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Notes de bas de page (°1 à °399)

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°1) M. FESTUGIÈRE, Revue bénédictine, Maredsous, XI, 1938.

°2) FR. JANSEN, Nouvelle Revue théologique, février 1938. Nous aimons aussi à citer ce jugement: "«La perle du volume, c'est la section qui traite de saint Augustin; elle est écrite "con amore"; pour excellentes qu'elles soient, les pages réservées à Bergson, à Plotin, à saint Thomas, ne sont pas au même degré pénétrées de chaleur admirative»".

°3) SJJ: Pour distinguer ces développements de la trame primitive de l'ouvrage, ils étaient présentés en petit texte par Thonnard. Par paresse, pour l'instant je mets tout dans la même taille de police de caractères.

°4) CICÉRON, De Offic., livre 2, ch. 2.

°5) Par exemple, pour A. COMTE, le contenu de la philosophie est la somme de toutes les sciences positives; pour BERGSON, c'est le Devenir pur, inaccessible aux déductions de ces mêmes sciences.

°6) Histoire de la Philosophie médiévale, 5e éd., préface, p. 1.

°7) Ainsi CONDORCET, dans son Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain (écrite en 1793) cherche à prouver la thèse du progrès. HÉGEL voulait que ce progrès se réalisât selon le rythme universel: thèse, antithèse, synthèse; et A. COMTE le soumettait à la loi des trois états, théologique, métaphysique, positif. Cf. dans BRÉHIER: Hist. da la Phil. 1, Introd., p. 12-33, les diverses conceptions des historiens de la philosophie.

°8) Signalons ici une différence avec la Patrologie: les écrivains ecclésiastiques ne parlent pas seulement en leur nom, mais comme témoins de la tradition, véhicule de la Révélation divine: d'où l'importance des écrits secondaires; en histoire de la philosophie, l'influence dépend avant tout de la valeur doctrinale et de la pensée rayonnante du Philosophe.

°9) De caelo et mundo, 1, lect. 22.

°10) De substantiis separatis, q. 7.

°11) II, Met., lect. 1.

°12) I, De Anima, lect. 2.

°13) «Divinae revelationi tribuendum est, ut ea quae in rebus divinis humanae rationi per se impervia non surit, in praesenti quoque generis humani conditione, ab omnibus, expedite, firma certitudine et nullo admixto errore cognosci possint» Sess. 3, ch. 2, Denzinger, N° 3005.

°14) Cf. F. CAYRÉ, Précis de Patrologie.

°15) Nous prenons l'appellation au sens purement historique et nous montrerons qu'il s'agit de véritables philosophies et non de théologies.

°16) Bien que plusieurs philosophes modernes restent sincèrement chrétiens, leur philosophie ne mérite plus, comme à l'époque précédente, le titre de chrétienne. Cf. §312 à §313.

°17) Tout en restant soumis à la Foi et parfaitement d'accord avec la doctrine chrétienne, le néothomisme serait ainsi moins proprement appelé philosophie chrétienne. Cf., sur ce terme, §178 à §244.

°18) SJJ: Je ne suis pas assez connaissant en histoire de la philosophie, de 1900 à nos jours (2007), mais il faudrait peut-être rajouter un autre volet: la période post-moderne et post-chrétienne (retour vers le paganisme et la sophistique).

°19) Ce fut le cas plus encore du peuple juif, qui garda fidèlement le dépôt des vérités les plus précieuses, transmises par la divine Révélation, sans se préoccuper de sagesse purement humaine.

°20) Ajoutons la difficulté actuelle de connaître les doctrines philosophiques de l'Orient, comme l'état de la civilisation mésopotamienne qui a sûrement influencé la pensée des premiers philosophes grecs. Cf. E. BRÉHIER, (Hist. de la Phil., Introd., p. 5-7).

°21) Les préoccupations habituelles dans ce monde de négociants et de hardis navigateurs, devaient orienter les réflexions vers la solution des énigmes de la nature. Mais on peut y voir aussi une confirmation de cette loi de notre connaissance, exprimée par l'adage: «Nihil est in intellectu quin prius fuerit in sensu».

°22) Cf. RIVAUD, Les grands courants de la pensée antique, p. 22.

°23) On pourrait dire en langage thomiste, qu'ils cherchent l'explication des choses dans une cause matérielle, un sujet permanent des changements: mais ils y mêlent l'idée de cause efficiente en parlant d'une force vitale qui commande l'évolution; ou plutôt, ils n'ont encore qu'une idée très confuse de cause explicative.

°24) Le sens de cet infini reste vague: d'autres y voient un immense réceptacle, d'où sortent les mondes pour revenir s'y perdre. Cf. RIVAUD, Les grands courants de la pensée antique, p. 24.

°25) DIOGÈNE D'APOLLONIE, un crétois contemporain d'Anaxagore (cf. §8), reprend la théorie d'Anaximène en attribuant expressément à l'air primitif, matière de tout, la connaissance et la raison.

°26) ARISTOTE, De Anima, livre 1, , ch. 3.

°27) Introduction générale à la philos., p. 25.

°28) Cette évolution embrasse les événements, non seulement du monde physique, mais aussi de la vie humaine individuelle et sociale. C'est la guerre qui, par son opposition, crée la société. (Cf. GOMPERZ, Les Penseurs de la Grèce, 1, p. 79.)

°29) La «grande année» de l'évolution durait, selon Platon, 10 800 ans; selon Archytas de Tarente, 76 000 ans. Cette idée se retrouvera plus tard chez les stoïciens: cf. plus bas, §99.

°30) Cf. CROISET, Histoire de la Littérature grecque.

°31) La philosophie du Devenir pur de BERGSON renouvelle le principe d'Héraclite; mais elle s'efforce d'échapper à ces réfutations décisives en faisant appel à une autre faculté de connaissance par intuition: cf. plus bas, §538-540.

°32) CRATYLE fut le premier maître de Platon. Cf. plus bas, §39.

°33) Pythagore n'est pas un éléate; mais il se dégage franchement du sensualisme des ioniens et il s'oriente vers une explication d'ordre plus intellectuel, par l'étude des nombres; en ce sens, il conduit à la doctrine de Parménide, dont le centre est l'objet même de l'intelligence: l'être. Notons d'ailleurs que l'école pythagoricienne a toujours gardé dans l'histoire son caractère propre.

°34) Cf. CICÉRON, Tuscul. 5, 8.

°35) Ils s'adonnèrent aussi avec fruit à l'astronomie: Philolaos, un pythagoricien du Ve siècle, concevait déjà la terre avec les autres astres, comme mobile autour d'un centre occupé par le feu.

°36) On lui attribue aussi le théorème du carré de l'hypothénuse.

°37) Métaphys, livre 1, Ch. 3.

°38) C'est pourquoi en leur astronomie, ne trouvant que neuf planètes, ils imaginèrent l'anti-terre pour que l'univers fût parfait.

°39) MARITAIN, Introd. à la Philosophie, p. 31.

°40) Il semble pourtant que Pythagore admettait un Dieu, unité suprême, principe de tout, qu'il concevait sans doute à la manière d'une âme universelle, répandant partout l'harmonie, de même que notre âme était le principe d'harmonie, le nombre constitutif de notre être humain: obscur pressentiment des découvertes d'Anaxagore et de Platon.

°41) Les initiations du pythagorisme se fondirent bientôt avec les mystères d'Orphée qui apparurent en Grèce vers le Ve siècle, et dont l'influence se retrouvera dans le néoplatonisme. L'étude de ces courants relève de l'histoire des religions et du «mysticisme» païen.

°42) PLATON, Sophiste, 237, a.

°43) Cf. FOUILLÉE, Extraits des grands Phil., p. 34.

°44) Il est vrai que Parménide lui-même ne distinguait nos deux connaissances que par leur contenu, l'une disant ce qui est, l'autre ce qui apparaît, et par conséquent, il ne se mettait pas au point de vue psychologique; de là vient d'ailleurs la déficience de sa solution. Mais par la force des choses et par l'opposition entre les deux écoles, ionienne et éléate, le problème psychologique s'imposera désormais aux réflexions des penseurs grecs.

°45) On ignore comment il mourut; on l'accuse, à tort semble-t-il, de s'être jeté dans le cratère de L'Etna, afin de se faire passer pour dieu.

°46) Lire sur Démocrite: BROCHARD, Études de Phil. ancienne et moderne, ch. 3, Protagoras et Démocrite.

°47) Cet ordre de la connaissance s'appelle, en scolastique, l'ordre intentionnel, parce que, tout en respectant l'être physique du connaissant, il le porte vers le dehors, l'identifiant (comme connaissant) avec l'objet connu.

°48) C'est la théorie mécaniste moderne qui appelle cause efficiente, l'antécédent nécessaire lié au conséquent par le déterminisme de la nature. Cette théorie, explicitement élaborée après Descartes, trouve son origine chez les anciens atomistes.

°49) Cf. PERRIN, Les Atomes.

°50) Le thomisme, tout en rejetant ces erreurs, accueille volontiers les suggestions et les progrès de la pensée moderne avec lesquelles il s'harmonise pleinement, à condition de les laisser à leur rang. - Cf. NYS, Cosmologie. - MARITAIN, Les Degrés du Savoir.

°51) Cf. ARISTOTE, De Anima, 1, ch. 3; FOUILLÉE, Extraits des Grands Phil., p. 23.

°52) I. Mét. 2, c. 3, p. 984b; édit. J. TRICOT, I, p. 18. C'était en effet une sorte de révolution: jusqu'alors on avait ramené notre vie humaine et notre pensée aux phénomènes physiques; Anaxagore au contraire ramenait l'ensemble de la nature et de ses phénomènes à l'intelligence comme à leur première source.

°53) Socrate avait 40 ans à la mort d'Anaxagore; il put donc le voir et l'entendre à Athènes; en tout cas, il connut sa doctrine.

°54) MARITAIN, Introduction générale à la Philosophie, p. 38.

°55) MARITAIN, Introduction générale à la Philosophie, p. 38.

°56) MARITAIN, Introduction générale à la Philosophie, p. 38.

°57) DIOGÈNE LAERCE qui nous a conservé ces quelques pensées de Protagoras ajoute que cette dernière proposition lui attira la disgrâce des athéniens: ils le chassèrent de leur ville et condamnèrent ses oeuvres au feu. Cf. FOUILLÉ, Extraits des grands Philosophes, p. 36.

°58) E. DUPRÉEL, Les sophistes: Protagoras, Gorgias, Prodicus, Hippias, Neuchatel, 1948.

°59) Il faut reconnaître aussi leur mérite comme grammairiens, orateurs, encyclopédistes; mais cela ne suffit pas à les réhabiliter, comme ont essayé de le faire quelques modernes, par ex. GOMPERTZ, Les Penseurs de ta Grèce, tome 2, p. 450 et suivantes.

°60) Le démon (ou mieux daimon) de Socrate ne comporte aucun sens péjoratif. Voir l'explication au §37.

°61) On connaît aussi son fils Lamproclès, auquel il prêcha la patience et la soumission envers sa mère. Cf. XÉNOPHON, Entretiens mémorables, livre 2, ch. 2, col. Hatier, p. 46.

°62) Maïeutique, de μαιεύω, accoucher: c'est l'art d'accoucher les esprits pour qu'ils conçoivent et mettent au jour la vérité.

°63) Cf. PLATON, Théétète, 1, VI, 202; VII, 204.

°64) Voir par exemple les trois étapes de l'élaboration du concept de justice, dans XÉNOPHON, Entretiens, ch. 2, N° 13-16; édit. DELALAIN, p. 83. Cf. PIAT, Socrate, p. 109 et suiv.; PALHORIÈS, Vie et doctrine des grands Phil., I, p. 49.

°65) Par exemple, partant du principe que l'ingratitude est une injustice, il fait conclure à son fils Lamproclès, qu'il doit respecter sa mère. Cf. XÉNOPHON, Mémorables, livre II, I, Nos. 19-25, col. Hatier, p. 47; PLAT, Socrate , p. 122.

°66) Cf. Saint Thomas, Somme théologique, Ia, q. 117, a. 1.

°67) Socrate lui-même ne les dégagea pas clairement. Cf. BRÉHIER, Hist. de la Phil., 1, p. 93.

°68) Introd. générale à la Phil. p. 42.

°69) BRÉHIER, dans son Hist. de la Phil., p. 93-94, montre que Socrate cherchait moins à construire une science morale qu'à éprouver les hommes eux-mêmes pour les forcer à se reconnaître et à se convertir. Mais il n'agissait pas au hasard: ce n'est pas le trahir que de recueillir les principes directeurs de son action et d'en montrer la cohérence; c'est pourtant expliciter sa pensée.

°70) Cf. PLATON, Ménon, au début. (Éd. Saint-Martin, II, p. 50) et XÉNOPHON, Memor. II, ch. t (col. Hatier, p. 40-42).

°71) En cela, l'idéal du philosophe reste malgré tout païen: Cf. le portrait qu'en trace Platon dans le Banquet, où Socrate est représenté, passant toute la nuit en réjouissances.

°72) Celui-ci, en effet, ne veut pas dépasser l'expérience sensible. Cf. plus bas. §471 et §489.

°73) Cf. Ia-IIae, q. 49-55 et 57, a. 1.

°74) Notons que la morale philosophique elle-même doit mettre le bien suprême de l'homme dans l'autre vie. (Cf. plus bas, §90). Mais il reste très vrai que la béatitude même imparfaite, obtenue en cette vie par la pratique de la vertu, suffit aux grandes âmes, et surabondamment, si l'on se met dans l'ordre de la grâce où fleurit la sainteté.

°75) Ce serait une conséquence erronée du paradoxe socratique: historiquement, Socrate ne l'a pas dégagée.

°76) Ce qu'il appelait son daimon; cf. §28.

°77) En 427 selon BRÉHIER, Hist. de la Phil., 1, p. 96.

°78) Euclide de Mégare ne doit pas être confondu avec Euclide d'Alexandrie, le célèbre géomètre qui vécut au IIIe siècle av. J.-C. (330-270).

°79) Cette école, avec le jardin, devint la propriété collective des disciples de Platon, formés en association religieuse, et elle persévéra jusqu'en 529 ap. J.-C.. sous Justinien.

°80) Dion était neveu de Denys l'ancien et cousin de Denys le jeune dont il était ministre. Il était gagné aux idées politiques de Platon, ce qui fut une des causes de sa disgrâce.

°81) Histoire de la Philosophie, I, p. 98-99.

°82) Nous écrivons Idée avec une majuscule, chaque fois que le mot désigne les réalités platoniciennes ici décrites.

°83) On les appellerait, en langage thomiste, des formes pures. Cette propriété des Idées est clairement affirmée dans le Phèdre où l'âme est représentée comme voyant «dans un lieu au-delà du ciel» ces réalités «sans couleur et sans forme» que sont les Idées. Cf. BRÉHIER, Hist. de la Phil., I, p. 117. Pourtant, d'autres textes moins clairs, surtout dans le Parménide et le Timée, ont pu favoriser l'interprétation des néoplatoniciens: cf. plus bas, §129.

°84) L'appréciation de cette doctrine sera plus aisée après l'exposé de la méthode qui lui correspond.

°85) PHÉDON, IX; col. Hatier, p. 37.

°86) Allégorie du Phèdre: le cheval blanc représente le coeur, et le cheval noir, la concupiscence. Cf. §60.

°87) Cf. DIÈS, Platon, p. 145. - BRÉHIER, Hist. de la Phil., I, p. 111-115 et 121, explique autrement ce rôle de l'hypothèse, en tenant compte de l'évolution historique du philosophe. Il y voit une application de la méthode d'analyse mathématique, où l'on suppose le problème résolu pour en tirer les conséquences. Platon pose ainsi l'hypothèse des Idées pour résoudre le problème de la science; il en tire les conséquences (réminiscence, éternité de l'âme, etc.); puis il les critique, paraît abandonner son hypothèse (dans le Théétète); mais il y revient grâce à la théorie de la participation des Idées (dans le Parménide). Bréhier échelonne dans la vie de Platon les quatre degrés de la méthode exposés ici.

°88) Cf. République, livre VII, principalement ch. XIV (coi. Hatier, p. 40), où ces quatre degrés sont résumés très clairement.

°89) On pourrait aussi admettre que Dieu, à notre naissance, crée à la fois notre âme spirituelle et ses idées; mais Platon n'avait pas la notion de création et il ne lui restait qu'à supposer l'âme préexistante: cf. §58.

°90) Socrate fait trouver à l'esclave que, étant donné un carré, on en obtient un autre d'une superficie double en le construisant sur la diagonale du premier.

°91) Sur le sens de ce mot, cf. §120.

°92) Nous avons ici un dernier aspect de la méthode platonicienne: la division où Aristote voyait comme un pressentiment du syllogisme (cf. Premiers Analyt., I, N° 31).

°93) C'est le sujet du dialogue Le Sophiste. La réalité du non-être pour expliquer l'erreur est une conséquence du réalisme exagéré: elle n'est pas requise dans la théorie de l'abstraction.

°94) Cf. République, livre VI, vers la fin, et livre VII, ch. IV, col. Hatier, p. 24.

°95) Début du discours de Timée dans le dialogue de ce nom, qui expose la physique et la physiologie de Platon. Cf. éd. Panthéon lit., II, p. 637.

°96) La célèbre comparaison de la caverne est au VIIe livre de la République, ch. I-III. (col. Hatier, p. 22-24).

°97) Ces deux Idées doivent permettre à l'Âme de connaître à la fois le monde Idéal où tout est stable (le Même), et le monde sensible où tout change (l'Autre); cf. Timée, éd. Panthéon lit., II, p. 640.

°98) Cf. Les Lois, livre X, éd. Panthéon lit., I, p. 362 et suiv.

°99) Cf. DIÈS, Autour de Platon, II, p. 522-574.

°100) Le Bien, la Pensée et l'Âme constituent ce qu'on a appelé la «Trinité platonicienne»: elle jouera un grand rôle dans le néoplatonisme; cf. §132.

°101) République, livre VII, ch. IV, col. Hatier, p. 24-25.

°102) Sur ce point d'ailleurs la doctrine de Platon est encore très imparfaite.

°103) Plotin s'en approchera pourtant: cf. §124.

°104) Cette distinction s'appelle virtuelle, parce qu'elle est fondée sur l'éminente richesse de la perfection divine qui équivaut, en sa simplicité, à toutes nos perfections; et comme elle est moindre entre les attributs divins qu'entre les degrés métaphysiques des natures (par ex. entre animalité et rationalité en l'homme), on l'appelle virtuelle mineure.

°105) Platon ne parle pas de l'aptitude du corps à exister à part. D'après sa théorie de la matière, le corps ne serait qu'un point d'arrêt dans le flux de la matière, un assemblage retenu quelque temps stable par l'influence de l'âme.

°106) Dans le Phédon, il commence par quelques arguments probables, comma celui qu'il fonde sur la théorie des contraires: Tout change selon la loi d'alternance des contraires. La mort succède à la vie; donc la vie de l'âme succède à la mort du corps. Cf. Phédon, ch. XVI, col. Hatier, p. 44-45.

°107) Phédon, ch. LXIII, col. Hatier, p. 91-92. Ces doutes portent avant tout sur la longue description mythique du séjour des âmes, aux ch. LVII-LXII: Platon teste pleinement convaincu de l'immortalité de l'âme, autant du moins qu'on peut l'être selon lui en cette matière.

°108) C'est-à-dire par les degrés supérieurs de la méthode: cf. §44.

°109) Cf. sur ce point, GILSON, Esprit de la Philos. médiévale, II, p. 128.

°110) Platon n'envisage pas un État semblable à ceux de nos jours où des millions d'hommes ont le même régime politique, mais des cités, telles qu'il les voyait fleurir autour de lui en Grèce, où chaque ville avec ses dépendances constituait un véritable État indépendant. Il pouvait même espérer que l'une de ces cités, à la faveur de quelque révolution, adopterait sa République ou ses Lois comme constitution. Il essaya, mais en vain, d'en persuader Denys, chef de la cité de Syracuse (Sicile).

°111) Platon n'accepte pas les poètes dans sa cité, parce que leurs fictions ne sont plus que l'ombre d'une ombre, le monde sensible n'étant déjà que l'ombre de la vraie réalité.

°112) Ce communisme visait surtout les deux classes supérieures des guerriers et des chefs. Cf. DIÈS, Platon, p. 164.

°113) Nous prenons ici ce mot au sens très large expliqué plus loin, §120.

°114) Études d'Histoire de la Philosophie, p. 95.

°115) Aristote donnait souvent ses leçons en marchant, ce qui fit appeler ses disciples, les péripatéticiens, de περιπατεἶν, marcher.

°116) Diogène Laerce donne le titre de plus de 400 livres que nous n'avons plus.

°117) Nous donnons les titres latins qu'on retrouve chez les scolastiques, en particulier dans les commentaires de saint Thomas; l'ordre est celui de notre exposé: on ne connaît pas l'ordre historique. Théophraste les remit à Nélée de Scepsis qui les cacha longtemps dans un souterrain. En 87 avant Jésus-Christ, Sylla ayant conquis Athènes, les trouva dans la bibliothèque d'Apellicus et les emporta à Rome comme un trophée. Le grammairien Tyrannion les copia et Andronicus de Rhodes en donna une édition classique (cf. §118). Ces translations ont pu y introduire quelques altérations; mais leur authenticité n'est pas douteuse.

°118) Les 12 livres ne forment pas un seul traité: on y distingue en particulier, un traité de la substance (livres VI-VIII) et une Théologie (livre XII). Cf. BRÉHIER, Hist. de la Phil., I, p. 170.

°119) Ce ne sont pourtant pas des empiristes: sans choisir entre les sens et la raison, ils pensent pour ainsi dire avec tout eux-mêmes. Leur philosophie est toute pénétrée d'un animisme instinctif, fondé sur une psychologie très primitive: l'eau de Thalès et l'air d'Anaximène se développent comme des vivants.

°120) C'est Aristote lui-même qui fait ressortir, en ses oeuvres, ces faiblesses du platonisme.

°121) Sauf dans la partie de la métaphysique traitant de Dieu, comme l'indique le paragraphe suivant.

°122) Il distingue clairement l'infini négatif ou d'imperfection (l'indéfini), tel que Platon l'attribuait à la matière, et l'infini positif ou de perfection qui convient à l'Acte pur.

°123) Définition au sens large, car l'être, au sens strict, est indéfinissable. En d'autres termes, l'emploi correct de la notion d'être, n'engendre pas d'équivoque.

°124) Cf. ROLLAND-GOSSELIN, Aristote, p. 82-83.
SJJ: Parfois, pour m'aider, j'utilise le néologisme «peutance», comme dans: «Ça peut être».

°125) On a donné ce nom (qui signifie «instrument») aux divers ouvrages de logique d'Aristote.

°126) C'est le mot grec χατελορία, qui signifie objet d'attribution.

°127) Métaphysique, IV, 7. Cf. SENTROUL, Kant et Aristote, p. 62.

°128) Ce fut surtout l'oeuvre de Bacon et de Stuart Mill. Cf. plus bas, §315 et §486.

°129) Par exemple, si l'on veut constituer la science de l'âme, on doit partir de sa définition obtenue par induction.

°130) Tandis que Platon appelle dialectique, la science au sens strict, portant sur les Idées, Aristote réserve ce mot pour le domaine du probable et l'oppose à la démonstration.
SJJ: Sur la dialectique d'Aristote, voir aussi L'articulation de la dialectique aristotelicienne, de Yvan Pelletier.

°131) Cf. LORENZELLI, Cursus Philosophiae, I, p. 167.

°132) Pour Aristote, le mouvement ne désigne pas seulement le changement de lieu, mais tout passage d'un état à un autre, par exemple, du froid au chaud.

°133) Cette définition s'efforce d'exprimer la mobilité même sans l'arrêter et, bien comprise, elle y réussit, quoi qu'en dise Bergson. Elle n'est d'ailleurs pas facile à comprendre et Pascal note avec raison qu'elle est plutôt une thèse à démontrer. «Ce n'est pas une définition, mais une proposition». Cf. Opusc. Philos., De l'esprit géométrique; 1er fragm., col. Hatier, p. 31.

°134) Ce point de vue métaphysique sera celui de saint Thomas.

°135) C'est ce qu'on appelle souvent depuis Wolf et Kant la cosmologie; sur ce point, cf. plus bas, §82.

°136) Pour faire saisir sa pensée, Aristote donne sa définition négative: «neque quid, neque quale, neque quantum, neque aliquid aliud per quod ens determinatur».

°137) Du grec πὖρ, feu.

°138) Cette étude approfondie d'Aristote est entrée sans modification dans le thomisme. Cependant les deux derniers prédicaments, la situation ou position (situs) et l'habillement ou l'avoir (habitus) n'ont guère d'importance et on peut les négliger sans grand dommage. Cf. GREDT, Elementa philosophiae, N° 716; II, p. 120.

°139) Nous avons ici un exemple de syllogismes dialectiques.

°140) Il en était de même pour les événements terrestres: «Aristote (Météor., 1, 3) adopte la théorie du retour éternel et déclare que les opinions des philosophes doivent se reproduire d'une manière identique, non pas une, ni deux, ni plusieurs fois, mais à l'infini». Ailleurs cependant, il nie que les faits se reproduisent dans leur individualité (De gen. et cor., 338, b, 11-19 et IV Phys., 12, 220, b, 14). Cf. JOLIVET, Rev. thom., juillet 1938, p. 497.

°141) Si on admettait ce changement comme premier, lui-même exigerait une cause, avec nouveau changement et ainsi à l'infini.

°142) Ces défenseurs étaient les averroïstes. Cf. §249.

°143) Cf. Comment. in Phys., liv. VIII, leçon 2e.

°144) Cf. Ia Pars, q. 46, art. 1 et 2; II Cont. Gent., ch. 36 et 37.

°145) Celui qu'on lui attribue n'est pas authentique.

°146) Aristote ne confondait pas cette image reçue dans les sens, avec l'image physique imprimée par exemple, par l'objet visible sur la rétine. Il ignorait très probablement l'existence de cette dernière et il enseignait d'ailleurs que l'espèce impresse est requise pour tous les sens. Mais il s'agit d'une image d'ordre psychologique dont on prouve l'existence par l'observation de la conscience et le raisonnement.

°147) ROLLAND-GOSSELIN, Aristote, p. 45.

°148) Ce qu'on appelle aujourd'hui cosmologie et psychologie rationnelle.

°149) Saint Thomas qui accepte tel quel le système scientifique d'Aristote, distingue nettement cette part d'hypothèse et de probabilité. Cf. plus bas, §255 et §265.

°150) On peut se demander pourtant si l'idéal d'Aristote cherchant à connaître l'essence de chaque espèce, n'est pas trop élevé pour nous et s'il ne convient pas de se contenter de sciences inductives. Cf. MARITAIN, Les Degrés du Savoir, ch. 1, p. 65 et suiv.

°151) ARISTOTE, III, De anima, lectio 7. Nous citons la traduction latine de Guillaume de Moerbeke que saint Thomas a commentée: elle est peu littéraire mais elle rend fidèlement le sens du grec. Cf. plus bas, §232.

°152) ARISTOTE, III, De anima, lectio 10. Voici la traduction de De Corte: «Et l'intellect est tantôt tel - c'est-à-dire est analogue à la matière, par le fait qu'il devient tous les intelligibles; tantôt tel - c'est-à-dire analogue à la cause active, par le fait qu'il fait tous les intelligibles». Ou, plus élégamment: «L'intellect existe comme possible, en tant qu'il devient tous les intelligibles, ou comme agent, en tant qu'il fait passer à l'acte la puissance de ces intelligibles» (La doct. de l'intel. chez Aristote, p. 55). Cette traduction met en relief l'unité du νοὖς comme âme ou substance, bien qu'il soit double comme fonctions.

°153) Cf. M. DE CORTE, La doctrine de l'intelligence chez Aristote. Essai d'exégèse, Paris, 1934, où l'interprétation thomiste est bien défendue.

°154) Cf. PALHORIES, Vie et doctrine des grands Philos., I, p. 136: l'intellect passif serait alors une faculté voisine des sens et corruptible. De même PIAT, Aristote, p. 414-415: le passage du De anima où saint Thomas voit la synthèse d'une triple influence, est appliqué à l'intellect agent seul, qui serait toujours et nécessairement en acte second eu se contemplant lui-même.

°155) En grec: Χωρισθεὶς δ'ἐστὶ μόνον τοὖθ' ὅπερ ἐστὶ.

°156) III, De anima, lectio 10: Ici encore, selon les mêmes historiens, Aristote parlerait du seul intellect agent. L'interprétation de saint Thomas nous semble meilleure historiquement, étant donné la démonstration précédente de la spiritualité de l'intelligence passive. Il est vrai que le νοὖς est appelé «éternel» (perpetuum); selon DE CORTE (°153, p. 80) Aristote songerait, en parlant ainsi, non seulement à l'intellect de l'homme, mais aussi aux formes séparées qu'il admettait comme moteurs des astres (cf. plus bas, §93, N° 4).

°157) «Hoc» désigne l'âme immortelle qui est impassible, c'est-à-dire sans image sensible.

°158) III, De anima, lectio 10.

°159) Ainsi BRÉHIER, Hist. de la Phil., I, p. 238.

°160) Cf. FARGES, Le Cerveau, l'Âme et ses Facultés, app., p. 490.

°161) Liv. II, ch. 3.

°162) Morale à Nicom., liv. X; cf. °160, p. 370, note.

°163) On comprendrait mieux ainsi que le «νοὖς» soit déclaré non seulement immortel, mais éternel.

°164) Par contre, elle est indépendante de Dieu; c'est pourquoi nous l'exposons avant la théodicée.

°165) Morale à Nicom., liv. I, ch. XI, comm. de saint Thomas, lect. 16. Cf. SERTILLANGES, Saint Thomas, II, p. 299. M. Gilson note qu'en mettant la fin dernière ici-bas, Aristote tend à la confondre avec les vertus qui n'en sont que le chemin. (Esprit de la Phil. médiév., II, p. 152.)

°166) Saint Thomas dans la Ia-IIae a repris tout ce traité de morale spéciale comme base parfaite de sa morale surnaturelle.

°167) En ce sens seulement on peut dire qu'il conserve le principe socratique: «Tout pécheur est ignorant».

°168) Saint Thomas au contraire approfondit ces divers aspects: il distingue clairement le conseil du devoir, expliquant le devoir par la loi. Surtout, il montre dans la loi éternelle et la volonté du Créateur, le seul fondement solide du devoir.

°169) Aristote établit en loi générale que le tempérament masculin est plus favorable à l'exercice de l'intelligence; mais il ne nie pas les exceptions.

°170) Le système d'Aristote sauvegarde les droits de la famille; il n'est pas étatiste comme celui de Platon et pourrait, philosophiquement, se défendre, semble-t-il.

°171) Cf. la démonstration dans GREDT, Elementa philos., II, N° 975.

°172) Cf. ROLLAND-GOSSELIN, Aristote, p. 177.

°173) Ce nom fut donné au traité par Andronicus de Rhodes, parce qu'il l'avait placé après (μετά) les Physiques; mais μετά signifie aussi «au-dessus» et ce titre convient très bien aux études appelées par Aristote «Philosophie Première» ou «Théologie». Ce traité contient aussi l'étude de l'être et de la substance en général (ontologie); mais cette partie a été exposée aux §69-70.

°174) Met., liv. XIII, ch. 10.

°175) Il y aurait plusieurs actes purs: cf. °175.

°176) Métaphysique, liv. XI, ch. 9.

°177) Cf. ROLLAND-GOSSELIN, Aristote, p. 91.

°178) Cf. Métaph., liv. XII, chap. 8, p. 1074a; trad. J. TRICOT, t. II, p. 181-182.

°179) Cette preuve est pleinement approuvée par saint Thomas: cf. In Met., liv. XII, lect. 12.

°180) DE WULF, Hist. de la Phil. médiév. (4a éd.) Intro. p. 39.
BOUTROUX, Études d'Hist. de Phil., p. 140 et 149.
PLAT, Aristote.
Cf. BRÉHIER, Hist. de la Phil., p. 223.

°181) Cf. FARGES, L'Idée de Dieu, append. p. 549-575.
JOLIVET, Essai sur les rapports entre la pensée grecque et la pensée chrétienne; 1re partie: Aristote et saint Thomas ou l'idée de création.

°182) «À cette pensée qui se pense est suspendu le monde, comme une pensée qui ne se pense pas... Dieu meut le monde comme cause finale sans se mouvoir lui-même». BOUTROUX, Études d'Hist. da Phil., p. 149. Mais c'est là une tendance et une déficience, plutôt qu'une doctrine ferme d'Aristote.

°183) Au IIe livre des Métaphysiques, Aristote a donné, mais incidemment, la formule de la causalité créatrice: «Le premier être est cause de tout être, comme la première vérité, cause de toute vérité». Saint Thomas cite souvent ce texte comme pour corriger Aristote par sa propre doctrine.

°184) Cette assimilation fut surtout l'oeuvre au XIIIe siècle, de saint Albert le Grand et de saint Thomas. Cf. §232 et suiv.

°185) Sur cette influence prépondérante de l'aristotélisme, cf. F. CAYRÉ, Précis de Patrologie, II, p. 362.

°186) Αταραξία, de α privatif, et ταράσσο, troubler.

°187) Contemporain de Platon: cf. plus haut, §39, et °78.

°188) Il était d'abord esclave d'Épaphrodite, affranchi de Néron. Affranchi lui-même, il voulut rester pauvre, conformément à sa doctrine. Il n'écrivit rien: c'est à son disciple Arrien que nous devons les Entretiens, la Vie et le Manuel d'Épictète.

°189) Par opposition aux épicuriens, on pourrait dire qu'il cherchait le bonheur dans le bien SPÉCIFIQUEMENT humain, puisque c'est la raison qui distingue l'homme des animaux. Cf. §106.

°190) Λόγος, raison, et Σπερματιχός, de σπέρμα, germe. Saint Augustin a traduit: «ratio seminalis». Cf. §171.

°191) Palingénésie, de πάλιν de nouveau, et γένεσις naissance.

°192) Si les lames sont traversées sans être détruites, c'est qu'il y a eu mélange total: Cf. PLOTIN, 2e Enn., VII, (édit. Bréhier, p. 91 et suiv.) qui discute ces faits. On pourrait encore invoquer le fait que l'âme, en entrant dans le corps, n'augmente pas son volume.

°193) Εξις, que les scolastiques traduisent par «habitus», dit plus que le français «habitude»: c'est un état stable, mais d'ordre accidentel, selon Aristote et saint Thomas. Ainsi, en comparant la classification péripatéticienne à celle des stoïciens, on constate que pour ceux-ci, les degrés d'être sont tous reculés d'un échelon: conséquence du matérialisme.

°194) Sénèque par exemple, enseigne parfois cette opinion dans ses lettres de consolation, à l'occasion de deuils: Cf. CHOLLET, La Morale stoicienne, p. 130.

°195) CICÉRON, Premiers Académiques, II, 144; Cf. BRÉHIER, Hist. de la Phil., I, p. 302.

°196) Ils font erreur sur l'objet formel de notre intelligence qui n'est pas seulement l'être corporel, mais l'essence abstraite des choses sensibles.

°197) Cf. ORIGÈNE, Contra Celsum, VII, 53. - FOUILLÉE, Extraits des grands Phil., p. 127.

°198) On retrouve le sens péjoratif du mot passion dans l'ascétisme chrétien, sans les erreurs ni les exagérations stoïciennes.

°199) Par opposition au stoïcisme [§98] qui place le bonheur dans la raison, différence spécifique de l'homme, on peut dire que l'épicurisme le cherche dans le bien génériquement humain, le plaisir étant commun aux hommes et aux animaux.

°200) CICÉRON. Tuscul., III, 18; cf. Lengrand, Épicure et l'épicurisme, p. 20.

°201) De κανών règle ou critère.

°202) Il interprétait ainsi la théorie de la «tabula rasa» d'Aristote: Cf. §83.

°203) Cf. BRÉHIER, Hist. de la Philos., I, p. 336 et suiv.

°204) Lettre à Ménécée.

°205) Épicure était content d'avoir de l'eau et du pain bis: «Envoyez-moi, écrit-il à un ami, un peu de fromage cytridien, afin que je fasse un repas plus excellent». DIOGÈNE LAERCE, X; Cf. F.-J. THONNARD, Extraits des grands Phil., p. 144.

°206) De finibus, II, 25.

°207) Le poème de Lucrèce, p. 7.

°208) C'est-à-dire, les impressions internes ou subjectives.

°209) Cf. BARBEDETTE, Hist. de la Philos., p. 90.

°210) Ce que Kant appellera l'analyse transcandentale; cf. plus bas, §394.

°211) Du grec ἐκλέγειν choisir, recueillir, on a fait éclectisme.

°212) Sur cet auteur, cf.: O. HAMELIN, La théorie de l'intellect d'après Aristote et ses commentateurs, Paris, Vrin, 1953; p. 29-39.

°213) Cet enseignement «aboutit à une forme littéraire qui obtiendra le plus grand succès: c'est celle du discours philosophique ou diatribe, sorte de sermon où l'orateur présente à l'auditoire, en un style élégant et fleuri, le fruit de sa sagesse». BRÉHIER, Hist. de la Philos., I, p. 367.

°214) En ce sens il désigne «cette branche de la théologie qui étudie les grâces éminentes dont Dieu favorise les âmes vertueuses pour les aider à entrer dans la voie unitive ou parfaite et à en accomplir les actes». Cf. F. CAYRÉ, Précis de Patrol., I, p. 19.

°215) Définition du Vocabulaire techn. et crit. de la Phil. de Lalande.

°216) F. CAYRÉ, Précis de Patrologie, I, 2e partie, c. I, p. 96.

°217) Ainsi appelé de σάκκος (sac) parce qu'il avait d'abord été portefaix.

°218) Voir plus bas la bibliographie de Plotin.

°219) Les traités de Plotin ne sont pas un développement systématique de sa doctrine, mais chacun forme un tout qui fut d'ordinaire l'objet d'une ou de plusieurs leçons orales: Cf. BRÉHIER, Intr. aux Enn., p. 30.

°220) J. BIDEZ, Vie de Porphyre, Gand, 1913.

°221) Il écrivit encore quelques autres ouvrages: Vie de Plotin, Vie de Pythagore, Hist. des Philosophes, etc. et aussi un violent pamphlet contre les chrétiens dont Eusèbe nous a conservé quelques passages. Cf. BRÉHIER, Hist. de la Phil., I, p. 471.

°222) BRÉHIER, Hist. de la Phil., I, p. 445.

°223) Cf. BARBEDETTE, Hist. de la Phil., p. 190.

°224) Jamblichi Theologumena Arithmeticae, édit. de Falco, col. Teubner, 1922.

°225) On lui attribue un Traité des mystères qui expose la doctrine théurgique, mais qui est surtout l'oeuvre de ses disciples. Cf. KRAKOWSKI, Plotin, p. 228.

°226) Commentaire du Parménide, trad. CHAIGNET, 1900-1902.
Dans col. Teubner, éd. des Comment. Sur la République, 2 vol., Kroll, 1899-1901; Sur le Timée, 2 vol., Diels, 1900-1904; Sur Parménide, Pasquali, 1908; Esquisse des thèses astronomiques, Manitius, 1907; Institution physique, Ritzenfeld, 1912; Sur Euclide , Friendlein, 1873.
Édit. Cousin de la traduction latine de G. de Moerbeke des opuscules sur la Providence, la liberté et le mal, du comm. sur Alcibiade, 1864.

°227) Cf. 3e Énnéade, VIII, ch. I-IX, édit. Bréhier, p. 157.

°228) Cf. 5e Énnéade, I, ch. VI, édit. Bréhier, p. 22.

°229) On peut aussi rapprocher cette doctrine de l'adage aristotélicien: «Agere sequitur esse».

°230) Denys l'Aréopagite, Div. nom., II, 3 et 4: cf. ARNOU, Le Désir de Dieu dans la Phil. de Plotin, p. 124.

°231) Cf. 3e Énnéade, VIII, ch. X, édit. Bréhier, p. 166.

°232) Cf. 3e Énnéade, IX, ch. IX, édit. Bréhier, p. 176. Dans la 5e Énnéade, VI, ch. II-VI, Plotin démontre par 10 arguments qu'au-delà de la Pensée il faut un Principe dont la simplicité et la perfection excluent la pensée.

°233) Cf. 5e Énnéade, V, ch. VI, édit. Bréhier, p. 98.

°234) Cf. 5e Énnéade, V, ch. IV, édit. Bréhier, p. 98, et ch. VI, p. 98, et III, ch. XIV, p. 68.

°235) Ia P., q. 3, Prolog. et toute la question 13.

°236) Cf. 5e Énnéade, I, ch. VI, édit. Bréhier, p. 22.

°237) Notons ici que cette théorie appelle de graves réserves: nous les donnerons dans une critique d'ensemble, après l'exposé des divers degrés de l'émanation: cf. §134.

°238) Logos a un sens moins précis que Nous, chez Plotin. «L'âme est le logos et l'acte de l'Intelligence, comme elle-même est le logos et l'acte de l'Un», dit 5e Énnéade, I, ch. VI, édit. Bréhier, p. 23.

°239) Cf. 5e Énnéade, VI, ch. V, édit. Bréhier, p. 117.

°240) Tout le traité VII, (5° Énnéade) défend cette thèse: la principale raison est que nous sommes capables d'habiter individuellement le monde intelligible. Cf. §136.

°241) Cf. 5e Énnéade, VIII, ch. VIII, édit. Bréhier, p. 144. «Ce qui vient avant, ajoute Plotin, ne consent même pas à être beau».

°242) Cf. 5e Énnéade, I, ch. IV, édit. Bréhier, p. 19.

°243) Cf. 5e Énnéade, VI, ch. I, édit. Bréhier, p. 112.

°244) Histoire de la Philos., I, p, 457.

°245) Cf. 3e Énnéade, VII, ch. XI-XII, édit. Bréhier, p. 142-143.

°246) Cf. 5e Énnéade, I, ch. II, édit. Bréhier, p. 17.

°247) Cf. 4e Énnéade, IX, ch. V, édit. Bréhier, p. 235, et 5e Énnéade, VII.

°248) Cf. 5e Énnéade, I, ch. III, édit. Bréhier, p. 19.

°249) Cf. 3e Énnéade, II et III. C'est là que saint Augustin trouva la solution de principe au problème du mal qui le torturait. Il s'en inspire dans ses premiers ouvrages: cf. De ordine, II, 4.

°250) Cf. 3e Énnéade, VIII, ch. II, édit. Bréhier, et 5e Énnéade, III, ch. IX; VIII, ch. XII.

°251) Cf. 2e Énnéade, IV, ch. X, édit. Bréhier, p. 63.

°252) Cf. 1e Énnéade, VIII, ch. V et VIII, édit. Bréhier, p. 119 et 124.

°253) Cf. 3e Énnéade, VI, ch. XIV, édit. Bréhier, p. 115.

°254) Cf. ARNOU, Désir de Dieu dans la Phil. de Plotin, p. 64-65.

°255) Cf. 1e Énnéade, VIII, ch. XV, édit. Bréhier, p. 130. Tout le traité cherche l'origine du mal; celui-ci, pour Plotin, reste, malgré tout, une substance, celle de la matière; et s'il vient de l'Âme, c'est sans la souiller, et nécessairement. Sur ce point, saint Augustin corrige radicalement la théorie. (Cf. De libero Arbitrio, et plus bas, §160.)

°256) Cité de Dieu, liv. X, ch. XXXI.

°257) Cf. 5e Énnéade, V, édit. Bréhier, p. 102.

°258) Cf. 4e Énnéade, VII, ch. VIII, édit. Bréhier, p. 184. : Par exemple, l'hylémorphisme ne peut expliquer selon Plotin: 1) l'opposition de la raison au désir; 2) l'existence de la pensée indépendante du corps; 3) la conservation d'images indépendantes des choses sensibles; 4) le désir de l'incorporel, etc.

°259) Cf. §136, corol. 3, et ARNOU, Désir de Dieu dans la Phil. de Plotin, p. 215-217.

°260) Summa theologica, Ia pars, q. 45, a. 5.

°261) Summa theologica, Ia pars, q. 54, a. 2, où saint Thomas reconnaît cette possibilité.

°262) Cf. les critiques adressées au monde idéal de Platon, §46 et §57 et qui corrigent également Plotin.

°263) Vocabulaire technique et critique de la Philosophie, par LALANDE, au mot Panthéisme.

°264) Cette thèse favorable est celle de ARNOU, cf. Désir de Dieu dans la Philosophie de Plotin, p. 151-187. Cet auteur indique les diverses opinions des historiens sur ce sujet.

°265) Telle est la thèse de JOLIVET, dans Essai sur les rapports de la pensée grecque et de la pensée chrétienne, p. 123-125.

°266) Cf. 5e Énnéade, III, édit. Bréhier, p. 33 et 35.

°267) Cf. 6e Énnéade, IX, ch. VI, cf. ARNOU, p. 156. «Τὸ αἴτιον οὐ ταὐτὸν τὦ αἰτιατὦ», dit Plotin.

°268) Le terme «émanation» est aussi employé par saint Thomas, Ia P., q. 45, «De modo emanationis rerum a primo Principio», en un sens parfaitement orthodoxe.

°269) S'inspirant de Platon, il mentionne parfois la faculté des Idées, puis celle de l'opinion, enfin celles de sensation et de génération: cf. 5e Énnéade, III, ch. IX, édit. Bréhier, p. 61. Dans 3e Énnéade, VIII, il décrit les divers degrés de contemplation depuis les sens jusqu'à l'extase.

°270) Cf. 4e Énnéade, V.

°271) BOYER, L'idée de Vérité dans saint Augustin, p. 171.

°272) Cf. 5e Énnéade, III, ch. III, édit. Bréhier, p. 51. Ce perfectionnement fait passer l'âme du vice où elle s'absorbe dans les fonctions matérielles, à la vertu où elle contemple Dieu; mais «ni dans la vertu ni dans le vice, dit Plotin, rien ne s'ajoute à l'âme» Cf. 3e Énnéade, VI, ch. II, édit. Bréhier, p. 97.

°273) Cf. 1re Énnéade, VIII, ch. XIII, édit. Bréhier, p. 127.

°274) Cf. 6e Énnéade, IX, ch. IX.

°275) Cf. 3e Énnéade, VIII, ch. IX.

°276) Cf. 6e Énnéade, VII, ch. XXII.

°277) Cette pensée de Hello, traduite du grand mystique flamand Ruysbroeck, est aussi celle de Plotin.

°278) Cf. 1re Énnéade, II, ch. IV, édit. Bréhier, p. 55, et 6e Énnéade, V, édit. Bréhier, p. 101. Aussi 3e Énnéade, VI, ch. V.

°279) 4e Énnéade, VIII.

°280) Quand Plotin cherche à expliquer les malheurs de certains hommes justes, outre les considérations sur l'ordre universel de la Providence, il fait encore appel à une vie antérieure possible dont les malheurs présents sont le juste châtiment. Cf. 3e Énnéade, III, ch. IV, édit. Bréhier, p. 54.

°281) Cf. 3e Énnéade, VI, ch. VI, édit. Bréhier, p. 101.

°282) Cf. 1re Énnéade, II, ch. VII, édit. Bréhier, p. 58.

°283) Cf. 5e Énnéade, III, ch. IV, édit. Bréhier, p. 53.

°284) ARNOU dans son ouvrage «Le Désir de Dieu dans la Phil. de Plotin» (p. 246-8) fait ressortir cette expression comme une exclusion du panthéisme.

°285) Cf. 5e Énnéade, V, ch. VII, édit. Bréhier, p. 99-100.

°286) Cf. 1re Énnéade, IV, ch. X, édit. Bréhier, p. 81. Ainsi le sage reste heureux même s'il perd la raison, car dans l'état d'inconscience, les êtres parvenus à la sagesse ont une vie plus intense.

°287) Cf. 5e Énnéade, VIII, ch. IX, édit. Bréhier, p. 140.

°288) Cf. PORPHYRE, Vie de Plotin, ch. III, édit. Bréhier, I, p. 27. «Pendant que je fus avec lui (de 263 à 268) il atteignit quatre fois ce but, grâce à un acte ineffable». Porphyre n'y arriva qu'une fois.

°289) Cf. 4e Énnéade, IV, ch. XXXV-XLV, édit. Bréhier, p. 140. D'autre part, la loi universelle qui lie tous les événements permet de découvrir l'avenir en interprétant les signes des planètes (astrologie). Cf. 2e Énnéade, III, ch. VII-VIII.

°290) Cf. Saint Thomas, Ia pars, q. 12, a. 1 et 4.

°291) De là une réelle équivoque dans l'emploi du mot «mystique»: cf. F. CAYRÉ, Précis de Patrologie, II, p. 356.

°292) C'est aussi la raison pour laquelle Bergson considère très justement le néoplatonisme comme une forme incomplète de mysticisme. Cf. Les deux Sources de la Morale et de la Religion, p. 236, et plus loin, §550.

°293) Denzinger, N° 3005. Cf. plus haut, §1.

°294) «Le christianisme, à ses débuts, dit Bréhier, n'est pas du tout spéculatif; il est un effort d'entraide à la fois spirituelle et matérielle dans les communautés» (Hist. de da Phil., I, p. 493). Il était beaucoup plus que cela: il suffit de songer au «Symbole des Apôtres» proposé de tout temps à la foi des nouveaux baptisés, pour comprendre la richesse de vérité contenue dans la religion nouvelle. Cf. F. CAYRÉ, Précis da Patrol., I, p. 41.

°295) Nous prenons ce terme en un sens purement historique, pour désigner le caractère saillant de toute cette époque; mais nous rencontrerons plus d'un penseur en marge du christianisme. Sur le problème de la Philosophie chrétienne, cf. §244.

°296) Cf. BARBEDETTE, Histoire de la Phil., p. 122-200. - F. CAYRÉ, Précis de Patrologie, premier vol, où l'on trouvera tous les renseignements désirables.

°297) Les Pères utilisent aussi en morale les stoïciens.

°298) Nous ne développerons ici que cette première partie, parce que sa conclusion fut pour Augustin, avec la conversion, la découverte du principe fondamental de sa philosophie.

°299) Cette phrase lue par Newman au moment de ses études sur la valeur de l'anglicanisme, fut décisive pour l'orienter vers l'Église catholique. Cf. Contra Epist. Parmen., livre III, c. IV, 24.

°300) Confessions, livre VII, ch. IX, 13. Cf. dans BOYER, Christianisme et néoplatonisme dans la formation de saint Augustin, p. 60 et suiv., la preuve de cette évolution d'Augustin.

°301) Cf. Confessions, livre IV, ch. XXI, 1: vers l'âge de vingt ans, il lut et comprit seul l'ouvrage des dix Catégories d'Aristote.

°302) Retr., I, ch. 1, 4.

°303) On trouvera une analyse de toutes les oeuvres de saint Augustin dans F. CAYRÉ, Précis de Patrologie, I, p. 622-643.

°304) Ces neuf dialogues ont une importance spéciale pour établir l'existence d'une philosophie au sens propre chez saint Augustin: par leurs sujets et leur méthode, ils se meuvent souvent dans ]'ordre purement rationnel.

°305) C'est l'objet des trois livres «Contra Academicos», premier ouvrage philosophique de saint Augustin, composé à Cassiciacum.

°306) Ne pas confondre le probabilisme sceptique ici condamné avec le probabilisme des casuistes catholiques qui enseigne su contraire le moyen de sortir du doute pour agir avec la certitude morale de bien faire.

°307) De Trinit., l. XV, ch. XII, 21. Cf. BOYER, L'idée de vér., p. 35.

°308) Cf. §319. Les deux philosophes sont d'accord pour accepter cette vérité particulière, mais le principe fondamental, l'âme de leur philosophie est tout différent.

°309) Cf. De vera religione, XXXIII, 62: Si quelqu'un voit le bâton brisé dans l'eau, son oeil ne le trompe pas: «Non malum habet nuntium, sed malus est judex». Cf. plus bas, §163.

°310) Il le déclare dans le De libero arbitrio, l. II, ch. II, 5, La suite de ce livre, N° 7-33, développe longuement la preuve.

°311) Cf. BARBEDETTE, Hist. de la Phil., p. 176.

°312) Cf. §149. On pourrait dire aussi que sa théorie de la sensation et de l'intellection (§163) le rassurait d'avance sur la vérité de ce point de départ cosmologique. Il n'y fait pas appel explicitement, ce qui aurait été une pétition de principe; mais cela explique qu'il n'ait pas hésité à s'appuyer sur le monde sensible.

°313) Cf. De libero arbitrio, l. II, ch. III, 7; De diversis quaest., q. LI, N° 2.

°314) Ou principe de subordination.

°315) La théorie de l'illumination mettra ce point en relief (§164).

°316) De lib. arbit., l. II, ch. XVII, 45. Il y a là une vraie démonstration du principe de participation comme dans la quatrième voie de saint Thomas; mais saint Augustin ne la propose qu'après avoir terminé la preuve de l'existence de Dieu, (la dernière étape (ch. XII, 35) ayant été franchie par intuition), et pour démontrer autre chose: que toute substance est bonne parce qu'elle vient de Dieu. C'est la preuve de Dieu retournée: cf. plus bas, §158.

°317) Le l. II contient la forme complète; mais on peut y voir aussi une forme abrégée dans le syllogisme conditionnel que saint Augustin introduit (ch. VI, 14) pour répondre aux exigences d'Evodius.

°318) Cf. Conf., l. x, ch. VI, 8.

°319) Voir d'autres explications dans GILSON, Introd. à l'étude de saint Augustin, p. 26: (la forme abrégée n'est qu'un retour contemplatif de l'âme sur le monde sensible, image de Dieu); et dans BOYER, Études sur saint Augustin, p. 126: (pour saint Augustin, la règle du monde n'est en vérité saisie par nous, qu'en tant qu'elle est la règle de notre pensée).

°320) À ce point de vue, si chaque degré est un reflet de Dieu, seul le degré suprême est capable d'apporter l'évidence à ceux qui l'atteignent et peut-être même leur permettra-t-il, avec le secours de la grâce, une contemplation surnaturelle et mystique, supérieure à toutes les clartés rationnelles.

°321) Ia p., q. 2, a. 3; cf. q. 16, a. 7, intitulé: «Utrum veritas creata sit aeterna?» Saint Thomas y propose la distinction entre éternité négative et positive et conclut (ad 2m): «Quodlibet universale dicitur esse ubique et semper, inquantum universalia abstrahuntur ab hic et nunc. Sed ex hoc non sequitur ea esse aeterna, nisi in intellectu, si quis sit aeternus».

°322) Les doctrines coïncident d'ailleurs pour le fond, comme nous le montrerons: cf. §165.

°323) Cf. même endroit, §165.

°324) Ou mieux preuve noologique, fondée sur le fait de notre vie intellectuelle; cf. CAYRÉ. Le Point de départ de la Phil. august. Preuve noologique de l'existence de Dieu, dans Revue de Phil., juillet 1936, p. 306.

°325) Cf. De vera religione, c. XLIX, 97; B. A., t. 8, p. 168: «Aeternitas tantummodo est».

°326) Cf. De vera religione, c. XLIII, 81; B. A., t. 8, p. 146.

°327) Serm. 4, IV, 5.

°328) De diversis quaest. ad Simplic., l. II, q. II, N°  1; B. A., t. 10, p. 544.

°329) De diversis quaest. ad Simplic., l. II, q. II, N°  3; B. A., t. 10, p. 522.

°330) La meilleure manière d'exprimer cette valeur serait peut-être d'user d'une double négation: ainsi la signification commune du mot «science» appliqué à Dieu et aux hommes est celle de non ignorance: «ad non latere quoquo modo pertinet ipsa communicatio vocabuli». (De div. quaest. ad Simpl., l. II, ch. II, 3.)

°331) Cf. Saint Thomas, Ia p., q. 13, a. 2-5.

°332) De Trinitate, l. VII, ch. IV, 7; cf. BOYER, L'idée de Vérité dans saint Augustin, p, 107-109.

°333) Cf. De libero arb., l. II, ch. XVI, 44-46.

°334) «In principio creavit Deus caelum et terram». [Gn 1:1]; cf. Confes., l. XI.

°335) De diversis quaest. 83, q. XLVI, N° 2.

°336) Ia p., q. 15.

°337) Ia P., q. 45, a. 5. Saint Thomas précise qu'aucune créature ne peut créer, ni comme cause principale, ni comme cause instrumentale.

°338) Nous trouvons ici une adaptation de la théorie de la dégradation progressive des néoplatoniciens: cf. §132.

°339) Conf. XII, XXVIII, 38; B. A., 14, p. 410.

°340) Adaptation de la dialectique de Platon (§44) et de Plotin (§132).

°341) Saint Augustin développe principalement sa solution dans les trois livres du De libero arbit. et aussi dans ses oeuvres contre le manichéisme.

°342) De civ. Dei, l. XII, ch. VII.

°343) De civitate Dei, l. VII, ch. XXX. Cf. B. A. 34, p. 210. De libero arb., l. II, ch. XVII, 45: la Providence s'exerce en faisant produire aux créatures leurs opérations propres: «ut formarum suarum numeris impleantur et agantur».

°344) C'est le point de vue de Dieu; cf. plus bas, §177.

°345) Cf. De civ. Dei, l. XI et XII; De lib. arb., l. III, ch. XXV, 75, etc.

°346) Cf. De genesi ad lit., l. VII, ch. VI, 9; et plus loin, §170.

°347) De Trin., l. X, ch. X, 15.

°348) De quantitate anima, N° 22.

°349) De moribus Eccl. cath., ch. XXVII, 52.

°350) Le caractère naturel de l'union de l'âme et du corps est prouvé par l'horreur instinctive de la mort. Cf. De Civ. Dei, I. XIII, c. XVI, I.

°351) Il cite cependant la définition aristotélicienne: «Homo est animal rationale, mortale»: (De ordine, l. II, ch. XI, 31 et De civ. Dei, l. IX, ch. XIII, 3) pour indiquer la situation intermédiaire de l'homme entre l'ange et la bête; mais la théorie de l'acte et la puissance, dont l'hylémorphisme n'est qu'une application, ne joue aucun rôle dans le système augustinien.

°352) Cf. De civ. Dei, l. XXI, ch. X, I; dans De mor. Eccles. cath., ch. IV, 6-8, la question de savoir si l'homme est constitué par l'âme seule ou par l'âme unie au corps, est déclarée peu importante.

°353) L'idée de Vér. dans saint Augustin, p. 171; cf. plus haut, §136. La théorie est d'ailleurs très peu explicite chez Plotin et l'originalité de saint Augustin est ici très remarquable.

°354) De musica, l. VI, ch. V, 8; tout le passage jusqu'à VI, 16, développe la théorie ici résumée.

°355) Cf. De vera rel., ch. XXXIII, 62, et plus haut, §149.

°356) De genesi ad litt., l. XII, ch. XVI, 33.

°357) Seule science au sens propre, selon Aristote et saint Thomas, tandis que saint Augustin l'appelle sagesse.

°358) De Trinitate, liv. XI, ch. IX, N° 16.

°359) De magistro, ch. X, 34 et XI, 36. Tout l'opuscule a pour but de prouver la nécessité du Maître intérieur: «De universis quae intelligimus... intus ipsi menti praesidentem consulimus veritatem» (ch. XI, 38).

°360) Solil., l. II, ch. XX, 35. Saint Augustin n'a jamais admis la préexistence des âmes au sens de Platon ([§58]), mais un innéisme nativiste selon lequel Dieu en créant chaque âme, la doterait d'un trésor d'idées au moins à l'état virtuel; Cf. JOLIVET, Mélanges aug., p. 118.

°361) C'est la preuve expérimentale de l'esclave de Ménon: cf. §43.

°362) Rétract., l. I, ch. IV, 13.

°363) PORTALIÉ, Diction. de théol. cath., art. Saint Augustin, col. 2336.

°364) Au XVIIe siècle par Malebranche ([§341]) et au XIXe par Gioberti et quelques autres ([§437]).

°365) Conf., l. X, ch. XXVI. Cf. dans JOLIVET, Dieu, Soleil des esprits, nombreux textes sur la question.

°366) Il semble l'accorder à Moïse et à saint Paul (De gen, ad lit., l. XII, ch. XXIII, 56 et XXXIV, 67) pour expliquer leur extase; il la repousse ailleurs (De Trin., l. II, ch. XVI; In Joan. ev., trac. III, 17; cf. PORTALIÉ, Diction. de théol. cath., art. Saint Augustin, col. 2335).

°367) Cont. Faust., ch. XX, 7. Cf. GILSON, Intr. à l'étude de saint Augustin, p. 108.

°368) De Trin., l. XII, ch. XV, 24; cf. BOYER, Idée de Vér., p. 199.

°369) Cf. Conf., l. X, ch. XI, 18; saint Augustin garde le mot en transformant la théorie de Platon (§58).

°370) De Trin., l. XI; saint Augustin voit dans cette triple activité une image de la Sainte Trinité.

°371) Ia p., q. 84, a. 5: «Ipsum lumen intellectuale quod est in nobis, nihil est aliud quam quaedam participata similitudo luminis increati, in quo continentur rationes aeternae».

°372) Cette explication est fréquente chez les scolastiques: cf. ZIGLIARA, De la lumière intel., ch. XI-XIII; LÉPIDI, De ontologismo, p. 192-225 et BOYER, L'idée de Vérité, p. 174-213.

°373) Telle semble être la conclusion de GILSON, Intr. à l'étude de saint Augustin, p. 119.

°374) On pourrait, pour résumer d'un mot le sens de l'illumination augustinienne, l'appeler un «intuitionisme modéré».

°375) De duabus anim., ch. XI, 15.

°376) De libero arb., l. III, ch. III, 6 - IV, II.

°377) En termes théologiques dont nous mettons ici en relief la valeur philosophique.

°378) De corrept. et gratia, ch. II, 4.

°379) In Epist. ad Gal., N° 49 (écrit en 394).

°380) De peccat. mertitis et remis., 1. II, ch. XVII, 27 (écrit en 412).

°381) De spirtitu et lit., ch. XXXIV, 60.

°382) Jansénius a donné un sens hérétique à cette formule augustinienne: «La différence fondamentale entre les deux doctrines, dit Gilson, nous semble être que pour Jansénius, la délectation est cause de la volition... au lieu que selon saint Augustin, la délectation n'est que l'amour, qui n'est lui-même que le poids intérieur de la volonté, laquelle n'est à son tour que le libre arbitre même». (Intr. à l'étude de saint Augustin, p. 205, en note.)

°383) Epistola CLVII, II, 8. - Cf. De corrept. et grat., N° 32: «Quid erit autem liberius libero arbitrio, quando non poterit servire peccato?»

°384) Ia p., q. 83, a. 1.

°385) Ia IIae, q. 6-17.

°386) Cf. Solil., l. II, ch. XIX, 33; De immort. anima, ch. I-VI.

°387) Cf. De genesi ad lit., l. VII, ch. III, 4-6 et IX, 12-23.

°388) De lib. arbitrio, l. III, ch. XX, 56.

°389) Epist. 190, ad Opt., N° 15.

°390) Ia, q. 90, a. 2.

°391) Conf. l. XII, ch. VI, 6 et ch. XII-XIII. Cf. De gen. ad lit. opus imp. , ch. XV, 48: «Illud tamen totum prope nihil erat quoniam adhuc omnino informe erat».

°392) Conf., l. XI, ch. XIV-XVIII.

°393) Saint Augustin rejoint ici la notion aristotélicienne et thomiste selon laquelle toute la réalité du temps est celle du mouvement; cf. §78-79.

°394) De gen. ad lit., l. VII, ch. VI, 9; cf. MARTIN, Saint Augustin, p. 310.

°395) C'est la théorie précise de la puissance et de l'acte qui permet à saint Thomas de définir la matière première comme puissance pure, racine de la quantité, tout en expliquant la contingence des esprits par la potentialité moindre des essences.

°396) C'était aussi une raison en faveur du traducianisme pour l'origine des âmes individuelles.

°396) Il transformait ainsi la théorie de l'Âme du monde de Plotin; cf. §131.

°397) De Trin., l. III, ch. IX, 16.

°398) De gen. ad litt., 1. VII, ch. XXIV, 35. Cf. GILSON, Intr. à S. Aug., p. 265.

°399) De genesis ad lit., l. IX, ch. XVII, 32. Cf. BOYER, Idée de Vérité, p. 128-130.

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