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«Trop, c'est trop!»
(Lettre ouverte de 19 «prêtres» dissidents québécois)

N'est-ce pas affriolant d'être un prêtre catholique?
N'est-ce pas affriolant d'être un «prêtre catholique»?
(Source)

1) Mes commentaires sur cette lettre ouverte

Si Dan Brown, l'auteur du Code de Da Vinci, écrivait un roman sur cette lettre ouverte, on pourrait lire:

Nous sommes 19 prêtres protestants libéraux qui refusons de croire les enseignements officiels de l'Église catholique sur la sodomie, parce que c'est notre sport de contact préféré. Par contre, le salaire d'un pasteur protestant libéral est minable, donc nous préférons mettre «prêtre catholique» sur notre rapport d'impôt. Ainsi, nous avons plus de temps libre et de confort pour pratiquer notre sport préféré. Il ne nous reste plus qu'à déblatérer des âneries sur l'esprit de Vatican II (sans jamais citer les documents officiels de ce Concile, qui bien sûr nous contredisent). Comme plusieurs de nos évêques sont aussi des adeptes de notre sport préféré, ils nous laisseront en paix.

(Ne soyez pas insultés; ce n'est qu'un roman!)

Le plus triste, dans toute cette histoire, n'est pas que 19 prêtres «catholiques» attaquent l'Église. Il y a toujours eu, il y a, et il y aura toujours des gens pour rejeter le Pape et les évêques en communion avec lui, c'est-à-dire le Magistère de l'Église [Lc 10:16].

Non, le plus triste, c'est que [au 2 mars 2006] ZÉRO prêtres catholiques québécois ont jusqu'ici osé avouer qu'ils étaient d'accord à 100% avec les enseignements de l'Église! Voilà plus de deux ans que je cherche, et je n'ai jamais trouvé un prêtre (ou un évêque) au Québec qui était prêt à signer une telle déclaration de fidélité, et à la rendre publique... J'en ai trouvé quelques-uns qui étaient d'accord avec tous les enseignements de l'Église, mais qui ont pris la fuite lorsque je leur ai suggéré qu'ils mettent ça par écrit et sur l'Internet!

Dans le grand match de hockey entre l'équipe des Démons du Québec, et celle des Anges du Christ, les Démons mènent 19 à 0... Et dire qu'on prétend parfois que les personnes homosexuelles sont peureuses! Je commence à me dire qu'elles sont peut-être plus viriles que la plupart des prêtres québécois fidèles au Pape!

(Heureusement pour l'honneur de la Prêtrise, un prêtre a élevé la voix jusqu'ici, même s'il ne parle pas assez clairement, selon moi: l'abbé Denis Saint-Maurice, dans sa lettre intitulée «Prêcher Jésus ou le monde?».)

2) La lettre en tant que telle

Note: La lettre ouverte suivante a été publiée dans le quotidien La Presse de Montréal, le dimanche 26 février 2006, en page A-11. Voir Le feu de circulation critique pour l'explication des couleurs que je donne à ce texte.

[Vert] Deux interventions ecclésiales récentes ont porté sur les personnes d'orientation homosexuelle: l'une concernait le mariage civil des conjoints de même sexe ici au Canada, l'autre traitait de l'accès à la prêtrise et venait du Vatican. Dans le premier cas, il s'agissait du mémoire de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) auprès du Comité législatif chargé du projet de loi C-38; l'autre document émanait de la Congrégation pour l'éducation catholique à Rome.

[Jaune] Dans les deux cas, l'attitude globale qu'on y manifestait ainsi que l'argumentation qui y était déployée soulèvent chez nous - comme chez bien d'autres - perplexité et désaccord.

Perplexité et désaccord? Je n'en doute pas. Perplexité et désaccord justifiés? C'est ce qu'on va voir!

Perplexes devant l'attitude négative

[Vert] Le Concile Vatican II a mis en lumière une donnée fondamentale:

[Jaune] l'Église aime le monde.

Dans les Évangiles, l'expression «le monde» a parfois une signification positive, comme dans «Car Dieu a tant aimé le monde [...]» [Jn 3:16]. Dans ce cas, «le monde» signifie en gros «tous les hommes», et vous avez raison de dire que «l'Église aime le monde». Mais l'expression «le monde» a aussi parfois une connotation négative, comme dans «N'aimez ni le monde ni ce qui est dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est pas en lui» [1Jn 2:15]. Dans ce cas, «le monde» signifie quelque chose de négatif, que l'Église combat plutôt que d'aimer. Quand Jésus parle du «Prince de ce monde» [Jn 12:31], ce n'est pas un compliment!

[Vert] Elle l'accueille avec ses richesses et ses misères. Elle se montre disposée à l'accompagner dans sa marche. Elle souhaite et désire contribuer à la vie des sociétés qui en font partie, et elle s'attend également à s'enrichir à leur contact.

[Vert] Dans la présentation du mémoire au Comité législatif sur le

[Rouge] mariage gai,

Pseudogamie. Ou au moins mettez le mot «mariage» entre guillemets dans une telle expression, puisque les unions homosexuelles sont par nature stériles, et que le mariage est, de par sa nature même, orienté vers la procréation et l'éducation des enfants.

[Vert] quelle différence d'attitude! Vous semblez donner un cours de droit et d'anthropologie à nos représentants politiques. Vous dénoncez le piètre état du mariage au pays et vous annoncez une dégradation encore plus grande si le projet C-38 devenait loi.

[Vert] Vous nous faites malheureusement penser à ces «prophètes de malheur» évoqués jadis par Jean XXIII à l'ouverture du concile.

À considérer les statistiques sur l'Église catholique depuis Vatican II, on est en droit de penser que ces «prophètes de malheur» n'avaient pas si tort!

[Jaune] Comme on se sent loin de la Constitution pastorale sur l'Église dans le monde de ce temps!

Oui! Ce document visait à renouveler l'Église, et c'est le contraire qui s'est produit, en partie à cause de gens comme vous!

[Vert] On pouvait y lire: «Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps [...] sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur coeur.»

[Jaune] Quant à la compassion qui imprégnait toute la démarche de Jésus sur terre, y a-t-il là quelque trace? Pas un paragraphe, pas une phrase dans votre mémoire qui prenne en compte la discrimination historique exercée à l'endroit des personnes homosexuelles, et la tragédie de leur exclusion sociale ou ecclésiale ressentie profondément par un grand nombre d'entre elles.

Je ne sais pas. Je n'ai pas encore lu ce mémoire. Il se peut très bien que la compassion ait été oubliée. Les évêques canadiens ne sont pas parfaits dans leurs décisions pastorales. La preuve: vous avez tous été ordonnés prêtres par eux!

[Jaune] C'est pourtant dans cette souffrance humaine que s'enracine toute la quête de reconnaissance sociale du mouvement gai dans ses multiples expressions. N'y a-t-il pas là de quoi être perplexes?

La discrimination injuste envers les personnes souffrant d'attirances envers le même sexe (AEMS) y est sûrement pour quelque chose. Par contre, il y a d'autres facteurs qui sont impliqués dans le «mouvement gai», comme par exemple le désir lubrique de détruire la Chrétienté.

[Vert] C'est la même attitude qui se retrouve dans l'Instruction de la Congrégation romaine à propos de l'admissibilité aux ordres sacrés des homosexuels. Pourtant, Timothy Radcliffe, l'ancien Maître des Dominicains, affirmait récemment à propos de ce document, selon ce que rapporte The Tablet (27 novembre 2005): «Je n'ai aucun doute que Dieu appelle des homosexuels au sacrement de l'Ordre; et il s'en trouve que je range parmi les prêtres les plus engagés et les plus impressionnants que j'aie connus. Et nous pouvons présumer que Dieu continuera d'appeler des homosexuels autant que des hétérosexuels à la prêtrise parce que l'Église a besoin des qualités des deux.»

Je n'ai aucun doute que ce cher Timothy est convaincu de ces choses. Je n'ai pas non plus de doutes sur le fait que M. Radcliffe est dans une autre église que l'Église catholique. Il y a une vingtaine d'années, j'ai tenté moi-même de devenir prêtre Dominicain. Mais je me suis rendu compte que j'avais deux «tares» inguérissables, deux «défauts horribles» qui bloqueraient à jamais mon ordination en tant que prêtre Dominicain: l'hétérosexualité, et la fidélité au Pape!

[Jaune] Il en conclut: «Nous devrions nous montrer plus soucieux de ceux que nos séminaristes pourraient être enclins à détester plutôt que de ceux qu'ils aiment. Le racisme, la misogynie et l'homophobie sont autant de signes qu'une personne pourrait ne pas être un bon modèle du Christ.»

L'homophobie, correctement définie, est condamnée par les enseignements officiels de l'Église, avec lesquels je suis parfaitement d'accord. Voir le N° 4 de «Une liste de lecture pour les personnes homosexuelles». Par contre, mentir aux personnes atteintes d'attirances homosexuelles n'est pas charitable. «Ne diminuer en rien la salutaire doctrine du Christ est une forme éminente de charité envers les âmes» [Humanae Vitae, N° 29], et la sodomie est un péché. Désolé.

En désaccord avec l'argumentation

[Vert] Toute l'argumentation sous-jacente à ces textes ne nous convainc pas. On y parle de «loi naturelle» comme s'il s'agissait d'une donnée aussi immuable qu'évidente.

[Rouge] Pour notre part, nous considérons que l'homme n'a jamais fini de chercher et de découvrir sa «vraie» nature. Il n'y a de saisie de la condition humaine que par le biais d'une culture précise qui ne cesse d'évoluer dans le temps. Ainsi, ce qui était «naturel» dans une civilisation et à une époque passées peut apparaître inacceptable maintenant.

Remarquez que, avec une argumentation comme ça, on pourrait dire que le «tabassage des tapettes» («gay-bashing» en anglais) est peut-être une bonne chose après tout! Si la nature humaine n'existe pas, ou si on ne peut jamais la connaître avec certitude, alors on ne peut pas affirmer que le «tabassage des tapettes» est intrinsèquement mauvais!

Sérieusement, on a affaire ici à la mauvaise vieille erreur philosophique qui s'appelle le Relativisme éthique, lui-même fondé sur le Scepticisme critériologique. La réfutation complète de cette erreur exige une aide professionnelle, comme par exemple F.-J. Thonnard. En attendant, on peut méditer sur la nature médicale et anatomique de la sodomie. On ne parle pas de mettre le doigt dans un pot de beurre d'arachides, ici. Le corps humain n'est pas fait pour la sodomie, c'est quelque chose qui se constate médicalement et scientifiquement.

[Rouge] Bien sûr, il s'agit d'une évolution qui s'échelonne sur beaucoup de temps, et il faut en parler en terme de siècles plutôt que d'années.

Quand on demande que les dogmes, les péchés, bref la Foi, changent avec les époques et les «cultures», c'est du modernisme, ce que saint Pie X appelait «l'égoût collecteur de toutes les hérésies».

[Jaune] Prenons un exemple: l'esclavage a perduré comme naturel, même dans l'Église, pendant des siècles, alors qu'il nous apparaît aujourd'hui «contre nature».

L'expression «naturel [...] dans l'Église» est ambiguë. L'Église, dans un sens, est pécheresse car composée d'hommes pécheurs (sauf Jésus et sa Mère). Dans ce sens, oui. Mais l'Église est aussi sainte, car fondée et guidée par Jésus-Christ, qui est Dieu tout-puissant et omniscient. Dans ce sens, non, et vous ne trouverez pas de déclarations du Magistère affirmant que certains hommes sont intrinsèquement inférieurs à d'autres, et donc «dignes» de n'être que des esclaves.

[Rouge] La responsabilité de la recherche et de la définition de la loi naturelle incombe à tout le monde

Hérésie. Voir la réfutation de cette même erreur dans mes commentaires sur la Déclaration de Winnipeg: «Le Christ a institué l'Église comme "colonne et support de la vérité". Avec l'assistance du Saint-Esprit, elle garde sans cesse et transmet sans erreur les vérités de l'ordre moral, et elle interprète de façon authentique, non seulement la Loi divine révélée, mais également les principes de l'ordre moral qui découlent de la nature même de l'homme» [Denzinger, No. 4581].

En passant, du point de vue sociologique, il est intéressant de voir le lien de parenté entre la révolte des évêques à Winnipeg en 1968, et un des fruits de cette révolte, ici en 2006. Après tout, ces 19 prêtres ne font qu'être d'accord avec leurs propres évêques!

[Vert] puisqu'il s'agit de la condition commune à l'humanité. L'Église peut puiser à des sources d'inspiration de grande valeur, dont certaines lui sont propres. Mais elle est solidaire de toute l'humanité et fait partie de ce monde. Se pourrait-il qu'elle détienne seule toutes les clés qui ouvrent les portes de l'aventure humaine authentique? Aurait-elle nécessairement le dernier mot sur les mystères de la vie politique, sociale, familiale, sexuelle?... Est-ce qu'elle détiendrait «toute la vérité» sur l'homme?

[Rouge] L'histoire et le sens commun démontrent le contraire. En ces matières, l'enseignement officiel de l'Église s'est plus d'une fois avéré erroné.

Plus l'affirmation est grosse, plus les preuves à l'appui doivent être grosses. Ici, les auteurs prétendent que l'histoire et le bon sens «prouvent» que Jésus-Christ n'est pas Dieu, ou qu'Il n'a pas fondé l'Église catholique et qu'Il ne protège pas son Magistère de l'erreur. C'est une affirmation très grosse! Or cette affirmation est présentée sans la moindre preuve!

Si on veut prétendre que l'Église se trompe lorsqu'elle dit que les attirances homosexuelles sont intrinsèquement désordonnées, il faut aussi réfuter les nombreux éléments probants qui appuient sa position. Même chose si on veut prétendre que l'Église se trompe lorsqu'Elle condamne le condom, etc. Je suis prêt; j'ai mes références, mes études, mes livres, mes faits; j'attends les vôtres.

[Vert] Nous souhaitons qu'en ce domaine l'Église tout entière se considère partie prenante de l'aventure humaine. Qu'elle soit elle-même, avec ses richesses propres et ses limites, sans complexe

[Rouge] mais sans prétention indue face à «la» vérité.

Voir mon commentaire ci-haut concernant l'infaillibilité du Magistère, même lorsque vient le temps d'interpréter la Loi naturelle.

J'imagine sans peine que ces 19 signataires rejettent l'idée que Jésus-Christ est la Voie, la Vérité et la Vie. Sauf que nous, les catholiques, on n'est pas dans une église protestante, donc on n'est pas d'accord avec eux!

[Vert] Qu'elle soit solidaire et confiante! Il nous semble que c'est dans cet état d'esprit et dans ces dispositions de coeur que Jean XXIII et le concile Vatican II invitaient le Peuple de Dieu à s'ouvrir «aux signes des temps».

Tout le monde est concerné

[Vert] Pourquoi empruntons-nous la voie de l'opinion publique? Premièrement, nous voulons dire à haute voix aux nombreux chrétiens et chrétiennes du pays qui refusent l'approche et le langage des autorités ecclésiales:

[Vert] «Vous n'êtes pas moins chrétiens pour autant!»

Effectivement, certains protestants sont chrétiens.

[Rouge] Selon nous, l'essentiel de la foi chrétienne ne se trouve pas en cause dans ce débat. Votre dissidence ne fait pas de vous des excommuniés. Puissiez-vous ne pas vous exclure vous-mêmes!

D'une certaine manière, toute cette lettre ouverte des 19 dissidents est résumée dans les deux premiers petits mots du paragraphe précédent: «Selon nous». En fait, toute cette lettre devrait s'intituler «Selon nous», et non pas «Trop, c'est trop!» Ces 19 prêtres ont tout simplement décidé qu'ils étaient leur propre pape et leur propre magistère. C'est d'ailleurs ce que font tous les hérétiques et les schismatiques. Moi, ça ne me dérange pas. Ma voisine est une prêtresse Anglicane, et on ne s'est jamais chicané. Le Canada est un pays libre. Si vous ne voulez pas être dans l'Église catholique, pas de problèmes: La porte est là.

[Vert] Deuxièmement, nous souhaitons un dialogue d'Église sur toutes les questions concernant l'homosexualité. Ce dialogue n'est malheureusement pas pratique courante au sein de nos Églises, surtout lorsqu'on pressent des divergences de vues. Et principalement quand Rome s'est déjà exprimé sur le sujet.

C'est parce que la majorité des gens ont un minimum de gros bon sens. Ils savent que «les adorateurs de la Sainte Banane doivent aller prier dans l'église en forme de banane, et que les adorateurs de la Sainte Citrouille doivent aller prier dans l'église en forme de citrouille». De nombreuses églises protestantes libérales accueillent à bras ouverts les sodomites. Ces églises enseignent exactement ce que vous voulez croire. Quel est donc votre problème?

[Vert] Nous souhaitons que des chrétiens se mettent à l'écoute de l'expérience de vie de leurs frères et soeurs homosexuels. Que ce soit dans les communautés locales comme au sein des instances de consultation plus larges, avec leurs évêques. Nous espérons que nos évêques se parlent entre eux là-dessus et ouvrent le débat dans leurs Églises respectives. Nous espérons aussi que des théologiens et des théologiennes soient mis à contribution dans ces échanges. Rencontres formelles ou informelles, annoncées ou discrètes, larges ou restreintes: cela importe peu. Le plus important, c'est que soit suscité un débat libre, une prise de parole ouverte et authentique.

Si vous voulez susciter de tels débats dans vos églises protestantes, allez-y. Ce n'est pas de mes oignons.

[Vert] Quant à nous, nous avons pris le temps de nous rencontrer avec des témoins de la réalité homosexuelle dans l'Église et nous avons décidé de rendre publique cette première réaction.

En passant, je vous félicite pour votre courage. D'une certaine manière, j'aime mieux un dissident honnête qui s'affiche publiquement, qu'un prêtre fidèle au Pape qui se cache dans les coins sombres de son église. Surtout que ces prêtres fidèles sont souvent ceux qui sont les plus embourbés dans l'hétérostupidité.

[Vert] Le Forum André Naud s'étend déjà et nos sujets d'intervention s'allongent.

[Rouge] Nous crions publiquement notre désir de réaliser le grand projet d'évangélisation que fut le concile Vatican II.

Est-ce que je peux venir à vos réunions? J'aimerais beaucoup que vous m'expliquiez comme les enseignements officiels de Vatican II s'agencent avec vos théories protestantes. Voir «L'esprit» satanique de Vatican II.

[Vert] Nous ne voulons surtout pas revenir au XIXe siècle:

Moi non plus! Il n'y avait pas d'Internet et d'ordinateurs dans ce temps-là! Dégueulasse!

[Rouge] l'ultramontanisme a fait son temps! La dissidence responsable est possible en Église.

Selon moi, la «dissidence responsable» serait plutôt de cesser de vous mentir à vous-mêmes et au monde, et de «sortir de votre placard protestant». Le fondement de tout débat et de tout dialogue est l'honnêteté. Avant d'être ordonnés prêtres catholiques, vous avez librement, publiquement et par écrit juré d'être fidèles au Pape, et d'enseigner tout ce que l'Église enseigne, et rien d'autre. Personne ne vous a forcé à vous engager ainsi. Personne ne vous force à renier votre engagement. Personne ne vous force à jouer la comédie. Personne ne vous empêche d'aller dans l'église protestante de votre choix.

[Vert] Nous voulons user de ce droit, car nous aimons l'Église du Christ et nous espérons en la réalisation de sa mission dans le monde de ce temps.

Moi aussi j'use de mon droit de m'exprimer librement, sauf que je ne fais pas semblant d'être ce que je ne suis pas. Si je devenais juif, ou musulman, ou protestant, j'arrêterais de prétendre que je veux être catholique!

Enfin, si vous voulez en débattre, moi je suis toujours disponible. Je ne mords pas, et on a sûrement des choses sur lesquelles on s'entend.

Que Dieu vous bénisse!


Les 19 prêtres signataires

Prêtres de l'Archidiocèse de Montréal: André Anctil, José V. Arruda, Jean-Pierre Langlois, Claude Lefebvre, Claude Lussier.

Prêtres du Diocèse de Joliette: Éric Généreux, Raymond Gravel, Bernard Houle, Pierre-Gervais Majeau, Ghislain Prince, Claude Ritchie.

Prêtres du Diocèse de St-Jean-Longueuil: Jean-Yves Cédilot, Jocelyn Jobin, Alain Léonard, Lucien Lemieux.

Prêtres du Diocèse de Gatineau: Benoit Fortin, Michel Lacroix, Claude St-Laurent.

Prêtre du Diocèse de Gaspé: Jacques Pelletier.

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