, l'arc-en-ciel, les marées, la chaleur, l'acoustique font de Robert un des plus remarquables hommes de science de son temps» (M. DE WULF, Hist. phil. méd., 6e éd., t. I, p. 89). En tout cela, Bacon s'inspire de son maître. Signalons aussi sa doctrine sur la lumière qu'il considère comme la première forme corporelle et dont il étudie les diverses activités qu'il appelle «species», comme le fera aussi Bacon.

°651) Ainsi, vers 1240, «R. Grossetête invite les théologiens d'Oxford à suivre dans leurs leçons l'ordre adopté à Paris» (M. DE WULF, Hist. phil. méd., 6e éd., t. I, p. 18).

°652) Il nous reste aussi quelques oeuvres de jeunesse: Comment. sur les Physiques et la Métaph. d'Aristote, et sus le Liber de causis, fruits de son enseignement comme Maître ès-arts.

°653) On a dit que Bacon fut condamné à l'incarcération (cf. Hist. phil. méd., 6e éd., t. I, p. 270). Cependant Delorme écrit: «L'emprisonnement de quatorze ans que d'aucuns lui font subir est une pure fable, puisqu'il ne repose sur rien» (Dict. th. cat., art. Bacon, col. 10).

°654) Par exemple, l'opuscule intitulé «Metaphysica de vitiis contractis in studio theologiae».

°655) Il aurait dû, semble-t-il, s'accorder sur ce point avec saint Albert le Grand; mais il lui reproche de n'avoir pas compris Aristote.

°656) Nous n'avons plus cette carte, mais il reste dans l'Opus majus les explications qu'en donnait Bacon.

°657) Dict. th, cathol., art. Bacon, col. 17.

°658) Tel est précisément le caractère de la philosophie moderne, si opposée d'esprit à la scolastique; cf. plus bas, §313.

°659) Cf. plus haut, §232bis et §250. C'est là peut-être une des causes de son opposition à l'école albertino-thomiste.

°660) Opus majus, 2e part.; édit. Brewer, III, p. 33.

°661) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 274.

°662) Opus tertium; édit. Brewer, p. 126.

°663) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 277. Cependant, CARTON (L'expér. mystique chez R. Bacon, p. 69), pense qu'il s'agit déjà d'une illumination spéciale.
SJJ: La citation de DE WULF est bizarre. «celle-ci ait une efficace»? Il faudrait vérifier dans le livre de De Wulf (C'est tel quel dans Thonnard).

°664) Ces illuminations sont d'ordre surnaturel, selon CARTON (cf. L'expérience myst. d'après R. Bacon, p. 35-39). - «Nous ne suivons pas Carton jusque là», dit DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 279, note 10.

°665) Opus majus, pars Ia, ch. VI, éd. Brewer, p. 168.

°666) «Il apporte, dit Delorme, un soin scrupuleux à éviter que sa physique se confonde avec la divination, sa chimie avec l'alchimie, son astronomie avec l'astrologie» " (Dict. th. cat., art. Bacon, col. 18.).

°667) Dict. th. cat., art. Bacon, col. 17. Les «species» sont pour Bacon comme pour R. Grossetête, les influences réciproques des corps et spécialement les influences lumineuses. Bacon n'admettait pas que la propagation de la lumière fût instantanée.

°668) BRÉHIER, Hist. de la Phil., I, p. 697.

°669) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 272.

°670) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 281.

°671) Cf. plus haut, §232bis et F. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, p. 494 (nouvelle éd. p. 449).

°672) Il fut reçu Docteur en 1253 et occupa la chaire franciscaine à Paris de 1253 à 1257; mais en cette dernière année, après la persécution des séculiers, il fut reçu une seconde fois Docteur, en même temps que saint Thomas. Cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 113.

°673) Voir dans F. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, p. 497-501; nouv. édit., p. 459-464, une analyse de toutes les oeuvres de saint Bonaventure.

°674) Cf. plus haut, §159. Saint Thomas accueille aussi les Idées exemplaires, mais sans leur donner la même importance et en distinguant leur causalité de la cause efficiente. Saint Bonaventure, comme saint Augustin, réunit dans l'Idée la causalité formelle extrinsèque (exemplaire) et la causalité efficiente (participation).

°675) Cf. plus bas, §279, comment nous avons l'intuition ou plus exactement la «contuition» de Dieu.

°676) Cette première voie que saint Bonaventure juge de fort peu de valeur en comparaison des deux autres, constitue au contraire la méthode propre de saint Thomas: les cinq voies (Ia, q. 2, a. 3) se fondent toutes sur les vestiges de Dieu.

°677) I Sent., dist. 3, Ia P., q. II, concl.

°678) Ce que saint Augustin appelle «mens» et Plotin «νοὖς».

°679) I Sent., dist. 8, Ia P., a. 1, q. II, concl.

°680) I Sent., dist. 8, Ia P., a. 2, q. I, concl.

°681) I Sent., dist. 39, q. I, fund. 2.

°682) I Sent., dist. 39, a. 1, q. IV, concl.

°683) Cette manière de voir semble due à l'influence du dogme de la Sainte Trinité où le Verbe de Dieu, Vérité subsistante et parfaite similitude du Père, est précisément le fruit de l'acte générateur du Père. Comme théologien, saint Bonaventure rattache la doctrine de l'exemplarisme à la deuxième Personne de la Sainte Trinité (Cf. BISSEN, L'exemplarisme div. selon s. Bonav., sect. B, p. 101 sq.).

°684) Saint Bonaventure affectionne cette image de la lumière pour exprimer la connaissance, spécialement l'intelligence; mais il ne faut pas, semble-t-il, y ajouter plus d'importance qu'à une métaphore.

°685) I Sent., dist. 31, IIa P., a. 1, q. I, ad 3.

°686) I Sent., dist. 39, a. un., q. II, ad 2.

°687) Brevil., Ia P., c. 8. Cette notion de «similitude hors du genre» s'éclaire en théorie thomiste par la distinction entre perfections pures qui sont en Dieu formaliter eminenter, grâce à leur analogie; et perfections mixtes, univoques, qui ne sont en Dieu que virtualiter eminenter. Ce qui fait difficulté, c'est que la similitude exigée par l'Idée est formelle en sorte que les Idées divines doivent exprimer chaque perfection créée univoquement. Mais si Dieu possède formellement ces perfections mixtes, c'est uniquement dans l'ordre de la connaissance, par l'intermédiaire de son essence . Saint Thomas l'explique par la notion d'imitabilité, Saint Bonaventure, par celle de similitude hors du genre.

°688) In Hexaëmeron, col. 12, n. 3.

°689) I Sent., dist. 27, P. II, a. un., q. 2, concl.

°690) Saint Thomas dans le De Verit., q. 3, a. 3, ad 3m, dit aussi: «Aliquid potest dici exemplar ex hoc quod ad ejus imitationem potest aliquid fieri, etiamsi numquam fiat». Mais dans la Somme, Ia, q. 15, a. 3, il réserve le terme d'«exemplar» à l'idée directrice de son action «secundum quod se habet ad omnia quae a Deo fiunt secundum aliquod tempus».

°691) I Sent., dist. 35, a. un., q. IV, concl.

°692) Saint Thomas au contraire, définissant la matière première comme une puissance pure incapable d'exister sans la forme, dira que Dieu n'a pas d'Idée spéciale de la matière seule, mais du composé; cf. De Verit., q. 3, a. 5, ad 7.

°693) II Sent., dist. 1, Ia P., q. II, concl.

°694) GILSON, La philos. au Moyen Âge, I, p. 155.

°695) Par cette thèse, saint Bonaventure prenait l'extrême opposé de l'averroïsme qui défendait la nécessité d'un monde éternel, tandis que saint Thomas, prenant une voie moyenne, établissait que l'éternité du monde n'est ni nécessaire, ni impossible. (cf. plus haut, §249-250). Le docteur angélique n'ignorait aucune des raisons invoquées par S. Bonaventure; il les examine explicitement et en donne la solution: cf. S. Theol., Ia, q. 46, a. 1 et 2; S. C. Gent., lib. II, c. 34 et 37; voir aussi SERTILLANGES, S. Thomas, I, p. 279-292.

°696) À savoir, pour saint Thomas, l'actualité de l'essence qui, par rapport à l'existence, joue le rôle de puissance et de cause matérielle; - et pour saint Bonaventure, l'actualité incomplète de la matière qui, par rapport à la forme, joue le même rôle de puissance et de cause matérielle.

°697) Saint Thomas, (Ia, q. 75, a. 6) reconnaît la valeur de cette preuve et se l'approprie.

°698) Telle est, en thomisme, la notion même des rapports entre puissance et acte; si saint Thomas est plus sobre dans l'application du principe, il n'en conteste pas la valeur.

°699) Ainsi, dans les êtres corporels, la passivité et la corruptibilité d'une part, l'activité d'autre part, exigent matière et forme.

°700) Il y a là une sorte de distinction intermédiaire entre la distinction réelle et celle de raison, qui fait prévoir la distinction «formelle (a parte rei)» de Duns Scot.

°701) GILSON, La phil. de saint Bonaventure, p. 332.

°702) Analyse du De Trinitate dont s'inspire saint Bonaventure.

°703) Cf. F. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, p. 508-9.

°704) C'est ce que saint Bonaventure appelle la «contuition» de Dieu: cf. §279.

°705) La lumière de la Foi qui affermit la raison philosophique, est elle-même achevée par la contemplation mystique.

°706) Cf. §165: l'illumination exclut l'innéisme.

°707) GILSON, La phil. de saint Bonaventure, p. 357.

°708) GILSON, La phil. de saint Bonaventure, p. 385.

°709) Cf. plus haut, §151. On peut rapprocher aussi la contuition de la connaissance indirecte du moi enseignée par saint Thomas. Dieu en effet est présent en chaque intellection «per contactum virtutis», par son action, sa prémotion physique toujours requise et qui est précisément l'illumination augustinienne. Ce «contact» permettrait, selon saint Bonaventure, de connaître Dieu en son âme, à la façon dont celle-ci se connaît soi-même dans la conscience par «simple réflexion» de forme intuitive.

°710) Saint Bonaventure appelle ces principes, comme Aristote et saint Thomas, la «syndérèse».

°711) De scientia Christi, q. IV, fund. 29.

°712) Cf. BISSEN, Exemplarisme divin selon saint Bonaventure, p. 284.

°713) Cf. In Hexaëm., col. 5 et 6.

°714) Cf. In Hexaëm., col. col. 5, N° 10.

°715) III Sent., dist. 23, a. 2, q. V, ad. 6

°716) Tel fut précisément le travail parfaitement accompli par le thomisme.

°717) Sur tous ces auteurs, cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 219-251.

°718) E. LONGPRÉ, Mathieu d'Aquasparta (Dict. théol. cat., col. 375-389).

°719) E. HOCÉDEZ, Richard de Midleton. Sa vie, ses oeuvres, sa doctrine, Louvain, 1925.

°720) F. CALLAEY, Olieu ou Olivi (Dict. théol. cat., col. 982-991).

°721) Cf. plus haut, §250; Olivi eut pour disciple PIERRE DE TRABIBUS (fin XIIIe siècle).

°722) Sur tous ces auteurs, cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 202-218.

°723) DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 282-292.

°724) DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 310.

°725) En ce sens du moins, selon de Wulf (Hist. phil. méd., II, p. 313), «que la raison montre aux contradicteurs de la Foi qu'ils ont tort de la rejeter».

°726) «Le fond de la philosophie de Lulle est l'augustinisme mis au service d'une apologétique» (de Wulf, Hist. phil. méd., II, p. 313).

°727) On en a contesté l'authenticité (cf. LONGPRÉ, La phil. du Bx. D. Scot), mais «des critiques récents tendent à les remettre en honneur», dit de Wulf (Hist. phil. méd., II, p. 334).

°728) Cette critique n'est donc pas destinée à détruire: «Duns Scot est un esprit éminemment constructeur», dit F. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, p. 643.

°729) On pourrait illustrer ces conséquences par les équations suivantes:

	Absolu	= qui se comprend par soi
			= a un mode d'être déterminé et fixe
			= univoque.

	Relatif	= qui se comprend par un autre
			= a un mode d'être variable, fonctionnel
			= analogue.

°730) La théorie des «formalitates», dit M. de Wulf, plonge dans le passé; on en trouve des traces, par exemple, chez Henri de Gand, même saint Bonaventure. L'originalité de Scot a été d'en faire «un des pivots» de son système. (Hist. phil. méd., II, p. 318-319.)

°731) L'univocité scotiste, dit Gilson, est la négation radicale du panthéisme. (Esprit de la phil. méd., II, p. 61.)

°732) Cette troisième haeccéité semble n'être que la réunion des deux précédentes.

°733) Il développe cette thèse, comme les autres scolastiques, à propos du mystère de l'Union Hypostatique: entre la nature humaine possédant sa personnalité créée, et celle de J.-C., la seule différence, selon lui, est que l'union au Verbe divin a enlevé à cette nature individuelle son «absence de dépendance».

°734) Ces critiques de Scot contre l'abstraction dépendent de sa thèse sur l'haeccéité et restent inefficaces contre la théorie thomiste bien comprise, selon laquelle l'intelligence connaît vraiment l'individuel, mais indirectement: «per quamdam reflexionem»: cf. Ia, q. 86, a. 1.

°735) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 346.

°736) «Potest colorari illa ratio», dit-il. (In Sent., t, d. 2, q. II.)

°737) De primo princ., ch. IV, 24; cf. DOMET DE VORGES, Saint Anselme, p. 296.

°738) P. RAYMOND, dans Dict. de théol. cath., art. Duns Scot, col. 1866, écrit : «Son nom est honoré d'un culte public et immémorial à Nole, en Hongrie, à Cologne, en Espagne, et les temps semblent proches où la cour romaine va daigner le sanctionner de sa haute autorité».

°739) Ajoutons que pour donner une appréciation complète, il ne faut pas oublier que Scot est avant tout théologien. «Sa philosophie, dit F. CAYRÉ, est toute ordonnée à la théologie, et celle-ci est remarquable non seulement par la synthèse particulière qu'elle présente, mais encore et surtout à cause du rôle historique tenu par ses défenseurs dans l'élaboration définitive de quelques doctrines importantes». (Pr. de Patr., II, p. 648.)

°740) «La philosophie du XIVe siècle est manifestement une étape vers la philosophie dite moderne qu'elle prépare et annonce». F. CAYRÉ, Pr. de Patr., II, p. 659, note 2.

°741) L'histoire de l'âne se laissant mourir entre deux bottes de foin de quantité et de qualité égales n'est pas dans les écrits de Buridan. «peut-être s'en est-il servi dans ses leçons orales, pour montrer la différence entre l'acte libre de l'homme et l'acte nécessité de la bête», à moins qu'elle n'ait été inventée par les contemporains, pour ridiculiser la théorie. DE WULF, Histoire de la philosophie médiévale, 4e éd., p. 527.

°742) SALEMBIER, Gerson (Dict. théol. Cat., col. 1313-1330). - F. CAYRÉ, Pr. de Patr., II, p. 682-684 et 704-706.

°743) Quelques-uns cependant furent infidèles au thomisme: ainsi DURAND DE SAINT-POURÇAIN (décédé 1334), nominaliste et négateur de l'intellect agent. Les décrets des chapitres dominicains étaient destinés à ramener les réfractaires à l'ordre.

°744) Edité par Paban et Pègues, 7 vol., Tours, 1900-1908.

°745) DE WULF, Histoire de la philosophie médiévale, 4e éd., p. 594.

°746) Vittoria n'a rien édité de son vivant; mais après sa mort, ses élèves ont édité certains de ses cours: ce sont les Relectiones theologicae.

°747) Cette expression, pour Vittoria n'a rien de péjoratif; elle est synonyme d'«indigène».

°748) Constitution «Inter caetera», mai 1493; cf. FOLLIET, Le droit de colonisation, Paris, 1930.

°749) Vittoria est ici l'écho affaibli de son grand contemporain LAS CASAS (1474-1565), homme d'action avant tout, (dominicain en 1523, puis évêque de Chiapa, Mexique), qui lutta inlassablement pour délivrer les Indiens du joug des colons espagnols, et mérita le nom de «Père des Indiens».

°750) Vittoria n'admet ce titre qu'en hésitant, bien qu'aujourd'hui on le considère comme excellent.

°751) Dans son De fato et libero arbitrio contra Lutherum.

°752) «Servus natura, qui corpore validus est, sed haedes intelligentia ingenioque tardus».

°753) Sepulveda conclut cependant qu'il ne soutient pas cette doctrine comme certaine (cf. GONZALÈS, Hist. de la phil., III, p. 25).

°754) DE WULF, Histoire de la philosophie médiévale, 4e éd., p. 598.

°755) C'est-à-dire, une réalité déjà classée dans un «prédicament», comme une qualité.

°756) Cf. plus haut, §286. La difficulté n'est pas dans le lien causal entre la Perfection infinie et les perfections finies participées: saint Thomas le reconnaît aussi et admet, en ce sens, une analogie d'attribution entre Dieu et les créatures. Mais le point délicat est de maintenir une suffisante unité au concept (par exemple, au concept de vie), pour qu'il désigne à la fois, au sens propre, deux réalités aussi différentes que le fini et l'infini.

°757) Le Roi-théologien y niait le pouvoir indirect du Pape sur le temporel et y exposait «toutes les erreurs schismatiques, tous les préjugés antipontificaux qui formaient l'essence de l'anglicanisme» (MAHIEUX, Suarez, p. 70). C'est pour le réfuter que Suarez écrivit son ouvrage «Defensio fidei»; il y traite de l'origine du pouvoir, au livre IV, ch. II et III; au sujet du pouvoir indirect, il y défend la même doctrine que Vittoria (cf. plus haut, §305); il y admettait même, mais en certains cas et avec beaucoup de restrictions, la légitimité du tyrannicide.

°758) «Dici potest de jure naturae negativo, non positivo; vel potius, de jure naturali concedente, non simpliciter praecipiente» (Def. fidei, l. III, ch. II, N° 8).

°759) En reconnaissant Dieu comme source dernière du pouvoir, la théorie suarézienne se distingue radicalement de celle de J.-J. Rousseau (cf. plus bas, §453).

°760) Aux diverses raisons que Jacques Ier tirait de la Bible, Suarez répond avec sagacité; il conteste par exemple, que Saül et David aient reçu directement de Dieu leur pouvoir: Dieu les a directement désignés, mais c'est le peuple qui les a crées rois (cf. Def. fidei, l. III, ch. III, no 6-7; même doctrine, dans De legib., l. III, ch. III et IV).

°761) Principalement dans son Commentaire du De Ente et essentia de saint Thomas, qu'il a écrit à 22 ans.

°762) MANDONNET, Cajetan, dans Dict. théol. cath. Col. 1311-1329. L'activité de l'école thomiste à l'époque de la Renaissance est surtout théologique. Signalons en particulier le dominicain BANNEZ (1528-1604) qui mit un puissant esprit métaphysique au service d'un thomisme rigide, défendant la grâce efficace ab intrinseco et la prémotion physique. - Son principal adversaire fut le jésuite MOLINA (1536-1600) qui dans sa célèbre Concordia (1588) expose le système du concours simultané et de la science moyenne pour expliquer comment Dieu prévoit nos actes libres et nous donne le secours de ses grâces sans détruire notre liberté. Cette doctrine, examinée à Rome dans la Congrégation de Auxiliis (1598-1607) ne fut cependant pas condamnée. Cf. F. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, p. 733-746, et p. 760-765; nouv. édit., p. 797-804.

°763) On pourrait indiquer ici les causes de cet insuccès persistant, et marquer la part de la scolastique dans le développement de la philosophie. Cet exposé est reporté au paragraphe suivant, parce qu'il éclaire par contraste les origines et les caractères de la philosophie moderne.

°764) Cf. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, 2e part., ch. 1, p. 707-712; nouv. éd., p. 719, sq.

°765) Sur cette philosophie de la Renaissance, cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., I, ch, VI, p. 739-786.

°766) Cf. E. VAN STEENBERGHE, Le Card. Nicolas de Cuse, l'action, la pensée, Paris, 1920. - MARÉCHAL, Point de départ de la métap., cah, II, p. 2-23.

°767) BRÉHIER, Hist. de la philos., I, ch, VI, p. 780.

°768) DE WULF, Histoire de la philosophie médiévale, 4e éd., p. 576.

°769) D'un autre côté, plus d'un lettré revenait, du moins en pratique, à la morale épicurienne.

°770) Histoire de la philosophie médiévale, 4e éd., p. 564.

°771) SJJ: Je rajoute le «post-moderne». Je ne sais pas trop comment faire pour l'instant, mais il me semble que Thonnard exagère avec ses prédictions de retour du néothomisme. Je pense plutôt que depuis les années 1960, le néothomisme a été rayé de la carte, et que c'est le post-modernisme qui règne en maître dans les universités. Enfin, c'est seulement mon opinion, et je n'ai pas encore assez étudié la situation. De plus, le mot «moderne» chez Thonnard a peut-être beaucoup plus le sens de mon «post-moderne» que je ne le pense pour l'instant.

°772) Dans le domaine théologique, l'influence des Pères sur la scolastique fut évidemment plus grande encore.

°773) C'est-à-dire les sciences physiques, chimiques, biologiques, astronomiques, etc., sans oublier les sciences mathématiques: en un mot; tout ce qui constitue les «sciences» au sens moderne.

°774) En prenant ici science au sens thomiste: cf. plus haut, §264.

°775) Au sens expliqué plus haut, §244.

°776) En 1624 la faculté de théologie de Paris s'adresse au Parlement pour faire condamner le philosophe jean Bitaut. En 1671 le roi lui-méme sollicite du Parlement un arrêt en faveur d'Aristote. Cf. DE WULF, Histoire de la philosophie médiévale, 4e éd., p. 615.

°777) En d'autres termes, elle est une mathématique appliquée aux phénomènes physiques qu'on ne cherche pas à expliquer en eux-mêmes, mais dont on ne prend que l'aspect mesurable. Cf. MARITAIN, Les Degrés du savoir, et Réflexions sur l'Intelligence.

°778) Comme Cajetan, Jean de Saint-Thomas, Goudin, signalés plus haut, §310.

°779) Antimoderne, p. 21. Maritain appelle ces deux idées-mères des modernes le principe immanentiste (indépendance du dedans par rapport au dehors) et transcendantaliste (notre fond intime transcende tout le donné).

°780) Nous le constaterons en cette histoire avec Spinoza, Hegel, A. Comte, Taine, les modernistes et surtout le communisme et l'existentialisme athées.

°781) A. LALANDE, Vocabulaire de Philosophie, Rationalisme, sens D et E.

°782) Il n'y a guère d'exception que pour J.-J. Rousseau; Locke lui-même, le maître du XVIIIe siècle, rentre sans effort dans le sillage cartésien; cf. plus bas, §372-373.

°783) Cet opuscule ne nous est pas parvenu tel quel, mais il semble identique au petit traité posthume intitulé «Temporis partus masculus sive de interpretatione naturae».

°784) Lorsque le comte d'Essex fut disgracié, Bacon se crut obligé, pour garder les faveurs de la Cour, de se faire l'accusateur de son bienfaiteur.

°785) Cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., II, p. 21.

°786) Cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., II, p. 23.

°787) Bacon ouvre son Instauratio magna par cette vaste classification; mais nous en verrons mieux le sens et la valeur après l'exposé de la doctrine centrale de la méthode.

°788) Non est scientia de singularibus, cf. plus haut, §30.

°789) Cf. De augm. scient., l. 3, ch. 5 et l. 4, ch. 3.

°790) Mot de BROCHARD, La philosophie de Bacon, dans Études de phil., p. 306.

°791) «Meta autem scientiarum vera et legitima non alia est quam ut docetur vita humana novis inventis et copiis»; Nov. Org., l. 1, 82.

°792) Bacon aime à le proclamer: «sunt ista prorsus nova, etiam toto genere»; cf. Nov. Org., Epist. dedic.

°793) Cf. De augmentis scient., l. 5, ch. 2.

°794) Nov. Organum, l. 1, 129.

°795) De augm. scient., l. 3, ch. 6.

°796) Nov. Org., livres 1, 12, 13, 14.

°797) Nov. Org., l. 1, 45.

°798) Nov. Org., l. 1, 54. Inutile de relever l'injustice des reproches adressés ici à Aristote. - Gilbert était un célèbre chimiste contemporain de Bacon.

°799) «Experientia quae sagacitas potius est, et odoratio quaedam venatica» De dignit. scient., l. 5, ch. 2.

°800) De Augmentis, l. 5, ch. 2, 8-14. Cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., II, p. 35.

°801) Cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., II, p. 37.

°802) Bacon nous a donné plusieurs modèles de cette histoire: Historia ventorum, Historia vitae et mortis, etc.

°803) Ces études étaient très en faveur à la Renaissance à laquelle Bacon se rattache par ses goûts encyclopédiques, littéraires et anti-scolastiques.

°804) Par exemple, la fable de Cupidon signifiait l'action des atomes les uns sur les autres.

°805) Cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., II, p. 31.

°806) Cette métaphysique est d'ailleurs fort différente de celle d'Aristote; cf. plus bas, la théorie des formes qui en sont l'objet.

°807) «Inter appendices potius poni debet quam inter scientias substantivas» (De dignit. sc., explication du Tableau en tête de l'ouvrage).

°808) Sur ces termes, cf. plus bas, §356, (2).

°809) Études de phil. anc. et mod., p. 310.

°810) Cet idéalisme est dû à la théorie cartésienne de l'idée claire; cf. plus bas, §356.

°811) «Latens schematismus», Nov. Org., l. 2, ch. 7.

°812) «Quum de formis loquimur, nihil aliud intelligimus, quam leges illas et determinationes actus puri, quae naturam aliquam simplicem ordinant et constituunt, ut calorem, lumen, pondus, in omnimoda materia et subjecto susceptibili». Novum Org., l. 2, aph. 17.

°813) De augm. sc., l. 3, ch. 4, §11. Cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., II, p. 38.

°814) Cf. plus bas, §492. Notons que Taine, comme les positivistes, reconnaît un rôle à la déduction, tandis que Bacon s'en tient à l'induction.

°815) De Saptientia vet., ch. 26.

°816) De augm. scient., l. 3, ch. 5. Bacon y compare assez irrespectueusement les causes finales aux «vierges consacrées à Dieu qui ne portent pas de fruit».

°817) De augm. scient., l. 3, ch. 4. Si Bacon loue Démocrite et Epicure pour leur mécanisme, il ajoute que leur athéisme a excité un éclat de rire universel.

°818) De augm. sc., l. 3, ch. 2. Bacon donne le plan d'une théologie, mais il ne l'a pas lui même composée.

°819) De augm. sc.; cf. FONSEGRIVE, Bacon, p. 238.

°820) De augment. scient., l. 4, ch. 3.

°821) De augment. scient., l. 9, ch. 1.

°822) En vertu de ces principes, Bacon rejette la morale des stoïciens, comme celle d'Épicure, trop préoccupées de l'individu. Mais il condamne aussi la vie contemplative, parce que la vie active seule est utile à la société.

°823) De augment. scient., l. 8, ch. 7.

°824) Bacon insiste sur l'influence des «habitudes» et donne d'utiles conseils pour les acquérir.

°825) De augment. scient., l. 8, ch. 2.

°826) MARÉCHAL, Précis d'hist. de phil. mod., p. 227.
SJJ: Je pense que ça veut dire: «Je ne suis que l'annonciateur (trompettiste), je n'ai pas commencé le combat».

°827) Ce que Bacon appelle «axiome».

°828) Cf. plus haut, §264. Dans la science moderne, le syllogisme aristotélicien est remplacé par la déduction mathématique, mais celle-ci complète dans le même sens l'induction baconienne.

°829) Cet épisode ne regarde pas l'histoire de la philosophie, mais plutôt l'histoire des sciences et l'apologétique. Cf. dans le Dict. apolog., art. Galilée, par Pierre de Vrégille (col. 147-192).

°830) Cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., II, p. 11.

°831) La première édition contenait déjà 6 séries d'objections avec les réponses de Descartes: celui-ci les avait recueillies de divers théologiens et philosophes (Catérus, Hobbes, Arnauld, Gassendi, etc.) grâce à son ami le P. Mersenne. L'approbation escomptée de la Sorbonne ne tut pas obtenue. En 1642, une 2e édit. ajouta les objections de Bourdin avec réponses: cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., II, p. 49.

°832) Descartes écrivait ce Traité quand fut condamné Galilée (1633); comme il y enseignait le mouvement de la terre, il n'osa pas le publier.

°833) Discours de la Mét., 1re Partie, éd. clas. Gilson, p. 44.

°834) Discours de la Mét., 2e Partie, début, éd. clas. Gilson, p. 54. «On suppose que Descartes s'arrêta dans un village près d'Ulm», (ibid., note 6).

°835) Discours de la Mét., 1re Partie, éd. clas. Gilson, p. 49.

°836) Ce texte et les suivants sont extraits de la 1re Méditation, éd. Adam-Tannery, t. 9, p. 13 et suiv.; cf. MERCIER, Critériol., 7e éd., p. 57 et suiv.; col. HATIER, p. 23-25.

°837) Descartes excepte cependant de son doute les règles d'une morale provisoire et les vérités de la Foi; cf. plus bas, §335, et sur la légitimité de ce doute, §321.

°838) Discours de la Méthode, 4e Partie, éd. Gilson, p. 85.

°839) Discours de la Méthode, 4e Partie, éd. Gilson, p. 87.

°840) De même, dans l'ordre sensible, on voit clairement un objet lorsqu'il agit assez fortement sur nos yeux, même s'il ne se détache pas du voisinage.

°841) Princ. de phil., N° 45, col. HATIER, p. 51.

°842) C'est pourquoi nous appellerons simplement la méthode de Descartes, la méthode de l'idée claire.

°843) Regulae, 3, tr. Sirven, p, 14.

°844) Regulae, 7, tr. Sirven, p. 81; Cf. CHEVALIER, Descartes, p. 175.

°845) Descartes en cela est tributaire de son temps: les philosophes admettaient communément que nos concepts atteignaient l'individuel. C'était, en particulier, l'opinion de Suarez: cf. plus haut, §309.

°846) LALANDE, Vocab. technique de la phil., sens A.

°847) Regulae, 12.

°848) Discours de la Méthode, 4e Partie, éd. Gilson, p. 95.

°849) Médit. philos., 2e Rép. aux objections.

°850) Lettre au Marquis de Newcastle, en 1648.

°851) Nous serions assez près de la vision en Dieu de Malebranche.

°852) Certains, il est vrai, rejettent cette méthode: cf. TONQUÉDEC, La critique de la connaissance; GILSON, Le réalisme méthodique; GREDT, Elementa philosophiae, II, N° 676. - Mais d'autres, avec raison, l'admettent: cf. D. MERCIER, Critériologie générale; MARITAIN, Les degrés du savoir; NOËL, Notes d'épistémologie thomistes, etc.

°853) Descartes constate qu'en fait le Cogito lui résiste: heureuse correction, mais inconséquence.

°854) Cf. plus bas, §329, la nécessité de prouver l'existence de Dieu, et aussi §533.

°855) Descartes se corrige en appliquant son critère de vérité: il retrouve ainsi d'autres principes immédiatement infaillibles comme celui de raison suffisante; cf. §327 fin et §329.

°856) Cette passivité n'exclut pas du reste une grande activité: celle du jugement, du raisonnement et d'abord de l'abstraction.

°857) La critique thomiste reconnaît aussi, évidemment, la valeur de l'intuition du moi (cf. plus bas; §327), mais son réalisme a une base plus large.

°858) Cf. plus bas, §403-405 où l'on indique en quel sens, pour Kant, l'esprit fabrique le monde extérieur.

°859) Cet énoncé des quatre règles est dans le Discours de la Méthode, 2e Partie, éd. Gilson, p. 64-66.

°860) Ainsi toutes les sciences ne sont pas conçues sur le même type, mais elles se subordonnent selon divers degrés d'abstraction.

°861) Ainsi l'idée de puissance pure (matière première) est loin d'être claire et distincte, mais sans elle, les corps et leurs changements profonds resteraient inintelligibles.

°862) Ainsi, après avoir précisé la méthode de l'algèbre, Descartes l'applique à l'étude de l'espace et invente la géométrie analytique (1637): «Sa découverte marque une date capitale dans le développement scientifique de l'humanité», dit J. CHEVALIER, Descartes, p. 118.

°863) C'est ce que Maritain appelle l'angélisme de Descartes; (cf. Trois Réformateurs, p. 78). De là aussi la théorie cartésienne de notre âme, conçue logiquement comme un pur esprit; cf. plus loin, §326.

°864) Cf. plus bas, §337, et §380-385.

°865) 2e Médit., cf. MERCIER, Les orig. de la psychol. contemp., p. 7-9. «Qu'est-ce qu'une chose qui pense? C'est une chose qui doute, qui entend, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi et qui sent». (Col. HATIER, p. 31.)

°866) «Par le mot de penser, j'entends tout ce qui se fait en nous de telle sorte que nous l'apercevons immédiatement par nous-mêmes». (Les Passions de l'âme, 1re Partie, 4.)

°867) Il faut en dire autant des passions dont nous parlerons plus bas, §335. Les psychologues positivistes, fidèles au point de vue cartésien, mais en l'appliquant à rebours, considéreront tout fait de conscience, même intellectuel ou volontaire, comme une activité organique. Ainsi feront Hume, Stuart Mill, Taine, etc.

°868) Princ. de Phil., 1re Partie, N° 51; col. HATIER, p. 54. «C'est pourquoi, ajoute Descartes, on a raison dans l'école de dire que le nom de substance n'est pas univoque au regard de Dieu et des créatures». Mais cette concession, qui le préserve du panthéisme, ne l'empêche pas de défendre son principe rationaliste de l'idée claire.

°869) Ces distinctions sont un souvenir du suarézisme (cf. plus haut, §307) que Descartes avait très probablement étudié chez les jésuites de La Flèche.

°870) 2e Médit., Col. HATIER, p. 30

°871) Réponse aux 4es objections.

°872) Ce changement n'est d'ailleurs, dans la théorie mécaniste de Descartes, qu'une simple variation de figure; cf. plus bas, §333.

°873) Réponse aux 2es objections.

°874) Lettre à la princ. Élisabeth, du 28 juin 1643; Cf. CHEVALIER, Descartes, p. 231.

°875) La méthode cartésienne donnerait ainsi à la science une base plus large: non plus le simple Cogito, mais tout objet d'intuition intellectuelle ou d'idée claire. La troisième et la quatrième étape de la méthode permettraient cette interprétation, tandis que la seconde semblerait l'exclure.

°876) 3e Médit., col. HATIER, p. 38.

°877) On reconnaît ici la classification, courante en psychologie expérimentale, des trois grandes facultés: l'intelligence, la sensibilité et la volonté, sans distinguer l'ordre sensible de l'ordre spirituel.

°878) Exemples de Descartes, 3e Médit., col. HATIER, p. 39.

°879) 3e Médit., col. HATIER, p. 41.

°880) 3e Médit., col. HATIER, p. 45.

°881) 3e Médit., col. HATIER, p. 50.

°882) Disc. de la Méth., 4e Partie, éd. Gilson, p. 91-92; cf. Princ. de Phil., N° 14, col. HATIER, p. 38.

°883) La première était l'existence du moi.

°884) 3e Médit., fin, col. HATIER, p. 51.

°885) Descartes prouvait l'existence de corps particuliers par les idées adventices qui supposent une cause: «Expresse, dit-il, ... ostendi ipsas (ideas rerum materialium) a corporibus saepe advenire, ac per hoc existentiam corporum probari» (5a Resp.); mais la nature de cette cause relève de l'idée claire.

°886) «Je dis que Dieu a été aussi libre de faire qu'il ne fût pas vrai que toutes les lignes tirées du centre à la circonférence fussent égales, comme de ne pas créer le monde». (Lettre à Mersenne, 27 mai 1630).

°887) C'est ce que Maritain appelle la théorie des «idées tableaux», par opposition à la notion thomiste de concept objectif, pur signe formel, c'est-à-dire qui est un moyen de connaître l'objet exprimé sans qu'il soit lui-même d'abord connu; (cf. Réflexions sur l'intel.). Ainsi, par l'idée d'arbre, je connais dans leur nature générique tous les arbres (réalité autre que moi), sans savoir, sinon par une réflexion subséquente, que j'ai une idée d'arbre.

°888) 3e Médit., col. HATIER, p. 39.

°889) Cf. plus bas, §356, la définition de l'idéalisme.

°890) Formules de Locke; cf. plus bas, §375. Cf. aussi Princ. de philo., N° 69-70, Col. HATIER, p. 63-64.

°891) Traité de l'homme, éd. Cousin, 4, p. 347-349: Cf. MERCIER, Orig. de la psychol. contemp., p. 32.

°892) Princ. de Phil.; cf. MERCIER, Orig. de la psychol. contemp., p. 34.

°893) Le Vocab. techn. de phil. note que le terme «mécanisme» a d'autres sens assez différents. Nous le définissons ici au sens cartésien où «mécanique» signifie «ce qui s'explique par les seules notions d'étendue et de mouvement» (Vocab., au mot Mécanique, sens C).

°894) Il s'agit évidemment du mouvement local, mesurable au sens strict: ainsi, les diverses espèces de vibrations.

°895) Descartes n'a pas compris la définition profonde du mouvement selon Aristote et S. Thomas (cf. plus haut, §74). Il le conçoit comme une série d'états communiqués du dehors, en sorte que l'inertie du corps consiste non seulement à rester de soi en repos, mais aussi à rester de soi en mouvement quand il le possède: de là la nécessité d'une «création» du mouvement au début de l'univers.

°896) En science moderne, le mouvement est une des formes de l'énergie, et dans le mécanisme cartésien, c'était la seule forme admise, de sorte qu'au point de vue de Descartes, «conservation du mouvement» équivaut à «conservation de l'énergie».

°897) Descartes voulait les étudier dans son livre Le Monde dont il n'édita que des fragments: la Dioptrique, les Météores, la Géométrie. Pour expliquer les phénomènes physiques, il développait la fameuse hypothèse des tourbillons qui, après avoir supplanté les théories d'Aristote, fut elle-même détrônée par les découvertes de Newton; cf. plus bas, §369, (A).

°898) 6e Médit., col. HATIER, p. 73.

°899) Les «esprits animaux» sont «comme un vent très subtil ou plutôt comme une flamme très pure et très vive»; produits par le coeur, ils sont transmis par les nerfs dans les muscles pour donner le mouvement à tous les membres; cf. Disc. de la Méth., 5e Partie, éd. Gilson, p. 112. On peut les comparer au fluide nerveux; cf. BARBADO, Introd. à la Psychol. exp., p. 97.

°900) Lettre à la Princesse Palat.; Cf. MERCIER, Orig. de la psyc. cont., p. 46.

°901) Disc. de la Méth., 3e Partie, éd. Gilson, p. 76. Cf. BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 102-103.

°902) GILSON, Disc. de la Méth., Introduction, p. 23.

°903) GILSON, Disc. de la Méth., Introduction, p. 23.

°904) GILSON, Disc. de la Méth., p. 25.

°905) Point de départ de la Métaph., cah. II, p. 25-26.

°906) Au sens défini plus haut, §313.

°907) Hist. de la Phil., II, p. 65.

°908) Disc. de la Méth., 2e Partie; cf. BARBEDETTE, Hist. de la Phil., p. 370.

°909) L'Église, en raison de cette opposition d'esprit, a mis les oeuvres de Descartes à l'Index, depuis 1663.

°910) La physique surtout passionne les gens du monde: cf. BRÉHIER, Hist. de la Phil., p. 113. Cependant La Fontaine proteste contre le mécanisme et défend l'âme des bêtes: cf. Fables, liv. 10, 1.

°911) Nous ne parlerons pas des opposants a priori qui, pour défendre leur aristotélisme, font appel au bras séculier. Cf. plus haut, §312.

°912) Traité de l'Exist. de Dieu, 1re Partie, ch. 2.

°913) Édit. spéc., Oeuvres philosophiques, Paris, Bonne Presse. - La Connaissance de Dieu et de soi-même, col. HATIER. Cf. BARBEDETTE, Hist. de la Phil., p. 394 et suiv.

°914) Traité de la con. de Dieu, ch. 1.

°915) MERCIER, Critériologie, éd. 1911, p. 122. - C. BARTHOLMÈS, Huet, Évêque d'Avranches ou le scepticisme théologique, Paris, 1850.

°916) FRÉDÉRIC J. POWICK, The Cambridge platonists, Londres, 1926.

°917) Cf. MARÉCHAL, Hist. de Phil. mod., p. 109 et 238.

°918) Cf. MARÉCHAL, Hist. de Phil. mod., p. 237.

°919) V. VAN DER HAEGHEN, Geulincx. Étude sur sa vie, sa philosophie, et ses ouvrages, Gand, 1886. - M. DE WULF, Les philosophes belges, Louvain.

°920) Il mourut protestant à Leyde.

°921) Cependant les deux ouvrages de Geulincx: «Metaphysica vera» et «Metaphysica ad mentem peripateticam», ne parurent qu'en 1691-1698, après les oeuvres de Malebranche.

°922) Sur ces auteurs, cf. BRÉHIER, Hist. de la Philos., 2, p. 116-128.

°923) BRÉHIER, Hist. de la Philos., 2, p. 127.

°924) Dans le Fragment d'un Traité du vide: De l'autorité en matière de philosophie.

°925) Dans les Fragments sur l'Esprit géométrique.

°926) Pensées, éd. Margival, art. 1, 1, p. 4.

°927) Pensées, éd. Havet, art. 1, 6.

°928) Pensées, éd. Havet, art. 10, 1.

°929) Cf. A. VALENSIN, Pascal (le pari de), dans Dict. apolog., col. 1582-87.

°930) Critériol. générale, éd. 1911, p. 134.

°931) Cf. Pensées, éd. Havet, art. 8, 6.

°932) Pensées, éd. Havet, art. 24, 5.

°933) Pensées, éd. Havet,: «C'est le coeur qui sent Dieu, et non la raison. Voilà ce que c'est que la Foi: Dieu sensible au coeur, non à la raison».

°934) H. BRÉMOND, dans son Histoire littéraire du sentiment religieux en France, IV, La conquête mystique: l'école du Port-Royal, Paris, 1920; p. 318-417, découvre, de son côté, un arrière-fond de théologie janséniste dans la doctrine des Pensées. Si, par exemple, Pascal refuse aux «lumières naturelles» la capacité de «connaltre ni ce que Dieu est, ni s'il est» (art. 10, 1), il n'est pas fidéiste, mais il veut dire «que la connaissance de Dieu où nous conduisent les simples spéculations de la philosophie, n'est pas en soi "connaissance religieuse", qu'elle n'avance d'aucune façon pour notre salut»; (BRÉMOND, op. cit., p. 385), car les philosophes, n'ayant pas la grâce, ne peuvent, selon Jansénius, rien produire de bon. - D'ailleurs, Brémond conclut (p. 416) que «le vrai Pascal est tout nôtre. Il l'est par tout ce qu'il y a d'unique vraiment dans ses Pensées; il l'est par les principes premiers de son apologétique victorieuse; il l'est plus encore par l'incomparable témoignage qu'il a rendu à la personne de notre Christ».

°935) Pour Malebranche comme pour Descartes, il y a dans l'univers une certaine quantité immuable da mouvement créée par Dieu dès le début (cf. §333). Avec ce présupposé, l'argument devient plus clair.

°936) On pourrait dire cependant que, selon la loi naturelle, la sensation est toujours une auxiliaire de l'âme, comme cela était avant le péché originel. Si maintenant elle est source de trouble et d'erreur, c'est que, en application de la même loi, elle aide une âme dépravée par le péché. Cf. cette interprétation dans BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 208.

°937) Au sens historique expliqué plus haut, §244.

°938) Le Zohar ou Livre de la Splendeur, «étudié avec zèle dans le milieu juif d'Amsterdam vers 1647» enseignait qu'il n'existe en toute rigueur qu'une substance et que tout est un en Dieu. (Cf. MARÉCHAL, Hist. de Phil. mod., p. 108.)

°939) «La dépendance fut généralement affirmée sur la foi d'analogie assez frappantes. L'argument toutefois n'est pas décisif, Spinoza et Bruno ayant pu puiser indépendamment l'un de l'autre au même fond néoplatonicien» (MARÉCHAL, Hist. de Phil. mod., p. 111).

°940) Plusieurs historiens, comme Delbos, et plus encore Gebhart et von Dunin, tendent à diminuer la portée de l'influence cartésienne, en insistant sur l'intuition du panthéisme qui a, semble-t-il, chez Spinoza, précédé la connaissance de Descartes. Il reste pourtant que le spinozisme est réellement le cartésianisme porté logiquement à son terme.

°941) Il exerçait le métier de polisseur de lunettes.

°942) BRUNSCHWICG, Spinoza, p. 24.

°943) Définition de Descartes (cf. plus haut, §325). Descartes la corrigeait pour éviter le panthéisme et Spinoza connaissait cette correction, comme on le voit dans son opusc. Principia phil. (éd. V. Vloten, 1914, IV, p. 143. Cf. MARÉCHAL, Point de départ de la métaph., II, p. 73). Son panthéisme a donc des sources plus profondes qu'une fausse définition.

°944) En d'autres termes, l'idée de substance ou d'être existant par soi, n'est pas univoque, mais analogue; cf. plus haut, §259, 3.

°945) De l'expérience, soit interne, soit surtout externe et sensible avec leurs données intuitives: cf. plus haut, §262.

°946) L'essence d'un être, selon Descartes, n'est connaissable que par ses attributs: cf. plus haut, §325.

°947) L'essence ou la nature des «créatures», selon Spinoza, est constituée par les modes: cf. plus bas, §350.

°948) Il est en effet objet d'une idée claire et distincte: selon la logique cartésienne, cet objet devrait se distinguer réellement des autres. Cependant Spinoza affirme clairement l'identité de tous les attributs avec l'unique substance divine; mais il n'examine pas la conciliation de ces deux points de vue.

°949) L'étendue, attribut divin, connue par la même idée claire que le corps, introduit logiquement en Dieu un élément incompatible avec sa perfection: la matière. C'est un des points les plus contestables du spinozisme. Il faut dire au contraire que Dieu ne possède pas «formellement», selon sa définition, cette propriété d'étendue.

°950) Les grands faits d'expérience incontestables, comme l'existence de la pensée ou du monde, sont présentés par Spinoza comme des «axiomes». Cf. DELBOS, Le Spinozisme, p. 79.

°951) C'est une conjecture de Delbos: cf. Le Spinozisme, p. 61.

°952) Lettre à Schuller, éd. Van Vloten, Epist. LXIV, p. 219. Cf. DELBOS, Le Spinozisme, p. 58.

°953) On dirait, en terminologie scolastique, que les modes créés sont les «effets formels» de l'unique substance divine, comme les propriétés liées nécessairement à une nature sont les effets formels de cette nature.

°954) Cf. BRÉHIER, Hist. de la Phil., II, p. 176.

°955) Elles sont en effet, dit Spinoza, «comme des conséquences séparées de leurs prémisses (Éth., II, prop. 28)», parce qu'elles ne sont pas considérées comme un chaînon de l'immense réseau de déductions qui doit tout expliquer par Dieu.

°956) Spinoza reconnaît une réelle valeur de vérité à la connaissance du second genre ou par raisonnement; car elle nous conduit, semble-t-il, à saisir les modes infinis et commence à voir les choses sous un aspect d'éternité. Elle joue ainsi, comme les modes infinis, le rôle d'intermédiaire entre la connaissance sensible et imaginative toujours sujette à erreur, et l'intuition des attributs divins, toujours infaillible et source de notre salut.

°957) Spinoza conserve cependant le vocable de «bien» et de «mal» en les définissant à sa manière. «Par bien, dit-il, j'entendrai ce que nous savons être certainement un moyen de nous rapprocher de plus en plus de ce modèle de la nature humaine que nous nous proposons; par mal au contraire, ce que nous savons certainement nous empêcher de reproduire ce modèle». (Éth., IV, préf.) Et ce «modèle» ne désigne pas un idéal qu'il faut réaliser et dont nous pourrions librement déchoir, mais il explique ce que nous sommes comme mode émanant de la Substance divine. Cf. DELBOS, Le Spinozisme, p. 141-142.

°958) Dans la théorie de l'idée claire, l'inséparabilité entraîne l'identité: cf. §325.

°959) Cf. Éth., Ve Partie, prop. XL, schol. I; trad. H. de BOULAINVILLIERS, p. 321-322. - Cette doctrine réintroduit dans le système une certaine immortalité personnelle; mais si elle adoucit la rigueur du monisme, elle n'en détruit pas l'erreur essentielle.

°960) Cette solution est développée par Valensin dans le Dict. apol. (art. Panthéisme).

°961) Défin. du Vocab. techn. de phil.; on y expose aussi les divers sens du mot d'après l'histoire.

°962) Ou l'existence dont parle la définition de l'idéalisme.

°963) Définition du Vocab. techn. de phil., au mot Subjectivisme, sens A. Le terme a d'autres acceptions fort différentes, ce qui le rend moins précis que celui d'idéalisme.

°964) «Transsubjectif»: Expression de GREDT, Elementa Philos., II, no 686 et suiv.; Kant l'appelle Ding an sich, la «chose en soi».

°965) Défin. du Vocab. techn. de phil., sens B. Au premier sens, le positivisme n'est autre que le «comtisme»; (cf. plus bas, §457 et suiv.); le mot lui-même est l'invention d'Auguste Comte, mais la doctrine trouve ses origines chez Descartes. Cf. MERCIER, Les Origines de la psychol. contemp., ch. II.

°966) Vocab. techn. de phil., au mot Matérialisme, sens A.

°967) MERCIER, Les Origines de la psych. contemp., p. 68. Cf. Vocab. techn. de Philos.: «Doctrine d'après laquelle toute connaissance vient des sensations et d'elles seules». Le terme, ajoute le Vocabulaire, «est mal choisi et d'apparence péjorative, car il éveille naturellement le souvenir du mot sensuel...; la forme normale serait sensationnisme».

°968) Dans ce cas l'âme, par ses facultés spirituelles, dépasse légitimement la portée restreinte des sensations (théorie de l'abstraction).

°969) Cf. Vocabul. techn. de philos., sens A et B.

°970) Pour simplifier, nous nous contenterons du terme d'ailleurs plus clair d'empirisme.

°971) Définition du Vocab. techn. de phil.; pour le phénoménisme, la «chose en soi» n'est qu'un mot.

°972) Le terme «théodicée» inventé par Leibniz a précisément ce sens (Θεός, Dieu; δικαία, justice rendue); le traité de Leibniz était d'ailleurs une étude complète de Dieu. Le mot désigne aujourd'hui le traité de théologie rationnelle ou philosophique, par opposition à l'étude de Dieu basée sur la Révélation et appelée simplement théologie.

°973) Ainsi BARBEDETTE, (Hist. de la phil., p. 403-407) relève une série d'affirmations de Leibniz, concernant la logique, l'étude de Dieu, du monde, de l'homme, de la morale, qui reprennent les doctrines d'Aristote et de saint Thomas, comme la définition du mouvement par le passage de la puissance à l'acte, la distinction entre substance et accident, l'âme, forme substantielle du corps, etc.

°974) Par exemple, il condamne la méthode du doute universel et commence la philosophie par l'affirmation évidente des premiers principes; il rejette l'identité de la substance corporelle et de l'étendue, etc.

°975) «De toute chose, il y a une raison pour laquelle elle est ainsi plutôt qu'autrement» ou encore, «Toute proposition vraie qui n'est pas connue de soi reçoit une preuve à priori». Formules de Leibniz, citées par BRÉHIER, Histoire de la Phil., II, p. 241.

°976) On voit que le principe de raison suffisante règle spécialement le monde réel, tandis que le principe d'identité suffit pour le monde des possibles.

°977) Bossuet demandait que l'on reconnût l'autorité dogmatique de l'Église, comme règle de Foi, tandis que Leibniz rêvait d'un accord sur des «dogmes» démontrés à tous par la raison.

°978) «Par monade, dit Leibniz, j'entends la substance vraiment une, à savoir, celle qui n'est pas un agrégat de substances». (Correspondance avec Bernouilli, II, p. 398).

°979) Monadologie, N° 2; col. HATIER, p. 14.

°980) Monadologie, N° 3.

°981) Le pluralisme est la «doctrine selon laquelle les êtres qui composent le monde sont multiples, individuels, indépendants, et ne doivent pas être considérés comme de simples modes ou phénomènes d'une réalité unique et absolue». (Définit. du Vocab. techn. de la Phil., de LALANDE).

°982) Monad., no 7, col. HATIER, p. 15.

°983) Une substance active immuable, serait l'Acte pur, infini et unique.

°984) Pour Leibniz, toute monade est éternelle et immortelle, mais il considère comme un «préjugé scolastique» l'existence d'«âmes entièrement séparées» de leur corps. Cf. Monad., N° 14, col. HATIER, p, 17.

°985) Il n'y a ni influence mutuelle, ni assistance de Dieu «pour mettre les horloges d'accord à tout moment»; Leibniz n'a pas saisi la thèse profonde de la prémotion divine (PDP, §1045). Cf. col. HATIER, Monad., app., p. 53-54.

°986) «L'Être de soi, dit Leibniz, est l'Être qui doit exister parce qu'il est possible, étant par définition l'Être nécessaire: nier son existence, c'est nier sa possibilité». Mais si l'Être de soi est impossible, «tous les êtres par autrui le sont aussi, puisqu'ils ne sont enfin que par l'Être de soi: ainsi rien ne saurait exister». Extrait d'une lettre: cf. MARÉCHAL, Point de départ de la Métaph., cah. III, p. 31-32.

°987) Cf. BRÉHIER, Histoire de la Phil., II, p. 359-365.

°988) MARÉCHAL, Point de départ de la Métaph., cah. II, p. 105.

°989) C'est A. Comte qui le mit en vogue, cf. plus bas, §459.

°990) Cf. art. 3, §371, sq.. Locke, en ramenant l'esprit cartésien à la mesure plutôt médiocre des penseurs du temps, eut une grande influence: il fut, en philosophie, le maître du XVIIIe siècle.

°991) SORTAIS, La phil. moderne, II, p. 274.

°992) Il en était sorti à la mort du jeune Lord, son élève, en 1628; il redevenait, en 1631, le précepteur du fils aîné du défunt.

°993) L'ouvrage circula d'abord en manuscrit et ne fut édité qu'en 1650, en deux parties: Human nature et De Corpore politico. Il est un résumé du système développé dans les deux grands ouvrages: De Cive et De Homine.

°994) Cet accord est d'ailleurs assez remarquable pour que Hobbes prenne plan dans le courant positiviste issu du mécanisme cartésien.

°995) Descartes écrivit peu sur la morale et pas du tout sur la politique.

°996) «Necesse est ut mutatio aliud non sit praeter partium corporis mutati motum... Itaque mutatio motus est (nimirum partium agentis vel patientis)»: De Corpore, ch. IX, §9.

°997) Tel est le cas habituel du principe fondamental d'une philosophie.

°998) «Spatium est phantasma rei existentis, quatenus existentis, id est nullo alio ejus rei accidente considerato, praeter quam quod apparet extra imaginantem» (De Corp., ch. VII, 3).

°999) «Corpus est quidquid non dependens a nostra cogitatione, cum spatii parte aliqua coincidit vel coextenditur» (De Corp., ch. VIII, I).

°1000) Human nature, ch. XI, §5.

°1001) Human nature, ch. XI, §4.

°1002) À propos du culte que l'on rend à Dieu, Hobbes parle aussi de la bonté de Dieu qui est Père (De Cive, ch. XV, 14); mais cette idée semble plutôt relever de la Sainte Écriture que de la philosophie.

°1003) De Corp., ch. I, §8.

°1004) C'était déjà le principe des premiers atomistes dont nous avons montré l'insuffisance philosophique; cf. plus haut, §21. Cf. aussi plus bas, Conclusion, une appréciation générale du matérialisme et du mécanisme de Hobbes.

°1005) De Corp., ch. VIII et IX. Cf. dans SORTAIS, La phil. moderne, II, p. 337-338. un résumé de cette démonstration.

°1006) Cf. plus bas, §471-473. Le fait que négligent ces philosophes idolâtres des faits, c'est l'existence d'une pensée spirituelle, et par conséquent de l'âme et de Dieu.

°1007) «Recidit itaque ratiocinatio omnis ad duas operationes animi, additionem et substractionem»; De Corpore, ch. I, §2.

°1008) Selon Hobbes, entre les accidents ou propriétés et la substance, il n'y a pas de distinction réelle.

°1009) Cf. Léviathan, c. VII, édit. Molesworth, III, p. 52.

°1010) De Corpore, ch. II, §9, à la fin.

°1011) «Causa itaque effectuum omnium in certis consistit agentium et patientis accidentibus quae cum adsint omnia, effectus producitur; si aliquod eorum desit, non producitur»; De Corpore, ch. IX, §3.

°1012) Nous avons ici la notion de cause, caractéristique du positivisme: un antécédent nécessaire lié au conséquent par le déterminisme de la nature; cf. plus bas, §473.

°1013) SORTAIS, La phil. moderne, II, p. 402.

°1014) Dans ce domaine, les travaux de Hobbes n'ont pas laissé de traces comparables. par exemple, à ceux de Descartes ou de Pascal.

°1015) Human nature, ch. XI, §4.

°1016) Les facultés sont des accidents, c'est-à-dire, selon Hobbes, des manières dont nous envisageons un être.

°1017) Human nature, ch. II, 10.

°1018) De Corpore, ch. XXV, 8.

°1019) Hobbes en donne un exemple resté célèbre. On parlait de guerre civile; quelqu'un demanda: Que vaut le denier romain? Quoi de plus étranger au sujet? «Cependant, la liaison me paraissait assez manifeste. Car la pensée de la guerre amena la pensée de l'abandon du roi livré par ses sujets à ses ennemis; cette pensée suscita celle de la trahison qui livra Jésus-Christ aux juifs; cette dernière à son tour enfanta celle des trente deniers, prix de la trahison, d'où suivit aisément la susdite interrogation. Et tout cela, si prompte est la pensée, ne dura guère qu'un moment» (Léviat., ch. III, édit. Molesworth, p. 15-16).

°1020) Léviat., ch. III, édit. Molesworth, p. 16.

°1021) Léviat., ch. III, édit. Molesworth, p. 37. Cf. plus haut, Logique nominaliste.

°1022) Human nature, ch. IX, 21.

°1023) «Liberty is the absence of the all impediments to action that are not contained in the nature and intrinsical quality of the agent» (Opusc. Of liberty and Necessity).

°1024) De Cive, ch. 1, §2.

°1025) De Cive, ch. 1, §2.

°1026) De Cive, ch. 1, §10.

°1027) De Cive, ch. 1, §11.

°1028) Léviat., ch. XIII, édit. Molesworth, III, p. 99.

°1029) ibid. (SJJ: De Cive ou Léviat.?), ch. 2, §1 et §2.

°1030) Si des circonstances donnent à un homme une supériorité qui lui permet de s'imposer aux plus faibles, d'exiger d'eux des gages à son profit, l'emploi de la force est légitime: «dans l'état de nature, la puissance certaine et irrésistible confère le droit de régir ceux qui ne peuvent faire résistance et de leur commander» (De Cive, ch. 1, §14). Mais la loi naturelle a pour but de rendre cet état plus durable.

°1031) Cette règle résume les autres; cf. plus bas.

°1032) De Cive, ch. 5, §3.

°1033) De Cive, ch. 5, §6.

°1034) Le contrat qui établit la société peut être consenti librement par les citoyens; il peut être aussi imposé par la force, si une nation victorieuse impose aux vaincus sa domination, et ce deuxième cas vaut moralement le premier. La famille, selon Hobbes, est du deuxième genre: les parents y imposent leur force à la faiblesse des enfants; d'ailleurs, tout y est réglé par l'État.

°1035) «Force and fraud are in war the two cardinal virtues»; Léviat., ch. XIII, édit. Molesworth, III, p. 115.

°1036) «L'injustice en effet n'est que la violation des pactes»: Léviat., ch. XV, édit. Molesworth, III, p. 112.

°1037) Cf. De Cive, ch. III, 1-14; SORTAIS, La phil. moderne, II, p. 374-376.

°1038) Hobbes déclare cependant qu'il est comptable devant Dieu de sa gestion, «sous peine de mort éternelle» (cf. De Corpore pol., partie II, ch. IX, §1; et De Cive, ch. XIII, §2); on peut d'ailleurs douter de l'efficacité de cette sanction dans un système matérialiste.

°1039) Léviat., ch. XVII, édit. Molesworth, III, p. 154.

°1040) De Cive, ch. 6, §9.

°1041) L'expérience a donné tort à Hobbes sur ce point; la monarchie constitutionnelle installée en Angleterre peu après sa mort, y a constitué un excellent gouvernement qui a su procurer au peuple la paix et la prospérité.

°1042) SORTAIS, La phil. moderne, p. 427.

°1043) Helvétius adopte sa morale égoïste, Voltaire en fait l'éloge (dans Les phil. ignorants, 37) quoique non sans restriction; d'Holbach traduit l'Human nature dont Diderot disait: «C'est un livre à lire et à commenter toute sa vie» (Lettre à Naigeon, imprimée dans l'Encyclopédie après l'art.: Hobbisme).

°1044) L'origine naturelle de la société était fort bien établie par les anciens; cf. plus haut, §64, §89, §176, §269, (5). Ces observations suffisent à réfuter la théorie de Hobbes sur l'état de nature.

°1045) SORTAIS, La phil. moderne, II, p. 456-460.

°1046) Cf. GONZALÈS, Hist. de la phil., III, p. 319, et SORTAIS, La phil. moderne, t. II et III.

°1047) Les découvertes de Newton concernant la lumière (analyse spectrale, etc.) sont aussi très importantes, mais regardent un domaine plus spécial.

°1048) Étant donné que la quantité du mouvement est invariable, ces lois enseignent comment cette quantité se répartit entre les deux corps après le choc et comment la direction change; par exemple: «Si deux corps supposés parfaitement durs sont égaux et animés d'une égale vitesse, chacun rejaillit après le choc avec la même vitesse et dans une direction opposée» (Cf. BRÉHIER, Hist. phil., II, p. 91). Ces lois d'ailleurs ne s'appliquent pas aux corps réels qui ne sont pas parfaitement durs et l'expérience les contredit.

°1049) Cf. BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 94.

°1050) Cf. Les principes, p. 484.

°1051) Il fut découvert et développé simultanément par Newton et Leibniz qui réclamèrent tous deux la priorité; «l'examen direct et minutieux des documents relatifs à cette longue querelle, dit Carra de Vaux, semble bien établir l'indépendance des deux découvertes» (Newton, p. 13-16).

°1052) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 313.

°1053) C'est la preuve de Dieu popularisée par Voltaire; cf. §370.

°1054) Cf. MARÉCHAL, Précis de phil. mod., p. 262.

°1055) Il admettait de même le mouvement absolu, «c'est-à-dire, sous les mouvements relatifs que nous percevons, le déplacement réel, correspondant à des positions et à des durées absolues» (MARÉCHAL, MARÉCHAL, Précis de phil. mod., p. 272). Cf. plus bas, §383, la critique de ces idées par Hume et ce qu'il faut en penser.

°1056) Plusieurs comme Berkeley, Hume, Kant l'admirent comme astronome et combattent ses théories métaphysiques sur l'espace et le temps. Beaucoup d'autres avec Voltaire, admettent le rôle de Dieu, mais interprètent la gravitation comme si elle était une nouvelle propriété corporelle trouvée par Newton. D'autres enfin chercheront l'explication de l'ordre sidéral dans une «cosmogonie scientifique» et nous aurons l'hypothèse de la nébuleuse primitive (Kant) et le système de Laplace.

°1057) Clarke défendit cette thèse contre Leibniz avec lequel il correspondit à ce sujet; il revendique aussi les droits de la liberté psychologique contre le déterminisme leibnizien.

°1058) MARÉCHAL, Précis de phil. mod., p. 252-3.

°1059) L'athéisme était considéré comme un danger pour l'État et menacé de sanctions légales; en 1667, un Bill «again Blasphemy and Profaneness» fut voté aux Communes, mais ne fut pas accepté par la Chambre des Lords.

°1060) A. LANTOINE, Un précurseur de la franc-maçonnerie, John Toland, suivi de la trad. franç. du Pantheisticon, Paris, 1927.

°1061) Dédiées à la Reine de Prusse, publiées à Londres.

°1062) Il expose en particulier cette thèse dans une de ses Lettres..., intitulée: «Le mouvement comme propriété essentielle de la matière».

°1063) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 325.

°1064) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 293.

°1065) GONZALÈS, Hist. de la phil., III, p. 353.

°1066) MARÉCHAL, Précis de phil. mod., I, p. 257.

°1067) Cette morale «scientifique» se retrouve chez les positivistes du XIXe siècle. Taine et surtout Durkheim; cf. plus bas, §500 et §516.

°1068) A. Comte, dans sa morale positiviste, a synthétisé les deux aspects; cf. plus bas, §466.

°1069) MARÉCHAL, Précis de phil. mod., I, p. 256.

°1070) Théorie des sent. mor., trad. fr. marq. de CONDORCET, II, p. 257.

°1071) La richesse des nat., trad. fr., p. 1.

°1072) La richesse des nat., trad. fr., p. 3.

°1073) Ce dessein sera réalisé par A. Comte; cf. plus bas, §464.

°1074) Outre les «philosophes» ici mentionnés, une place à part revient au XVIIIe siècle à J.-J. Rousseau. Il en sera parlé plus loin, au ch. du Positivisme, §448 et suiv.

°1075) Le philosophe le plus important pour la doctrine est Condillac dont nous parlons plus loin, §379. Dans la foule des autres, il n'y a pas de chef: ils sont tous philosophes secondaires. Nous mettons La Mettrie en tête comme premier dans le temps.

°1076) BARBEDETTE, Hist. de la Phil., p. 430.

°1077) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 607-610.

°1078) DESTUTT DE TRACY (1754-1836), ami de Cabanis, auteur des Éléments d'idéologie, l'un des plus influents parmi les idéologues du début du XIXe siècle, continue la psychologie empiriste jusqu'au moment où elle sera remplacée par l'éclectisme. Cf. plus bas, §441, et BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 600-606.

°1079) Nous retrouverons ces idées chez A. Comte, cf. plus bas, §457.

°1080) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 441.

°1081) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 442.

°1082) «On ne trouvera pas dans Voltaire de doctrine philosophique au sens technique du mot» (BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 456).

°1083) On connaît les vers célèbres:

	L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer
	Que cette horloge marche et n'ait point d'horloger...
	Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer.
	(Epître à l'aut. des Trois Imposteurs).

°1084) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 458.

°1085) Comme apôtre de la tolérance et comme philosophe sceptique, Voltaire eut un précurseur au XVIIe siècle dans le protestant Pierre BAYLE (1647-1707) qui, dans son Dictionnaire historique et critique, entreprend de montrer que tous les dogmes se valent, parce qu'aucun n'est solidement fondé en raison. Bayle reste de son temps par son attachement à la foi de ses pères, mais il veut que chacun soit libre de ses croyances. Cf. J. DELVOLVÉ, Essai sur Bayle, Paris, 1906. - BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 296-305.

°1086) Il avait environ 27 ans, d'après ses confidences à Lady Masham.

°1087) Locke avait pris l'habitude de noter ses réflexions et même d'écrire de petits traités; mais ils ne furent publiés que beaucoup plus tard.

°1088) «Nous trouvons dans ses commonplace Books toute une série de petits écrits... Error, Sacerdos, Scriptura sacra, Traditio, Unitaria Trinity sont les titres les plus intéressants parmi ces études» (A. BOÈME, dans Dict. théol. cat. , art. Locke, col. 849-850).

°1089) En 1688, Le Clerc en avait publié un Abrégé dans la Bibliothèque universelle; la deuxième édition, en 1694, contient plusieurs additions et changements. Coste en publia dès 1700 une traduction française revue par Locke lui-même.

°1090) Cf. De arte medica.

°1091) Essai sur l'ent. hum., avant-prop., §2, col. HATIER, p. 13.

°1092) Essai sur l'ent. hum., avant-prop., §7, col. HATIER, p. 18.

°1093) Essai sur l'ent. hum., avant-prop., §2, col. HATIER, p. 14.

°1094) «Le vrai fondateur de la psychologie empirique, de la psychologie considérée comme science des phénomènes internes, c'est Locke» (JANET et SÉAILLES, Hist. de la phil., p. 34).

°1095) Locke fait allusion aux termes scolastiques: phantasma, species. Le premier, en thomisme, désigne l'image d'ordre sensible, spécialement l'objet de l'imagination; le second est plus large et s'applique aux concepts qui sont dans la raison, comme à la connaissance sensible. L'usage correct de ces termes comporte d'ailleurs des nuances délicates que Locke paraît totalement ignorer.

°1096) Essai, Introd., §8; col. HATIER, p. 18-19.

°1097) Essai, l. 2, ch. 1.

°1098) Essai, l. 1, ch. 1., §23, col. Hatier p. 35.

°1099) HERBART DE CHERBURY, théologien appartenant à l'école platonicienne de Cambridge. Dans son De veritate (1628) il se propose d'apaiser les controverses religieuses en distinguant les vérités communes qui sont innées, des autres doctrines où il faut laisser la liberté. Les cinq vérités innées. selon lui, sont: Dieu existe; il faut lui rendre un culte; le culte le meilleur est la vertu; il faut se repentir de ses péchés; il y a des sanctions dans la vie future; cf. Essai, l. 1, ch. 2., §15, col. Hatier p. 55.

°1100) Essai, liv. 2, ch. 1., §5, col. Hatier p. 22.

°1101) Cette démonstration se poursuit dans le l. I, ch. 3, §4-19.

°1102) «A withe paper» (Essai, l. 2, ch. 2, §2); l'expression «table rase» est d'Aristote: cf. plus haut, §83.

°1103) Exemples de Locke, Essai, l. 2, ch. 1, §3.

°1104) Locke lui-même, sans nier la spiritualité de l'âme, ne la croit pas démontrée.

°1105) Essai, l. 2, ch. 8, §9 et 10.

°1106) Cette distinction découlait pour Deacartes de l'identité affirmée entre substance corporelle et étendue; Locke n'admet pas cette identité et s'en réfère à l'expérience.

°1107) Essai, l. 2, ch. 1, § 3-4.

°1108) La distinction entre la vie sensible et les opérations spirituelles est très légitime et capitale pour définir l'âme humaine; mais elle suppose une analyse des faits de conscience à la lumière de principes de psychologie rationnelle préalablement élaborés, comme on le trouve en thomisme.

°1109) Essai, l. 2, ch. 1, §4.

°1110) BRÉHIER, (Hist. de la phil., II, p. 280) signale une troisième catégorie: les Idées simples qui sont à la fois de sensation et de réflexion, comme celles d'existence, de durée et de nombre.

°1111) Pour distinguer ce premier groupe de la catégorie générale des idées complexes ou dérivées, nous les appellerons «idées combinées ou complexes par combinaison».

°1112) Essai, l. 2, ch. 12, §1.

°1113) Essai, l. 2, ch. 23, §1.

°1114) Cette position suggère déjà la solution de Kant (cf. plus bas, §406) et la théorie de l'Inconnaissable de Herbert Spencer (cf. plus bas, §481).

°1115) Essai, l. 2, ch. 28, §1.

°1116) Essai, l. 2, ch. 14, §2, 6, 12. Kant lui aussi attribue spécialement le temps aux phénomènes internes et l'espace aux faits extérieurs; cf. §398.

°1117) «Nous trouvons en nous-mêmes la puissance de commencer, de continuer et de terminer plusieurs actions de notre esprit, et plusieurs mouvements de notre corps, et cela simplement par une pensée ou un choix de notre esprit, qui détermine et commande, pour ainsi dire, que telle ou telle action soit faite ou ne soit pas faite: c'est ce que nous appelons volonté» (Essai, l. 2, ch. 21, §5.),

°1118) Locke appelle «choix» le jugement de l'esprit, tandis que pour S. Thomas, le choix, «electio», est l'acte même de volonté libre; cf. Somme théol., Ia-IIae, q. 13.

°1119) Essai, l. 2, ch. 21, §24.

°1120) Essai, l. 2, ch. 21, §25.

°1121) Cf. JANET et SÉAILLES, Hist. de la phil., p. 340.

°1122) Essai, l. 2, ch. 21, §47 et 50.

°1123) «Radix libertatis est in ratione posita», dit S. Thomas (De veritate, q. 24, art. 2).

°1124) Essai, l. 2, ch. 18, §5.

°1125) Essai, l. 2, ch. 26, §2.

°1126) Ce travail de critique sera accompli par Hume; cf. plus bas, §384.

°1127) Locke parle de l'esprit en général, qui est, selon l'opinion courante, l'intelllgence spirituelle.

°1128) En prenant «science» au sens thomiste; cf. §264.

°1129) C'est celle que Locke semble seulement conserver.

°1130) Essai, l. 2, ch. 30. Les idées simples sont toutes réelles, mais à différents degrés comme nous le dirons plus bas.

°1131) À ce point de vue, la substance est toujours incomplète, puisque nous ignorons l'essence réelle des choses.

°1132) Essai, l. 2, ch. 32, §1.

°1133) Essai, l. 4, ch. 1, §2.

°1134) Essai, l. 4, ch. 9.

°1135) Essai, l. 4, ch. 2, §7.

°1136) Essai, l. 4, ch. 2, §14.

°1137) Cf. GONZALÈS, Hist. de la phil., III, p. 338.

°1138) Aussi, ne faut-il pas s'étonner de voir la doctrine de Locke évoluer vers le phénoménisme positiviste de Hume.

°1139) Essai, l. 4, ch. 10, §1-9.; cf. MARÉCHAL, Point de dép., II, p. 140.

°1140) Kant ne l'admettra plus que comme une loi de la pensée, mais la critériologie thomiste justifie pleinement la valeur réaliste de ce grand principe; cf. §409.

°1141) Cf. BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 281.

°1142) Essai, l. 2, ch. 33. La stabilité des groupes est garantie par la loi d'association des idées: ébauche de la solution de Hume.

°1143) Cf. plus haut, §374, (2), l'analyse de ces idées, ramenées à celles du plaisir et de la douleur.

°1144) Essai, l. 4, ch. 3, §18.

°1145) Locke proteste aussi à bon droit contre l'emploi presque exclusif des langues anciennes dans l'enseignement du temps; S. Jean-Baptiste de la Salle à la même époque réagissait en France dans le même sens en introduisant la lecture en langue vulgaire.

°1146) Locke ajoute que le droit de propriété est encore soumis à deux conditions: 1) que le possesseur ne laisse pas périr la chose entre ses mains; 2) qu'en s'appropriant certaines choses, il en laisse encore pour les autres; cf. Essai sur le gouvern. civil, ch. 6; GONZALÈS, Hist. de la phil., II, p. 347. Ces théories économiques qui présagent celles de Marx, appellent de graves réserves; cf. plus bas, §482-3.

°1147) «Nihil est in intellectu quin prius fuerit in sensu» dit l'adage d'Aristote; cf. §69, §83, §262.

°1148) MARÉCHAL, Précis d'hist. de phil. mod., I, p. 259.

°1149) W. Molineux avait proposé ce problème à Locke et l'un et l'autre, comme d'ailleurs Berkeley, y répondait négativement. Le fils de ce Molineux était condisciple de Berkeley à Trinity College.

°1150) L'Analyste est un discours adressé à un mathématicien incroyant.

°1151) Il se montra partisan d'une entente avec les catholiques; en 1745, lors de la révolte écossaise en faveur des Stuart, il s'efforça de calmer les esprits par sa Lettres aux catholiques romains du diocèse de Cloyne. Il écrivit encore, dans le même sens pacifique: Mot aux sages (1749) et Maximes de patriotisme (1751).

°1152) «Un médecin de ma connaissance, écrivait à Berkeley J. Percival, à qui j'ai parlé de votre livre des «Principes», dit que vous devez être fou et que vous devez immédiatement prendre des remèdes».

°1153) Le raisonnement est irréfutable, si l'on prend comme point de départ l'empirisme de Locke, enseignant que tout le contenu de nos idées se ramène à des éléments sensibles; mais c'est précisément ce point de départ que conteste à juste titre la doctrine de l'abstraction bien comprise; cf. plus haut, §69 et §374.

°1154) Cf. BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 345.

°1155) Common Book, 555.

°1156) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 345.

°1157) Nous retrouverons cette théorie chez Hume où nous l'apprécierons; cf. §382.

°1158) Si personne n'y pense, elles sont pur néant; mais pour Berkeley, Dieu y pense toujours.

°1159) Cette étendue concrète, seule admissible, n'est pas divisible à l'infini; c'est pourquoi, pour Berkeley, le calcul infinitésimal de Leibniz et de Newton est un travail stérile sur une abstraction creuse.

°1160) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 29.

°1161) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 31.

°1162) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 38.

°1163) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 38.

°1164) Il ne faut pas confondre ce témoignage des sens avec l'évidence objective d'ordre intellectuel que possède un jugement porté sur l'existence ou la nature de tel objet corporel hors de nous. Pour justifier la valeur de ce jugement, il faut une «démonstration» critique plus profonde que la simple intuition sensible: celle-ci n'en est que le point de départ.

°1165) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 36.

°1166) En ce sens, Berkeley ne distingue plus la réflexion de la sensation: toutes deux sont également et uniquement des faits de conscience; mais en un autre sens, il admet, comme Locke, deux sources d'idées: l'une externe (Dieu), l'autre interne (la conscience).

°1167) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 70.

°1168) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 48.

°1169) Pour Berkeley, toute la réalité de notre corps étant d'être pensé, «lever le bras» par exemple, veut dire être capable de produire la série des sensations kinesthésiques ou visuelles qui forment cet objet: «un bras qui se lève».

°1170) Dire «des objets, qu'ils sont dans l'intelligence», c'est dire «tout simplement que l'intelligence comprend ou perçoit ces objets». Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 74.

°1171) C'est pourquoi Berkeley critiquait les newtoniens qui plaçaient dans les corps une force attractive de gravitation; il admettait certes les lois découvertes par Newton, mais comme réglant la suite de nos sensations.

°1172) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 46.

°1173) Parole de saint Paul que Berkeley aime à citer; cf. [Ac 17:28].

°1174) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er et 3e dial., col. HATIER, p. 48 et 76.

°1175) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 66: «Dieu n'a pas de sensations à proprement parler».

°1176) Berkeley cite les discussions sur l'étendue de la matière, sa continuité, son homogénéité, sa divisibilité; la transmission du mouvement, l'interaction des corps, «les formes substantielles, la substance et l'accident, le principe d'individuation, l'origine des idées, faction de l'âme sur le corps», etc.; cf. Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 74-75.

°1177) Siris, N° 337; éd. Fraser, III, p. 286.

°1178) Le XVIIIe siècle, peu enclin aux intuitions platoniciennes, ne retint guère de la Siris que ces considérations curieuses sur l'eau de goudron.

°1179) Rien de moins certain, en particulier, que l'existence du feu subtil, instrument de Dieu.

°1180) Cette intuition n'est d'ailleurs qu'un point de départ qui ne dispense pas de recherches et de raisonnements multiples pour constituer la science de l'âme; cf. §327.

°1181) Le même matériellement, mais vu sous un aspect plus profond; cf. §409.

°1182) Nos sciences n'expriment pas les individus comme individus, mais les propriétés et les lois sont les mêmes en nos sciences et dans le réel, quoique sous deux modes d'être différents, là universel, ici individuel.

°1183) Cette solution fait songer à Malebranche et à la vision en Dieu; mais pour celui-ci, nos sciences atteignent des Idées divines d'ordre intelligible; Berkeley n'admet que des phénomènes sensibles et concrets: «À tout prendre, dit-il, il n'y a pas de principes plus foncièrement opposés que ceux de Malebranche et les miens» (Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 47). La Siris s'en rapproche davantage.

°1184) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 3e dial., col. HATIER, p. 69.

°1185) On l'appelle souvent aussi un sensualisme; sur ce terme, cf. plus haut, §356.

°1186) Condillac enseigne que dans l'autre vie l'âme immortelle exercera ses facultés supérieures à la sensation.

°1187) Les deux premiers vol. parurent à Londres en 1739; le troisième en 1740.

°1188) Philosophical Essays concerning human understanding, dont le titre devint, à partir de 1758: Inquiry concerning human understanding. Cet ouvrage fut traduit en allemand en 1756 et il eut une grande influence sur la formation du kantisme; cf. plus bas, [§388].

°1189) DIDIER, Hume, p. 5.

°1190) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 404.

°1191) Traité de la nat. hum.

°1192) Hume échappait ainsi à la critique de Berkeley, objectant qu'une idée ne peut représenter qu'une autre idée: «il est vrai que toute idée est représentative, mais d'une impression qui est de même nature qu'elle et supérieure seulement en intensité». BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 406.

°1193) «Pour ce qui est, dit Hume, des impressions provenant des sens, la cause ultime en est, à mon avis, parfaitement inexplicable à la raison humaine». Traité de la nature humaine, livre 1, 3e Partie, sec. 5; trad. David. Oeuvres choisies, p. 109; cf. MARÉCHAL, Point de dép. de la mét., cah. II, p. 151.

°1194) Les idées complexes peuvent être construites à volonté, en sorte qu'il n'y ait pas d'impression complexe correspondante; mais elles se réduisent à des idées simples auxquelles répondent toujours des impressions simples.

°1195) Cf. DIDIER, Hume, p. 8. Cf. Traité de la Nat. hum., livre 1, 1re partie, sec. 2; trad. David, Oeuvres choisies, p. 17.

°1196) Si inné veut dire original, non copié sur une impression précédente, «il faudra dire que nos impressions sont innées et que nos idées ne le sont pas», dit Hume; cf. DIDIER, Hume, p. 7.

°1197) Treatise of human nat., livre 2, sec. 4.

°1198) En termes logiques, quant à la compréhension de l'idée [PDP, §27].

°1199) Treatise of human nat., livre 2, 1re partie, sec. 7; cf. MARÉCHAL, Point de départ de la mét., II, p. 156.

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