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Catéchisme de l'Église catholique -- §2100 à §2199

§2100
Pour être véridique, le sacrifice extérieur doit être l'expression du sacrifice spirituel: «Mon sacrifice, c'est un esprit brisé ...» (Ps 51, 19). Les prophètes de l'Ancienne Alliance ont souvent dénoncé les sacrifices faits sans participation intérieure (cf. Am 5, 21-25) ou sans lien avec l'amour du prochain (cf. Is 1, 10-20). Jésus rappelle la parole du prophète Osée: «C'est la miséricorde que je désire, et non le sacrifice» (Mt 9, 13; 12, 7; cf. Os 6, 6). Le seul sacrifice parfait est celui que le Christ a offert sur la croix en totale offrande à l'amour du Père et pour notre salut (cf. He 9, 13-14). En nous unissant à son sacrifice nous pouvons faire de notre vie un sacrifice à Dieu.

Promesses et voeux

§2101
En plusieurs circonstances, le chrétien est appelé à faire des promesses à Dieu. Le baptême et la confirmation, le mariage et l'ordination en comportent toujours. Par dévotion personnelle, le chrétien peut aussi promettre à Dieu tel acte, telle prière, telle aumône, tel pèlerinage, etc. La fidélité aux promesses faites à Dieu est une manifestation du respect dû à la Majesté divine et de l'amour envers le Dieu fidèle.

§2102
«Le voeu, c'est-à-dire la promesse délibérée et libre faite à Dieu d'un bien possible et meilleur doit être accompli au titre de la vertu de religion» (CIC, can. 1191, § 1). Le voeu est un acte de dévotion dans lequel le chrétien se voue lui-même à Dieu ou lui promet une oeuvre bonne. Par l'accomplissement de ses voeux, il rend donc à Dieu ce qui Lui a été promis et consacré. Les Actes des Apôtres nous montrent S. Paul soucieux d'accomplir les voeux qu'il a faits (cf. Ac 18, 18; 21, 23-24).

§2103
L'Église reconnaît une valeur exemplaire aux voeux de pratiquer les conseils évangéliques (cf. CIC, can. 654):

L'Église notre Mère se réjouit de ce qu'il se trouve dans son sein en grand nombre des hommes et des femmes pour vouloir suivre de plus près et manifester plus clairement l'anéantissement du Sauveur, en assumant, dans la liberté des fils de Dieu, la pauvreté et en renonçant à leur propre volonté; c'est-à-dire des hommes et des femmes qui se soumettent en matière de perfection, au-delà de ce qu'exige le commandement, à une créature humaine à cause de Dieu afin de se conformer plus pleinement au Christ obéissant (LG 42).

En certains cas, l'Église peut, pour des raisons proportionnées, dispenser des voeux et des promesses (cf. CIC, can. 692; 1196-1197).

Le devoir social de religion et le droit à la liberté religieuse

§2104
«Tous les hommes sont tenus de chercher la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son Église; et quand ils l'ont connue, de l'embrasser et de lui être fidèles» (DH 1). Ce devoir découle de «la nature même des hommes» (DH 2). Il ne contredit pas un «respect sincère» pour les diverses religions qui «apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes» (NA 2), ni l'exigence de la charité qui presse les chrétiens «d'agir avec amour, prudence, patience, envers ceux qui se trouvent dans l'erreur ou dans l'ignorance de la foi» (DH 14).

§2105
Le devoir de rendre à Dieu un culte authentique concerne l'homme individuellement et socialement. C'est là «la doctrine catholique traditionnelle sur le devoir moral des hommes et des sociétés à l'égard de la vraie religion et de l'unique Église du Christ» (DH 1). En évangélisant sans cesse les hommes, l'Église travaille à ce qu'ils puissent «pénétrer d'esprit chrétien les mentalités et les moeurs, les lois et les structures de la communauté où ils vivent» (AA 10). Le devoir social des chrétiens est de respecter et d'éveiller en chaque homme l'amour du vrai et du bien. Il leur demande de faire connaîtrele culte de l'unique vraie religion qui subsiste dans l'Église catholique et apostolique (cf. DH 1). Les chrétiens sont appelés à être la lumière du monde (cf. AA 13). L'Église manifeste ainsi la royauté du Christ sur toute la création et en particulier sur les sociétés humaines (cf. Léon XIII, enc. «Immortale Dei «; Pie XI, enc. «Quas primas»).

§2106
«Qu'en matière religieuse, nul ne soit forcé d'agir contre sa conscience, ni empêché d'agir, dans de justes limites, suivant sa conscience en privé comme en public, seul ou associé à d'autres» (DH 2). Ce droit est fondé sur la nature même de la personne humaine dont la dignité lui fait adhérer librement à vérité divine qui transcende l'ordre temporel. C'est pourquoi il «persiste même en ceux-là qui ne satisfont pas à l'obligation de chercher la vérité et d'y adhérer» (DH 2).

§2107
«Si, en raison des circonstances particulières dans lesquelles se trouvent des peuples, une reconnaissance civile spéciale est accordée dans l'ordre juridique de la cité à une société religieuse donnée, il est nécessaire qu'en même temps, pour tous les citoyens et toutes les communautés religieuses, le droit à la liberté en matière religieuse soit reconnu et respecté» (DH 6).

§2108
Le droit à la liberté religieuse n'est ni la permission morale d'adhérer à l'erreur (cf. Léon XIII, enc. «Libertas praestantissimum»), ni un droit supposé à l'erreur (cf. Pie XII, discours 6 décembre 1953), mais un droit naturel de la personne humaine à la liberté civile, c'est-à-dire à l'immunité de contrainte extérieure, dans de justes limites, en matière religieuse, de la part du pouvoir politique. Ce droit naturel doit être reconnu dans l'ordre juridique de la société de telle manière qu'il constitue un droit civil (cf. DH 2).

§2109
Le droit à la liberté religieuse ne peut être de soi ni illimité (cf. Pie VI, bref «Quod aliquantum»), ni limité seulement par un «ordre public» conçu de manière positiviste ou naturaliste (cf. Pie IX, enc. «Quanta cura»). Les «justes limites» qui lui sont inhérentes doivent être déterminées pour chaque situation sociale par la prudence politique, selon les exigences du bien commun, et ratifiées par l'autorité civile selon des «règles juridiques conformes à l'ordre moral objectif» (DH 7).

III. «Tu n'auras pas d'autres dieux devant moi»

§2110
Le premier commandement interdit d'honorer d'autres dieux que l'Unique Seigneur qui s'est révélé à son peuple. Il proscrit la superstition et l'irréligion. La superstition représente en quelque sorte un excès pervers de religion; l'irréligion est un vice opposé par défaut à la vertu de religion.

La superstition

§2111
La superstition est la déviation du sentiment religieux et des pratiques qu'il impose. Elle peut affecter aussi le culte que nous rendons au vrai Dieu, par exemple, lorsqu'on attribue une importance en quelque sorte magique à certaines pratiques, par ailleurs légitimes ou nécessaires. Attacher à la seule matérialité des prières ou des signes sacramentels leur efficacité, en dehors de dispositions intérieures qu'ils exigent, c'est tomber dans la superstition (cf. Mt 23, 16-22).

L'idolâtrie

§2112
Le premier commandement condamne le polythéisme. Il exige de l'homme de ne pas croire en d'autres dieux que Dieu, de ne pas vénérer d'autres divinités que l'Unique. L'Écriture rappelle constamment ce rejet des «idoles, or et argent, oeuvres de mains d'hommes», elles qui «ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas ...». Ces idoles vaines rendent vain: «Comme elles, seront ceux qui les firent, quiconque met en elles sa foi» (Ps 115, 4-5. 8; cf. Is 44, 9-20; Jr 10, 1-16; Dn 14, 1-30; Ba 6; Sg 13, 1 -- 15, 19). Dieu, au contraire, est le «Dieu vivant» (Jos 3, 10; Ps 42, 3; etc.), qui fait vivre et intervient dans l'histoire.

§2113
L'idolâtrie ne concerne pas seulement les faux cultes du paganisme. Elle reste une tentation constante de la foi. Elle consiste à diviniser ce qui n'est pas Dieu. Il y a idolâtrie dès lors que l'homme honore et révère une créature à la place de Dieu, qu'il s'agisse des dieux ou des démons (par exemple le satanisme), de pouvoir, de plaisir, de la race, des ancêtres, de l'Etat, de l'argent, etc. «Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon», dit Jésus (Mt 6, 24). De nombreux martyrs sont morts pour ne pas adorer «la Bête» (cf. Ap 13-14), en refusant même d'en simuler le culte. L'idolâtrie récuse l'unique Seigneurie de Dieu; elle est donc incompatible avec la communion divine (cf. Ga 5, 20; Ep 5, 5).

§2114
La vie humaine s'unifie dans l'adoration de l'Unique. Le commandement d'adorer le seul Seigneur simplifie l'homme et le sauve d'une dispersion infinie. L'idolâtrie est une perversion du sens religieux inné de l'homme. L'idolâtre est celui qui «rapporte à n'importe quoi plutôt qu'à Dieu son indestructible notion de Dieu» (Origène, Cels. 2, 40).

Divination et magie

§2115
Dieu peut révéler l'avenir à ses prophètes ou à d'autres saints. Cependant l'attitude chrétienne juste consiste à s'en remettre avec confiance entre les mains de la Providence pour ce qui concerne le futur et à abandonner toute curiosité malsaine à ce propos. L'imprévoyance peut constituer un manque de responsabilité.

§2116
Toutes les formes de divination sont à rejeter: recours à Satan ou aux démons, évocation des morts ou autres pratiques supposées à tort «dévoiler» l'avenir (cf. Dt 18, 10; Jr 29, 8). La consultation des horoscopes, l'astrologie, la chiromancie, l'interprétation des présages et des sorts, les phénomènes de voyance, le recours aux médiums recèlent une volonté de puissance sur le temps, sur l'histoire et finalement sur les hommes en même temps qu'un désir de se concilier les puissances cachées. Elles sont en contradiction avec l'honneur et le respect, mêlé de crainte aimante, que nous devons à Dieu seul.

§2117
Toutes les pratiques de magie ou de sorcellerie par lesquelles on prétend domestiquer les puissances occultes pour les mettre à son service et obtenir un pouvoir surnaturel sur le prochain, -- fût-ce pour lui procurer la santé -, sont gravement contraires à la vertu de religion. Ces pratiques sont plus condamnables encore quant elles s'accompagnent d'une intention de nuire à autrui ou qu'elles recourent ou non à l'intervention des démons. Le port des amulettes est lui aussi répréhensible. Le spiritisme implique souvent des pratiques divinatoires ou magiques. Aussi l'Église avertit-elle les fidèles de s'en garder. Le recours aux médecines dites traditionnelles ne légitime ni l'invocation des puissances mauvaises, ni l'exploitation de la crédulité d'autrui.

L'irréligion

§2118
Le premier commandement de Dieu réprouve les principaux péchés d'irréligion: l'action de tenter Dieu, en paroles ou en actes, le sacrilège et la simonie.

§2119
L'action de tenter Dieu consiste en une mise à l'épreuve, en parole ou en acte, de sa bonté et de sa toute-puissance. C'est ainsi que Satan voulait obtenir de Jésus qu'il se jette du Temple et force Dieu, par ce geste, à agir (cf. Lc 4, 9). Jésus lui oppose la parole de Dieu: «Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu» (Dt 6, 16). Le défi que contient pareille tentation de Dieu blesse le respect et la confiance que nous devons à notre Créateur et Seigneur. Il inclut toujours un doute concernant son amour, sa providence et sa puissance (cf. 1 Co 10, 9; Ex 17, 2-7; Ps 95, 9).

§2120
Le sacrilège consiste à profaner ou à traiter indignement les sacrements et les autres actions liturgiques, ainsi que les personnes, les choses et les lieux consacrés à Dieu. Le sacrilège est un péché grave surtout quand il est commis contre l'Eucharistie puisque, dans ce sacrement, le Corps même du Christ nous est rendu présent substantiellement (cf. 1376).

§2121
La simonie (cf. Ac 8, 9-24) se définit comme l'achat ou la vente des réalités spirituelles. A Simon le magicien, qui voulait acheter le pouvoir spirituel qu'il voyait à l'oeuvre dans les apôtres, Pierre répond: «Périsse ton argent, et toi avec lui, puisque tu as cru acheter le don de Dieu à prix d'argent» (Ac 8, 20). Il se conformait ainsi à la parole de Jésus: «Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement» (Mt 10, 8; cf. déjà Is 55, 1). Il est impossible de s'approprier les biens spirituels et de se comporter à leur égard comme un possesseur ou un maître, puisqu'ils ont leur source en Dieu. On ne peut que les recevoir gratuitement de Lui.

§2122
«En dehors des offrandes fixées par l'autorité compétente, le ministre ne demandera rien pour l'administration des sacrements, en veillant toujours à ce que les nécessiteux ne soient pas privés de l'aide des sacrements à cause de leur pauvreté» (CIC, can. 848). L'autorité compétente fixe ces «offrandes» en vertu du principe que le peuple chrétien doit subvenir à l'entretien des ministres de l'Église. «L'ouvrier mérite sa nourriture» (Mt 10, 10; cf. Lc 10, 7; 1 Co 9, 5-18; 1 Tm 5, 17-18).

L'athéisme

§2123
«Beaucoup de nos contemporains ne perçoivent pas du tout ou même rejettent explicitement le rapport intime et vital qui unit l'homme à Dieu: à tel point que l'athéisme compte parmi les faits les plus graves de ce temps» (GS 19, § 1).

§2124
Le nom d'athéisme recouvre des phénomènes très divers. Une forme fréquente en est le matérialisme pratique qui borne ses besoins et ses ambitions à l'espace et au temps. L'humanisme athée considère faussement que l'homme «est pour lui-même sa propre fin, le seul artisan et le démiurge de son histoire» (GS 20, § 1). Une autre forme de l'athéisme contemporain attend la libération de l'homme d'une libération économique et sociale à laquelle «s'opposerait par sa nature même, la religion, dans la mesure où érigeant l'espérance de l'homme sur le mirage d'une vie future, elle le détournerait d'édifier la cité terrestre» (GS 20, § 2).

§2125
En tant qu'il rejette ou refuse l'existence de Dieu, l'athéisme est un péché contre la vertu de religion (cf. Rm 1, 18). L'imputabilité de cette faute peut être largement diminuée en vertu des intentions et des circonstances. Dans la genèse et la diffusion de l'athéisme, «les croyants peuvent avoir une part qui n'est pas mince, dans la mesure où, par la négligence dans l'éducation de la foi, par des représentations trompeuses de la doctrine, et aussi par des défaillances de leur vie religieuse, morale et sociale, on peut dire qu'ils voilent l'authentique visage de Dieu et de la religion plus qu'ils ne le révèlent» (GS 19, § 3).

§2126
Souvent l'athéisme se fonde sur une conception fausse de l'autonomie humaine, poussée jusqu'au refus de toute dépendance à l'égard de Dieu (cf. GS 20, § 1). Pourtant, «la reconnaissance de Dieu ne s'oppose en aucune façon à la dignité de l'homme, puisque cette dignité trouve en Dieu lui-même ce qui la fonde et ce qui l'achève» (GS 21, § 3). L'Église sait «que son message est en accord avec le fond secret du coeur humain» (GS 21, § 7).

L'agnosticisme

§2127
L'agnosticisme revêt plusieurs formes. Dans certains cas, l'agnostique se refuse à nier Dieu; il postule au contraire l'existence d'un être transcendant qui ne pourrait se révéler et dont personne ne saurait rien dire. Dans d'autres cas, l'agnostique ne se prononce pas sur l'existence de Dieu, déclarant qu'il est impossible de la prouver et même de l'affirmer ou de la nier.

§2128
L'agnosticisme peut parfois contenir une certaine recherche de Dieu, mais il peut également représenter un indifférentisme, une fuite devant la question ultime de l'existence, et une paresse de la conscience morale. L'agnosticisme équivaut trop souvent à un athéisme pratique.

IV. «Tu ne te feras aucune image sculptée...»

§2129
L'injonction divine comportait l'interdiction de toute représentation de Dieu par la main de l'homme. Le Deutéronome explique: «Puisque vous n'avez vu aucune forme, le jour où le Seigneur, à l'Horeb, vous a parlé du milieu du feu, n'allez pas vous pervertir et vous faire une image sculptée représentant quoi que ce soit ...» (Dt 4, 15-16). C'est le Dieu absolument Transcendant qui s'est révélé à Israël. «Il est toutes choses», mais en même temps, «Il est au-dessus de toutes ses oeuvres» (Si 43, 27-28). Il est «la source même de toute beauté créée» (Sg 13, 3).

§2130
Cependant dès l'Ancien Testament, Dieu a ordonné ou permis l'institution d'images qui conduiraient symboliquement au salut par le Verbe incarné: ainsi le serpent d'airain (cf. Nb 21, 4-9; Sg 16, 5-14; Jn 3, 14-15), l'arche d'Alliance et les chérubins (cf. Ex 25, 10-22; 1 R 6, 23-28; 7, 23-26).

§2131
C'est en se fondant sur le mystère du Verbe incarné que le septième Concile oecuménique, à Nicée (en 787), a justifié, contre les iconoclastes, le culte des icônes: celles du Christ, mais aussi celles de la Mère de Dieu, des anges et de tous les saints. En s'incarnant, le Fils de Dieu a inauguré une nouvelle «économie» des images.

§2132
Le culte chrétien des images n'est pas contraire au premier commandement qui proscrit les idoles. En effet, «l'honneur rendu à une image remonte au modèle original» (S. Basile, Spir. 18, 45: PG 32, 149C), et «quiconque vénère une image, vénère en elle la personne qui y est dépeinte» (Cc. Nicée II: DS 601; cf. Cc. Trente: DS 1821-1825; Cc. Vatican II: SC 126; LG 67). L'honneur rendu aux saintes images est une «vénération respectueuse», non une adoration qui ne convient qu'à Dieu seul:

Le culte de la religion ne s'adresse pas aux images en elles-mêmes comme des réalités, mais les regarde sous leur aspect propre d'images qui nous conduisent à Dieu incarné. Or le mouvement qui s'adresse à l'image en tant que telle ne s'arrête pas à elle, mais tend à la réalité dont elle est l'image (S. Thomas d'A., s. th. 2-2, 81, 3, ad 3).

EN BREF

§2133
«Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toutes tes forces» (Dt 5, 6).

§2134
Le premier commandement appelle l'homme à croire en Dieu, à espérer en Lui et à L'aimer par-dessus tout.

§2135
«C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras» (Mt 4, 10). Adorer Dieu, Le prier, Lui offrir le culte qui Lui revient, accomplir les promesses et les voeux qu'on Lui a faits, sont des actes de la vertu de religion qui relèvent de l'obéissance au premier commandement.

§2136
Le devoir de rendre à Dieu un culte authentique concerne l'homme individuellement et socialement.

§2137
L'homme «doit pouvoir professer librement la religion en privé et en public» (DH 15).

§2138
La superstition est une déviation du culte que nous rendons au vrai Dieu. Elle éclate dans l'idolâtrie, ainsi que dans les différentes formes de divination et de magie.

§2139
L'action de tenter Dieu, en paroles ou en actes, le sacrilège, la simonie sont des péchés d'irréligion interdits par le premier commandement.

§2140
En tant qu'il rejette ou refuse l'existence de Dieu, l'athéisme est un péché contre le premier commandement.

§2141
Le culte des images saintes est fondé sur le mystère de l'Incarnation du Verbe de Dieu. Il n'est pas contraire au premier commandement.

I. Le nom du Seigneur est saint

LE DEUXIEME COMMANDEMENT

Tu ne prononceras pas le nom du Seigneur ton Dieu à faux (Ex 20, 7; Dt 5, 11).

Il a été dit aux anciens: «Tu ne parjureras pas» ... Eh bien! moi je vous dis de ne pas jurer du tout (Mt 5, 33-34).

§2142
Le deuxième commandement prescrit de respecter le nom du Seigneur. Il relève, comme le premier commandement, de la vertu de religion et règle plus particulièrement notre usage de la parole dans les choses saintes.

§2143
Parmi toutes les paroles de la Révélation il en est une, singulière, qui est la révélation de son Nom. Dieu confie son nom à ceux qui croient en Lui; Il se révèle à eux dans son mystère personnel. Le don du Nom appartient à l'ordre de la confidence et de l'intimité. «Le nom du Seigneur est saint». C'est pourquoi l'homme ne peut en abuser. Il doit le garder en mémoire dans un silence d'adoration aimante (cf. Za 2, 17). Il ne le fera intervenir dans ses propres paroles que pour le bénir, le louer et le glorifier (cf. Ps 29, 2; 96, 2; 113, 1-2).

§2144
La déférence à l'égard de son Nom exprime celle qui est due au mystère de Dieu lui-même et à toute la réalité sacrée qu'il évoque. Le sens du sacré relève de la vertu de religion:

Les sentiments de crainte et de sacré sont-ils des sentiments chrétiens ou non? Personne ne peut raisonnablement en douter. Ce sont les sentiments que nous aurions, et à un degré intense, si nous avions la vision du Dieu souverain. Ce sont les sentiments que nous aurions si nous «réalisions» sa présence. Dans la mesure où nous croyons qu'Il est présent, nous devons les avoir. Ne pas les avoir, c'est ne point réaliser, ne point croire qu'Il est présent (Newman, Parochial and Plain Sermons, v. 5, Sermon 2 [Westminster 1967]: pp. 21-22)

§2145
Le fidèle doit témoigner du nom du Seigneur, en confessant sa foi sans céder à la peur (cf. Mt 10, 32; 1 Tm 6, 12). L'acte de la prédication et l'acte de la catéchèse doivent être pénétrés d'adoration et de respect pour le nom de Notre Seigneur Jésus Christ.

§2146
Le deuxième commandement interdit l'abus du nom de Dieu, c'est-à-diretout usage inconvenant du nomde Dieu, de Jésus Christ, de la Vierge Marie et de tous les saints:

§2147
Les promesses faites à autrui au nom de Dieu engagent l'honneur, la fidélité, la véracité et l'autorité divines. Elles doivent être respectées en justice. Leur être infidèle, c'est abuser du Nom de Dieu et, en quelque sorte, faire de Dieu un menteur (cf. 1 Jn 1, 10).

§2148
Le blasphème s'oppose directement au deuxième commandement. Il consiste à proférer contre Dieu -- intérieurement ou extérieurement -- des paroles de haine, de reproche, de défi, à dire du mal de Dieu, à manquer de respect envers Lui dans ses propos, à abuser du nom de Dieu. S. Jacques réprouve «ceux qui blasphèment le beau Nom (de Jésus) qui a été invoqué sur eux» (Jc 2, 7). L'interdiction du blasphème s'étend aux paroles contre l'Église du Christ, les saints, les choses sacrées. Il est encore blasphématoire de recourir au nom de Dieu pour couvrir des pratiques criminelles, réduire des peuples en servitude, torturer ou mettre à mort. L'abus du nom de Dieu pour commettre un crime provoque le rejet de la religion.

Le blasphème est contraire au respect dû à Dieu et à son saint nom. Il est de soi un péché grave (cf. CIC, can. 1369).

§2149
Les jurons, qui font intervenir le nom de Dieu, sans intention de blasphème, sont un manque de respect envers le Seigneur. Le second commandement interdit aussi l'usage magique du Nom divin.

Le Nom de Dieu est grand là où on le prononce avec le respect dû à sa grandeur et à sa Majesté. Le Nom de Dieu est saint là où on le nomme avec vénération et la crainte de l'offenser (S. Augustin, serm. Dom. 2, 45, 19: PL 34, 1278).

II. Le nom du Seigneur prononcé à faux

§2150
Le deuxième commandement proscrit le faux serment. Faire serment ou jurer, c'est prendre Dieu à témoin de ce que l'on affirme. C'est invoquer la véracité divine en gage de sa propre véracité. Le serment engage le nom du Seigneur. «C'est ton Dieu que tu craindras, lui que tu serviras; c'est par son nom que tu jureras» (Dt 6, 13).

§2151
La réprobation du faux serment est un devoir envers Dieu. Comme Créateur et Seigneur, Dieu est la règle de toute vérité. La parole humaine est en accord ou en opposition avec Dieu qui est la Vérité même. Lorsqu'il est véridique et légitime, le serment met en lumière le rapport de la parole humaine à la vérité de Dieu. Le faux serment appelle Dieu à témoigner d'un mensonge.

§2152
Est parjure celui qui, sous serment, fait une promesse qu'il n'a pas l'intention de tenir, ou qui, après avoir promis sous serment, ne s'y tient pas. Le parjure constitue un grave manque de respect envers le Seigneur de toute parole. S'engager par serment à faire une oeuvre mauvaise est contraire à la sainteté du Nom divin.

§2153
Jésus a exposé le deuxième commandement dans le sermon sur la montagne: «Vous avez entendu qu'il a été dit aux ancêtres: 'Tu ne parjureras pas, mais tu t'acquitteras envers le Seigneur de tes serments'. Eh bien! moi je vous dis de ne pas jurer du tout ... Que votre langage soit: 'Oui? oui', 'Non? non': ce qu'on dit de plus vient du Mauvais» (Mt 5, 33-34. 37; cf. Jc 5, 12). Jésus enseigne que tout serment implique une référence à Dieu et que la présence de Dieu et de sa vérité doit être honorée en toute parole. La discrétion du recours à Dieu dans le langage va de pair avec l'attention respectueuse à sa présence, attestée ou bafouée, en chacune de nos affirmations.

§2154
A la suite de S. Paul (cf. 2 Co 1, 23; Ga 1, 20), la tradition de l'Église a compris la parole de Jésus comme ne s'opposant pas au serment lorsqu'il est fait pour une cause grave et juste (par exemple devant le tribunal). «Le serment, c'est-à-dire l'énonciation du Nom divin comme témoin de la vérité, ne peut être porté qu'en vérité, avec discernement et selon la justice» (CIC, can. 1199, § 1).

§2155
La sainteté du nom divin exige de ne pas recourir à lui pour des choses futiles, et de ne pas prêter serment dans des circonstances susceptibles de le faire interpréter comme une approbation du pouvoir qui l'exigerait injustement. Lorsque le serment est exigé par des autorités civiles illégitimes, il peut être refusé. Il doit l'être quand il est demandé à des fins contraires à la dignité des personnes ou à la communion de l'Église.

III. Le nom chrétien

§2156
Le sacrement de Baptême est conféré «au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit» (Mt 28, 19). Dans le baptême, le nom du Seigneur sanctifie l'homme, et le chrétien reçoit son nom dans l'Église. Ce peut être celui d'un saint, c'est-à-dire d'un disciple qui a vécu une vie de fidélité exemplaire à son Seigneur. Le patronage du saint offre un modèle de charité et assure de son intercession. Le «nom de baptême» peut encore exprimer un mystère chrétien ou une vertu chrétienne. «Les parents, les parrains et le curé veilleront à ce que ne soit pas donné de prénom étranger au sens chrétien» (CIC, can. 855).

§2157
Le chrétien commence sa journée, ses prières et ses actions par le signe de la croix, «au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen». Le baptisé voue la journée à la gloire de Dieu et fait appel à la grâce du Sauveur qui lui permet d'agir dans l'Esprit comme enfant du Père. Le signe de la croix nous fortifie dans les tentations et dans les difficultés.

§2158
Dieu appelle chacun par son nom (cf. Is 43, 1; Jn 10, 3). Le nom de tout homme est sacré. Le nom est l'icône de la personne. Il exige le respect, en signe de la dignité de celui qui le porte.

§2159
Le nom reçu est un nom d'éternité. Dans le royaume, le caractère mystérieux et unique de chaque personne marquée du nom de Dieu resplendira en pleine lumière. «Au vainqueur, ... je donnerai un caillou blanc, portant gravé un nom nouveau que nul ne connaît, hormis celui qui le reçoit» (Ap 2, 17). «Voici que l'Agneau apparut à mes yeux; il se tenait sur le mont Sion, avec cent quarante-quatre milliers de gens portant, inscrits sur le front, son nom et le nom de son Père» (Ap 14, 1).

EN BREF

§2160
«O Seigneur notre Dieu qu'il est grand ton nom par tout l'univers» (Ps 8, 11).

§2161
Le deuxième commandement prescrit de respecter le nom du Seigneur. Le nom du Seigneur est saint.

§2162
Le second commandement interdit tout usage inconvenant du Nom de Dieu. Le blasphème consiste à user du Nom de Dieu, de Jésus Christ, de la Vierge Marie et des saints d'une façon injurieuse.

§2163
Le faux serment appelle Dieu à témoigner d'un mensonge. Le parjure est un manquement grave envers le Seigneur, toujours fidèle à ses promesses.

§2164
«Ne jurer ni par le Créateur, ni par la créature, si ce n'est avec vérité, nécessité et révérence» (S. Ignace, ex. spir. 38).

§2165
Dans le Baptême, le chrétien reçoit son nom dans l'Église. Les parents, les parrains et le curé veilleront à ce que lui soit donné un prénom chrétien. Le patronage d'un saint offre un modèle de charité et assure sa prière.

§2166
Le chrétien commence ses prières et ses actions par le signe de la croix «au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen».

§2167
Dieu appelle chacun par son nom (cf. Is 43, 1).

LE TROISIEME COMMANDEMENT

Souviens-toi du jour du Sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage; mais le septième jour est un sabbat pour le Seigneur ton Dieu. Tu n'y feras aucun ouvrage (Ex 20, 8-10; cf. Dt 5, 12-15).

Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat; en sorte que le Fils de l'homme est maître même du sabbat (Mc 2, 27-28).

I. Le jour du Sabbat

§2168
Le troisième commandement du Décalogue rappelle la sainteté du Sabbat: «Le septième jour est un sabbat; un repos complet consacré au Seigneur» (Ex 31, 15).

§2169
L'Écriture fait à ce propos mémoire de la création: «Car en six jours le Seigneur a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qui s'y trouve, mais il s'est reposé le septième jour. Voilà pourquoi le Seigneur a béni le jour du Sabbat, il l'a sanctifié» (Ex 20, 11).

§2170
L'Écriture révèle encore dans le jour du Seigneur un mémorial de la libération d'Israël de la servitude d'Egypte: «Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d'Egypte et que le Seigneur ton Dieu t'en a fait sortir à main forte et à bras étendu. Voilà pourquoi le Seigneur ton Dieu te commande de pratiquer le jour du Sabbat» (Dt 5, 15).

§2171
Dieu a confié à Israël le Sabbat pour qu'il le garde en signe de l'alliance infrangible (cf. Ex 31, 16). Le Sabbat est pour le Seigneur, saintement réservé à la louange de Dieu, de son oeuvre de création et de ses actions salvifiques en faveur d'Israël.

§2172
L'agir de Dieu est le modèle de l'agir humain. Si Dieu a «repris haleine» le septième jour (Ex 31, 17), l'homme doit aussi «chômer» et laisser les autres, surtout les pauvres, «reprendre souffle» (Ex 23, 12). Le Sabbat fait cesser les travaux quotidiens et accorde un répit. C'est un jour de protestation contre les servitudes du travail et le culte de l'argent (cf. Ne 13, 15-22; 2 Ch 36, 21).

§2173
L'Evangile rapporte de nombreux incidents où Jésus est accusé de violer la loi du sabbat. Mais jamais Jésus ne manque à la sainteté de ce jour (cf. Mc 1, 21; Jn 9, 16). Il en donne avec autorité l'interprétation authentique: «Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat» (Mc 2, 27). Avec compassion, le Christ s'autorise «le jour du sabbat, de faire du bien plutôt que le mal, de sauver une vie plutôt que de la tuer» (Mc 3, 3). Le sabbat est le jour du Seigneur des miséricordes et de l'honneur de Dieu (cf. Mt 12, 5; Jn 7, 23). «Le Fils de l'Homme est maître du sabbat» (Mc 2, 28).

II. Le jour du Seigneur

Ce jour qu'a fait le Seigneur, exultons et soyons dans la joie (Ps 117, 24).

Le jour de la Résurrection: la création nouvelle

§2174
Jésus est ressuscité d'entre les morts, «le premier jour de la semaine» (Mt 28, 1; Mc 16, 2; Lc 24, 1; Jn 20, 1). En tant que «premier jour», le jour de la Résurrection du Christ rappelle la première création. En tant que «huitième jour» qui suit le sabbat (cf. Mc 16, 1; Mt 28, 1) il signifie la nouvelle création inaugurée avec la Résurrection du Christ. Il est devenu pour les chrétiens le premier de tous les jours, la première de toutes les fêtes, le jour du Seigneur (Hè kuriakè hèmera, dies dominica), le «dimanche «:

Nous nous assemblons tous le jour du soleil parce que c'est le premier jour [après le Sabbat juif, mais aussi le premier jour] où, Dieu tirant la matière des ténèbres, a créé le monde et que, ce même jour, Jésus Christ notre Sauveur, ressuscita d'entre les morts (S. Justin, apol. 1, 67).

Le Dimanche -- accomplissement du Sabbat

§2175
Le Dimanche se distingue expressément du Sabbat auquel il succède chronologiquement, chaque semaine, et dont il remplace pour les chrétiens la prescription cérémonielle. Il accomplit, dans la Pâque du Christ, la vérité spirituelle du sabbat juif et annonce le repos éternel de l'homme en Dieu. Car le culte de la loi préparait le mystère du Christ, et ce qui s'y pratiquait figurait quelque trait relatif au Christ (cf. 1 Co 10, 11):

Ceux qui vivaient selon l'ancien ordre des choses sont venus à la nouvelle espérance, n'observant plus le sabbat, mais le Jour du Seigneur, en lequel notre vie est bénie par Lui et par sa mort (S. Ignace d'Antioche, Magn. 9, 1).

§2176
La célébration du dimanche observe la prescription morale naturellement inscrite au coeur de l'homme de «rendre à Dieu un culte extérieur, visible, public et régulier sous le signe de son bienfait universel envers les hommes» (S. Thomas d'A., s. th. 2-2, 122, 4). Le culte dominical accomplit le précepte moral de l'Ancienne Alliance dont il reprend le rythme et l'esprit en célébrant chaque semaine le Créateur et le Rédempteur de son peuple.

L'Eucharistie dominicale

§2177
La célébration dominicale du Jour et de l'Eucharistie du Seigneur est au coeur de la vie de l'Église. «Le dimanche, où, de par la tradition apostolique, est célébré le mystère pascal, doit être observé dans l'Église tout entière comme le principal jour de fête de précepte» (CIC, can. 1246, § 1).

«De même, doivent être observés les jours de la Nativité de notre Seigneur Jésus Christ, de l'Epiphanie, de l'Ascension et du Très Saint Corps et Sang du Christ, le jour de Sainte Marie Mère de Dieu, de son Immaculée Conception et de son Assomption, de saint Joseph, des saints Apôtres Pierre et Paul et de tous les Saints» (CIC, can. 1246, § 1).

§2178
Cette pratique de l'assemblée chrétienne date des débuts de l'âge apostolique (cf. Ac 2, 42-46; 1 Co 11, 17). L'épître aux Hébreux rappelle: «Ne désertez pas votre propre assemblée comme quelques-uns ont coutume de le faire; mais encouragez-vous mutuellement» (He 10, 25).

La tradition garde le souvenir d'une exhortation toujours actuelle: «Venir tôt à l'Église, s'approcher du Seigneur et confesser ses péchés, se repentir dans la prière ... Assister à la sainte et divine liturgie, finir sa prière et ne point partir avant le renvoi ... Nous l'avons souvent dit: ce jour vous est donné pour la prière et le repos. Il est le Jour que le Seigneur a fait. En lui exultons et réjouissons-nous» (Auteur anonyme, serm. dom.).

§2179
«La paroisse est une communauté précise de fidèles qui est constituée d'une manière stable dans une Église particulière, et dont la charge pastorale est confiée au curé, comme à son pasteur propre, sous l'autorité de l'évêque diocésain» (CIC, can. 515, § 1). Elle est le lieu où tous les fidèles peuvent être rassemblés par la célébration dominicale de l'Eucharistie. La paroisse initie le peuple chrétien à l'expression ordinaire de la vie liturgique, elle le rassemble dans cette célébration; elle enseigne la doctrine salvifique du Christ; elle pratique la charité du Seigneur dans des oeuvres bonnes et fraternelles:

Tu ne peux pas prier à la maison comme à l'Église, où il y a le grand nombre, où le cri est lancé à Dieu d'un seul coeur. Il y a là quelque chose de plus, l'union des esprits, l'accord des âmes, le lien de la charité, les prières des prêtres (S. Jean Chrysostome, incomprehens. 3, 6: PG 48, 725D).

L'obligation du Dimanche

§2180
Le commandement de l'Église détermine et précise la loi du Seigneur: «Le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles sont tenus par l'obligation de participer à la Messe» (CIC, can. 1247). «Satisfait au précepte de participation à la Messe, qui assiste à la Messe célébrée selon le rite catholique le jour de fête lui-même ou le soir du jour précédent» (CIC, can. 1248, § 1).

§2181
L'Eucharistie du dimanche fonde et sanctionne toute la pratique chrétienne. C'est pourquoi les fidèles sont obligés de participer à l'Eucharistie les jours de précepte, à moins d'en être excusés pour une raison sérieuse (par exemple la maladie, le soin des nourrissons) ou dispensés par leur pasteur propre (cf. CIC, can. 1245). Ceux qui délibérément manquent à cette obligation commettent un péché grave.

§2182
La participation à la célébration commune de l'Eucharistie dominicale est un témoignage d'appartenance et de fidélité au Christ et à son Église. Les fidèles attestent par là leur communion dans la foi et la charité. Ils témoignent ensemble de la sainteté de Dieu et de leur espérance du Salut. Ils se réconfortent mutuellement sous la guidance de l'Esprit Saint.

§2183
«Si, faute de ministres sacrés, ou pour toute autre cause grave, la participation à la célébration eucharistique est impossible, il est vivement recommandé que les fidèles participent à la liturgie de la Parole s'il y en a une, dans l'église paroissiale ou dans un autre lieu sacré, célébrée selon les dispositions prises par l'évêque diocésain, ou bien s'adonnent à la prière durant un temps convenable, seuls ou en famille, ou, selon l'occasion, en groupe de familles» (CIC, can. 1248, § 2).

Jour de grâce et de cessation du travail

§2184
Comme Dieu «se reposa le septième jour après tout le travail qu'il avait fait» (Gn 2, 2), la vie humaine est rythmée par le travail et le repos. L'institution du Jour du Seigneur contribue à ce que tous jouissent du temps de repos et de loisir suffisant qui leur permette de cultiver leur vie familiale, culturelle, sociale et religieuse (cf. GS 67, § 3).

§2185
Pendant le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles s'abstiendront de se livrer à des travaux ou à des activités qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au Jour du Seigneur, la pratique des oeuvres de miséricorde et la détente convenable de l'esprit et du corps (cf. CIC, can. 1247). Les nécessités familiales ou une grande utilité sociale constituent des excuses légitimes vis-à-vis du précepte du repos dominical. Les fidèles veilleront à ce que de légitimes excuses n'introduisent pas des habitudes préjudiciables à la religion, à la vie de famille et à la santé.

L'amour de la vérité cherche le saint loisir, la nécessité de l'amour accueille le juste travail (S. Augustin, civ. 19, 19).

§2186
Que les chrétiens qui disposent de loisirs se rappellent leurs frères qui ont les mêmes besoins et les mêmes droits et ne peuvent se reposer à cause de la pauvreté et de la misère. Le dimanche est traditionnellement consacré par la piété chrétienne aux bonnes oeuvres et aux humbles services des malades, des infirmes, des vieillards. Les chrétiens sanctifieront encore le dimanche en donnant à leur famille et à leurs proches le temps et les soins, difficiles à accorder les autres jours de la semaine. Le dimanche est un temps de réflexion, de silence, de culture et de méditation qui favorisent la croissance de la vie intérieure et chrétienne.

§2187
Sanctifier les dimanches et jours de fête exige un effort commun. Chaque chrétien doit éviter d'imposer sans nécessité à autrui ce qui l'empêcherait de garder le jour du Seigneur. Quand les coutumes (sport, restaurants, etc.) et les contraintes sociales (services publics, etc.) requièrent de certains un travail dominical, chacun garde la responsabilité d'un temps suffisant de loisir. Les fidèles veilleront, avec tempérance et charité, à éviter les excès et les violences engendrées parfois par des loisirs de masse. Malgré les contraintes économiques, les pouvoirs publics veilleront à assurer aux citoyens un temps destiné au repos et au culte divin. Les employeurs ont une obligation analogue vis-à-vis de leurs employés.

§2188
Dans le respect de la liberté religieuse et du bien commun de tous, les chrétiens ont à faire reconnaître les dimanches et jours de fête de l'Église comme des jours fériés légaux. Ils ont à donner à tous un exemple public de prière, de respect et de joie et à défendre leurs traditions comme une contribution précieuse à la vie spirituelle de la société humaine. Si la législation du pays ou d'autres raisons obligent à travailler le dimanche, que ce jour soit néanmoins vécu comme le jour de notre délivrance qui nous fait participer à cette «réunion de fête», à cette «assemblée des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux» (He 12, 22-23).

EN BREF

§2189
«Observe le jour du sabbat pour le sanctifier» (Dt 5, 12). «Le septième jour sera jour de repos complet, consacré au Seigneur» (Ex 31, 15).

§2190
Le Sabbat qui représentait l'achèvement de la première création est remplacé par le dimanche qui rappelle la création nouvelle, inaugurée à la résurrection du Christ.

§2191
L'Église célèbre le jour de la Résurrection du Christ le huitième jour, qui est nommé à bon droit jour du Seigneur, ou dimanche (cf. SC 106).

§2192
«Le dimanche ... doit être observé dans l'Église tout entière comme le principal jour de fête de précepte» (CIC, can. 1246, § 1). «Le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles sont tenus par l'obligation de participer à la Messe» (CIC, can. 1247).

§2193
«Le dimanche ou les autres jours de précepte, les fidèles s'abstiendront de ces travaux et de ces affaires qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre du jour du Seigneur ou la détente convenable de l'esprit et de l'âme» (CIC, can. 1247).

§2194
L'institution du dimanche contribue à ce que «tous jouissent du temps de repos et de loisir suffisant qui leur permette de cultiver leur vie familiale, culturelle, sociale et religieuse» (GS 67, § 3).

§2195
Chaque chrétien doit éviter d'imposer sans nécessité à autrui ce qui l'empêcherait de garder le Jour du Seigneur.

«TU AIMERAS TON PROCHAIN COMME TOI-MEME»

Jésus dit à ses disciples: «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés» (Jn 13, 34).

§2196
En réponse à la question posée sur le premier des commandements, Jésus dit: «Le premier, c'est: 'Ecoute Israël! Le Seigneur notre Dieu est l'Unique Seigneur; et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force!' Voici le second: 'Tu aimeras ton prochain comme toi-même'. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là» (Mc 12, 29-31).

L'apôtre S. Paul le rappelle: «Celui qui aime autrui a de ce fait accompli la loi. En effet, le précepte: tu ne commettras pas d'adultère; tu ne tueras pas; tu ne voleras pas; tu ne convoiteras pas, et tous les autres se résument en ces mots: tu aimeras ton prochain comme toi-même. La charité ne fait point de tort au prochain. La charité est donc la loi dans sa plénitude» (Rm 13, 8-10).

LE QUATRIEME COMMANDEMENT

Honore ton père et ta mère afin d'avoir longue vie sur la terre que le Seigneur ton Dieu te donne (Ex 20, 12).

Il leur était soumis (Lc 2, 51).

Le Seigneur Jésus a lui-même rappelé la force de ce «commandement de Dieu» (Mc 7, 8-13). L'Apôtre enseigne: «Enfants, obéissez à vos parents, dans le Seigneur: cela est juste. 'Honore ton père et ta mère', tel est le premier commandement auquel soit attaché une promesse: 'pour que tu t'en trouves bien et jouisses d'une longue vie sur la terre'» (Ep 6, 1-3; cf. Dt 5, 16).

§2197
Le quatrième commandement ouvre la seconde table. Il indique l'ordre de la charité. Dieu a voulu qu'après Lui, nous honorions nos parents à qui nous devons la vie et qui nous ont transmis la connaissance de Dieu. Nous sommes tenus d'honorer et de respecter tous ceux que Dieu, pour notre bien, a revêtus de son autorité.

§2198
Ce précepte s'exprime sous la forme positive de devoirs à accomplir. Il annonce les commandements suivants qui concernent un respect particulier de la vie, du mariage, des biens terrestres, de la parole. Il constitue l'un des fondements de la doctrine sociale de l'Église.

§2199
Le quatrième commandement s'adresse expressément aux enfants dans leurs relations avec leurs père et mère, parce que cette relation est la plus universelle. Il concerne également les rapports de parenté avec les membres du groupe familial. Il demande de rendre honneur, affection et reconnaissance aux aïeux et aux ancêtres. Il s'étend enfin aux devoirs des élèves à l'égard du maître, des employés à l'égard des employeurs, des subordonnés à l'égard de leurs chefs, des citoyens à l'égard de leur patrie, de ceux qui l'administrent ou la gouvernent.

Ce commandement implique et sous-entend les devoirs des parents, tuteurs, maîtres, chefs, magistrats, gouvernants, de tous ceux qui exercent une autorité sur autrui ou sur une communauté de personnes.

Catéchisme de l'Église catholique © Libreria Editrice Vaticana 1992.

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